emmanuel, mystère d'amour
On m'a offert ce livre, en remerciement de tout ce que j'ai acheté dans l'abbaye. C'est le récit anonyme d'un père qui raconte le bonheur
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d'avoir élevé son enfant atteint de la trisomie 21. Un petit garçon qui n'a vécu que 13 ans, décédé d'une leucémie qui le rongeait depuis l'âge de 5 ans. L'ouvrage a été publié en 2001, mais le témoignage se passe dans les années 70. C'est bien sûr émouvant mais pas impudique. Ce qui est impressionnant, c'est de constater que les parents sont admiratifs de leur fils dont la simplicité intellectuelle a fait de lui presque un saint. A la fin de son agonie, le petit trisomique a developpé une foi chrétienne intense, qui lui donnait un sérieux dans son attitude plutôt inhabituel chez un enfant de cet âge. Le père dit clairement que son fils malade était à l'image des "petits" tant aimés par Jésus-christ.
Ce n'est pas la première fois que j'entends dire que les enfants handicapés changement la façon de voir de ceux qui s'en occupent. Ils apportent beaucoup d'amour et de spontanéité. Moi-même, il y a lontemps, j'en ai fait un peu l'expérience. J'avais 15 ans. A cette époque, j'étais détesté de ma classe, on m'excluait, j'étais tout le temps isolé. Le midi, je rentrais parfois chez moi pour manger. Plusieurs fois d'affilée, avant de retourner en cours l'après-midi, j'ai croisé une jeune fille trisomique. Pour une raison que j'ignore, elle voulait absolument me parler à chaque fois, elle réagissait comme si on était amis. Elle me mettait parfois en retard...J'étais un peu gêné qu'on me voit avec une trisomique dans la rue, surtout qu'elle avait une tendresse démonstrative. Un jour, évidemment, des cons de ma classe m'ont vu et se sont ouvertement moqués de moi. Pour eux, le fait que je parlais avec une trisomique était forcément la preuve que j'étais moi aussi un débile, qu'ils avaient donc raison de me rejeter. La jeune fille avait conscience de sa différence. Je ne lui parlais pas bébé, mais avec des mots simples. Quand les autres se sont foutus de moi, j'ai eu honte et ai décidé de ne plus parler à la jeune handicapée. Elle s'est vexée, blessée par mon attitude. Plus tard, je l'ai revue dans la rue, elle a fait semblant de ne pas me voir. Je me suis arrêté, je me suis excusé et on a à nouveau discuté. J'avais compris que cette trisomique était dans le fond moins sotte et plus mature que les crétins de ma classe. Elle m'a pris dans ses bras, toute souriante, et je lui ai fait un bisous sur la joue. Elle en a été heureuse. Puis je ne l'ai plus jamais revue. C'est à ce moment-là que j'ai compris ce qu'elle m'avait apporté de précieux : de par son contact, j'ai repris courage et ai décidé de ne plus me laisser malmener par les réactions des cons, l'apparence étant franchement trompeuse.
""Emmanuel est tout un symbole. Il nous introduit dans un univers où l'amour n'est pas un accessoire de l'existence, mais où aimer c'est faire vivre et c'est vivre. Au milieu d'une société impitoyable, où la destruction du plus faible, du plus petit, du plus pauvre est banalisée jusqu'à la conception de la "solution finale", l'amour a illuminé emmanuel, comme la lumière illumine le phare au milieu de la tempête. Là où il aurait pu être un reclus, un exclu, une épave, l'amour a fait de lui un être libre, partie prenante de son groupe humain, rayonnant lui-même sur les autres."

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