Un mot sur ma tournĂ©e, quand mĂȘme.
C'est la premiĂšre fois que je prĂ©sente un spectacle de danse en france. Et j'ai bien aimĂ© le faire dans des théùtres privĂ©s. En fait, ce sont des petits chĂąteaux privĂ©s qui ont besoin d'argent, que ce soit en faisant visiter le parc au public ou en organisant des Ă©vĂšnements culturels-artistiques. J'avoue qu'on a beaucoup apprĂ©ciĂ© faire le spectacle dans ces chĂąteaux, car la danse classique est Ă l'origine une danse de cour royale. Les dĂ©cors Ă©taient inspirants, on avait envie de donner le meilleur de nous-mĂȘmes.
Au canada, je dansais dans des opéras ou des des théùtres trÚs grands, impressionnants, qui me filaient parfois les chocottes. Ici, c'était assez petit, mais le public était au rendez-vous. On faisait des représentations presque quotidiennement, en soirée comme en fin d'aprÚs-midi. C'était fatiguant. Quand je rentrais dans la chambre d'hÎte, je prenais un bain avec de l'huile essentielle de lavande pour me détendre, je me passais sur le corps entier de l'huile d'arnica pour éviter les courbatures, je mangeais, je regardais un peu la télé puis dodo.
Evidemment, on a dansĂ© avec le masque, ce qui n'Ă©tait pas pratique mais obligatoire. Sauf les deux fois oĂč nous nous sommes produits en extĂ©rieur (quand il ne pleuvait pas ).
J'ai débuté la tournée sur paris et sa région pour ensuite m'enloigner un peu en province. On a découvert des lieux sympathiques. Il pleuvait souvent.
Toute la troupe (danseurs et musiciens) voyageait en autocar (constamment aéré) pour transporter les instruments et costumes. On dormait dans des auberges, les repas étaient bons. Par contre, je me sentais un peu seul dans les chambres d'hÎtel. Un mois sans voir mon chéri, ça fait longuet...
Contrairement à mes autres tournées, j'ai dormi seul. Je voulais réfléchir au spectacle, voir ce que je pouvais éventuellement améliorer en matiÚre de sauts, de pas...
Je ne suis pas allĂ© volontairement sur internet -sauf une fois pour regarder mes emails- car pendant une tournĂ©e j'aime avoir la tĂȘte uniquement au spectacle. Je ne supporte pas le manque de professionnalisme, ce qui m'a par le passĂ© valu la rĂ©putation de diva...Or je ne fais pas de caprices, simplement j'aime le travail bien fait.
Et la surprise Ă laquelle je ne m'attendais pas du tout, c'est que j'ai revu manu.
Manu, c'est mon ancien meilleur ami. Mon premier amour, aussi.
Comme j'utilise un nom de scĂšne pour mes spectacles, il ne pouvait pas savoir que c'Ă©tait moi le chorĂ©graphe/danseur/ directeur artistique. J'Ă©tais dehors en train de me dĂ©saltĂ©rer quand je l'ai vu. Il a un peu grossi, mais sinon il est restĂ© le mĂȘme. On a Ă©tĂ© surpris de se revoir. Et ravis, aussi, meme si ça fait 16 ans qu'on n'a pas Ă©tĂ© en contact. Il est dĂ©sormais prof de danse, habite en rĂ©gion parisienne. Il m'a conviĂ© Ă venir le voir cet Ă©tĂ©.
Les critiques ont été dans l'ensemble positives. Mise en scÚne créative, bon choix musical (dvorak), costumes sobres mais élégants, cohérence chorégraphique.
On a salué mon opiniùtreté surtout. Organiser un spectacle de danse en plein covid, c'était dur pour les nerfs. Mais j'ai tenu bon la barre, j'aime aller au bout des choses.
Je suis fier d'avoir produit en public mon spectacle. Fier d'avoir rĂ©ussi Ă danser intensĂ©ment aprĂšs avoir eu les jambes fragilisĂ©es il y a plusieurs annĂ©es. Fier d'avoir rĂ©alisĂ© un spectacle gothique sur fond de dvorak, un rĂȘve que j'avais dans le coeur depuis mes 13 ans.
J'ai un autre contrat pour septembre, avec une amie canadienne qui vit entre toronto et paris. Elle est pianiste.
TOP 5 Antonin Dvorak (1841-1904)D'abord musicien d'orchestre, Dvorak se frotte au rĂ©pertoire et dĂ©couvre les Ćuvres de Smetana. Ce "pĂšre de la musique tchĂšque" influence ses propres compositions. Dvorak s'inspire plus d'une fois du folklore, que ce soit dans les Danses slaves, le Trio "Dumky" ou l'opĂ©ra Rusalka. Sa musique est apprĂ©ciĂ©e aussi bien du public que du monde musical.
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