Pour une raison que j'ignore, j'ai toujours donné l'image d'être un sombre connard, le genre d'individu très arrogant qui prend les autres pour des cons. Il y a un peu de vrai, mais surtout beaucoup de faux. Quand vous passez votre vie à supporter diverses insultes qui vous blessent dans votre intimité et votre identité, vous développez un ego surdimentionné. Cet ego n'est qu'une illusion, de la poudre aux yeux pour en mettre plein la vue aux autres. Ce n'est qu'un sourire pour camoufler que vous avez le coeur brisé.Seuls mon matt et mon frère nico -et peut-être aussi manu- connaissent ma vraie personnalité. Pas celle que je montre en public, pas celle du gars méchant, odieux même, mais celle qui est privée, celle du gars-enfant qui n'a pas confiance en lui. Ce manque d'assurance est dû à beaucoup d'évènements, de situations, de personnes qui se sont crues tout permis à mon égard et qui abusaient encore plus quand je tentais de me défendre. Cela a commencé au collège, quand je me suis fait agresser pendant un an par une nana qui était le pire cas social de l'établissement. J'étais trop "mimi" à son goût, trop gamin. Elle n'a cessé de me harceler que quand j'ai changé mon look : du petit élève sérieux, je me suis transformé en punk. Je déchirais mes jeans, je mettais des shoes noires compensées, je me perçais les oreilles avec une aiguille chauffée, je me peignais les lèvres avec du crayon noir.Bref, on ne m'a foutu la paix que quand j'ai montré publiquement que j'avais confiance en moi. Seulement voilà, ma soi-disante assurance s'efface dès que je mets les pieds dans l'univers qui me plaît le plus : celui de la culture. Dès que je suis en contact avec des gens cultivés (ou prétendûment), je perds tous mes moyens et je passe pour un sombre abruti. Alors je tente de reprendre confiance en moi en redevenant une sorte de punk, mais mon attitude ne passe pas, on me prend pour un délinquant. Bref, c'est un cercle vicieux. Ce manque de confiance en moi m'a pourri la vie. On m'a volé ma vie.