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Ma vie et moi 🙂
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metoo
6 juillet 2021

sainte maria goretti

Image illustrative de l’article Maria GorettiC'est une jeune fille italienne qui fut tuĂ©e par un voisin qui a abusĂ© d'elle.  NĂ©e en 1890 Ă  corinaldo  et morte en 1902, elle fut reconnue sainte par l'Ă©glise catholique en 1950. 

Sa famille est pauvre et pieuse.

Elle partage un logement minuscule avec  Giovanelli Serenelli, un veuf qui a un fils de 17 ans, alessandro. 

A 9 ans, elle perd son père, emportĂ© par la malaria. Elle s'occupe de ses frères et soeurs, fait le mĂ©nage pendant que le reste de sa famille est aux champs. C'est Ă  11 ans qu'elle se fait violer par alessandro, profitant de sa solitude. 

« Alessandro, Dieu ne veut pas ces choses-lĂ  ! Si tu fais cela tu iras en enfer ! Â»

Fou de rage devant sa rĂ©sistance, alessandro la frappe Ă  quatorze reprises avec un poinçon. Il fut condamnĂ© Ă  30 ans de prison. Un soir, il rĂŞva que maria se prĂ©sentait en lui offrant des lys qui se transformaient en lumières scientillantes. Après cela, il se repentit et devint jardiner au couvent des pères capucins d'acoli piceno. Il obtint le pardon de la mère de maria. 

« Oui, pour l'amour de JĂ©sus, je pardonne. Je veux qu'il vienne lui aussi avec moi au Paradis. Que Dieu lui pardonne, car moi, je lui ai dĂ©jĂ  pardonnĂ© Â».

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4 mai 2021

dominé-dominant

Mon moral va mieux.

J'ai été dans un état lamentable, mais ce fut malgré tout l'occasion d'aller mieux. Bien mieux. Et cela, grâce à mon homme.Quand je lui ai avoué l'agression que j'avais subie ily a 4 ans, j'ai bien vu qu'il a été vexé, en colère, blessé de mon silence. Mais il a été ensuite aux petits soins envers moi. Puis surtout, surtout, notre relation a formidablement évolué depuis.

 

On a toujours eu une relation dominé/dominant, et ce depuis le début. Mais comme il est d'un caractère jaloux, il avait parfois la main un peu... leste, disons, quand il apprenait que j'avais des amants. Cela est arrivé deux-trois fois, maxi. J'ai toujours pensé que je l'avais mérité, j'avais tendance à faire n'importe quoi. Puis il a regretté ses gestes-là et n'a plus recommencé. Les années ont filé, nous sommes partis vivre au canada, nous nous sommes mariés, nous avons élevé notre fille, j'ai fait ma carrière de danseur, lui a changé de boulot (il était galeriste puis est devenu psy pour enfants).

Mon aveu récent a changé ce rapport dominé-dominant. Il a pris conscience de la force, de l'abnégation dont j'avais fait preuve durant1547 quatre années afin de paraitre heureux et normal. J'avais honte de ce qui s'est passé, je ne voulais pas lui imposer ce poids. Je ne voulais plus y songer, préférant continuer à vivre malgré des cauchemars. Il a pris conscience de ce que son autorité naturelle a tendance à me faire un peu peur, d'où ma manie de cacher mes soucis.

Matthew est la seule personne aux yeux de qui je suis quelqu'un de bien, un homme de valeur. Tout le monde voit en moi un gars perdu, fragile alors que lui voit mes forces.

Aujourd'hui, notre relation prend une tournure plus égalitaire. Cela me trouble un peu car je n'ai jamais eu droit à un lien égalitaire. Ma mère qui me frappait et m'insultait au moindre prétexte, les règles de la danse classique auxquelles je devais me soumettre sans rechigner sous peine d'etre viré de l'école, mes amants violents qui se croyaient tout permis. J'ai toujours eu, aux yeux des autres, un profil d'agressé, trop "féminin". Mais pour mon mari, je suis autre chose : je suis un être humain, avec sa valeur, ses valeurs.


Quand il m'a dit que j'étais le coeur de sa vie, j'ai pleuré... mais de joie intense,cette fois-ci. Cette nuit-là quand je l'ai senti se blottir contre mon torse, alors qu'on était allongés surle lit, j'ai senti mon coeur battre d'extrase. D'habitude, c'est moi qui me pelotonne entre ses bras, pour faire de lui un rempart entre le monde extérieur et moi. Là, matt perd un peu de sa superbe machiste, autoritaire, pour me montrer un visage plus doux. Déjà qu'il me plaisait énormément avant ce moment, mais alors là .. !


