ma mort ?
Parfois j'ai l'impression que le garçon que j'étais avant est mort. On appelle cela l'évolution, quand on a l'impression d'avoir mué comme le serpent qui se débarasse de
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son ancienne peau morte. La vie n'est qu'une succession de deuils plus ou moins douloureux. J'ai beau savoir qu'exister est synonyme d'épreuves, il n'en est pas moins difficile d'accepter ses morts intérieures. Car la mort n'est pas que physique, elle est également intellectuelle, émotionnelle. On peut y voir une forme d'apprentissage, de maturité, il n'empêche qu'on ne s'en remet pas toujours. J'ignore ce qu'il faut pour développer sa sagesse et accepter ce qui n'existe plus en soi. Il y a beaucoup de gens aujourd'hui qui refusent de vieillir, qui refusent d'évoluer, de changer, ils ne veulent que de l'immobilisme.Même changer de coiffure leur pose un problème ! A 40 ans, ils se croient encore comme à l'âge de 16 ans, ils disent qu'on reste toujours le même : bah nan, on ne reste pas toujours le même. Certains traits de caractère restent, oui, mais à 43 ans je ne suis plus le même qu'à 14 ans, ni physiquement ni mentalement. Changer, c'est accepter de mourir. Or, la société refuse obstinément de faire face à la mort naturelle comme le nouveau tabou.