Mon moral se porte mieux, néanmoins je reste figé sur ma décision de ne plus fréquenter les hommes binaires, hétéros ou gays. Je ne peux plus du tout supporter leur arrongance, leur mépris, leur intolérance, la justification de leur vices, leur rigidité , leur méchanceté. Ils m'ont trop fait de mal. Il y a un moment où le corps crie "stop !". Quand on est à saturation, on ne peut plus faire semblant. Le seul homme que je tolère dans ma vie, c'est mon mari. Au moins, lui ne me réduit pas à un corps. Il a d'ailleurs été très touché du livre que j'ai publié (il a lu le manuscrit), il le trouve vrai, humain. Puis ça lui a rappelé des souvenirs.Ce roman (qui est désormais disponible à la vente) relate le contexte dans lequel a débuté notre histoire d'amour. Il est la flamme de ma vie. Je l'aime tant.

Sur ce, j'ai fini d'étudier en vidéo le texte "alé chour". Cela m'a fait du bien d'entendre des propos qui me conviennent, j'en ai assez de faire semblant de me sentir bien dans cette société matérialiste.

25 avril 2021

J'ai craqué nerveusement

Parfois, on craque Ă  cause d'un incident stupide. C'est ce qui s'est passĂ© dernièrement. J'ai eu un commentaire malheureux sur un blog que j'aimais lire, l'auteur m'a rĂ©pondu. J'aimais lire ses articles ainsi que ceux de son conjoint, mais aujourd hui je suis mal Ă  l'aise car je rĂ©alise que le feeling Ă©tait loin d'etre rĂ©ciproque. Ils s'en foutent complètement, de moi. Je regrette de leur avoir laissĂ© des messages très persos sur mon passĂ© douloureux, le "partage" Ă©tait Ă  sens unique. 

Je n'ai meme plus l'envie de regarder mes mails personnels.
C'est typiquement à cause de ce genre de mépris que je suis devenu phobique social.

J'ai donc craquĂ© nerveusement. Je me suis senti très mal et finalement j'ai avouĂ©... J'ai racontĂ© Ă  mon homme ce qui s'Ă©tait passĂ© il  y 040909_sp_wo_2a 4 ans. On vivait encore Ă  montrĂ©al, j'Ă©tais drag queen. J'avais un admirateur dans la salle. Il m'avait plusieurs fois amenĂ© des fleurs, on avait discutĂ©, je le trouvais sympa. Puis un soir, il m'attendait près de la sortie des artistes. Je ne me suis pas mĂ©fiĂ©, il m'a agressĂ©.

Je n'ai rien dit à mon homme, parce que je ne voulais pas etre un fardeau. J'ai gardé ce énième viol pour moi. Je les ai comptés, ces putains de viols : dix, en tout. Je parle évidemment de ceux dont je me souviens.

Je ressens un immense sentiment de solitude. Et aussi le besoin de couper les ponts avec la sociĂ©tĂ©. Je ne peux plus supporter de ne pouvoir partager avec aucun LGBT ce que j'ai endurĂ©. Quand j'en parle, je me heurte au dĂ©ni, Ă  l'indiffĂ©rence, ça dĂ©range. Toujours cette fichue loi du silence et ce culte du corps, du plaisir qui emprisonne, entrave toute tentative de denoncer le viol quand on est gay. C'est horrible. Comme si on n'avait pas le droit d'en parler, pas le droit de dire non, de ne pas consentir. 


clownMon homme m'en a un peu voulu d'avoir gardé le silence, mais il a pris soin de moi quand je pleurais.Trop de larmes sont sorties, désespérées. Je suis fatigué intérieurement, vraiment. J'essaye de ne pas sombrer dans la dépression, mais là ça commence à etre difficile. Je me raccroche à la lecture, ma seule vraie bouée de sauvetage.J'ai presque terminé le 3e tome de la série "sigrid et les mondes perdus", de brussolo. Un peu trash par rapport aux deux autres, mais ça me permet de m'évader mentalement. Je suis aussi en train d'écrire la 3e partie de mon roman. Le but est thérapeutique, les mots soignent les maux, surtout quand on se sent isolé.

 

1 avril 2021

le requiem du danseur : les dessous de mon livre

00

Mon roman va sortir officiellement au public dĂ©but mai, mais il est dès Ă  prĂ©sent en prĂ©-commande. 


Je suis très fier de la couverture. Plus qu'une couverture graphique, c'est un avatar. Il dit beaucoup du roman. 
J'ai mis mon livre dans la catĂ©gorie "Ă©rotique" mais c'est avant tout une histoire humaine. 
C'est l'histoire de camille, un jeune homme perdu entre sa toxicomanie et ses dĂ©sirs de voluptĂ©. Camille, c'est moi quand j'avais 20 ans. 

Je suis fier d'avoir publiĂ© un roman Ă©rotique. C'est une revanche. Ma mère, qui Ă©tait clairement puritaine, me traitait de pervers parce que j'osais me donner du plaisir Ă  12 ans. Pour elle, c'Ă©tait le vice incarnĂ©.  Ma mère, dont les gifles se transformaient trop en coups de poing me faisant Ă©clater la lèvre infĂ©rieure.

Avec ce livre, j'essaye de parler des drames que j'ai connus : le viol, l' homophobie, la maltraitance, la transidentitĂ© qui en a dĂ©coulĂ©, la dĂ©pendance Ă  la cocaine et au sexe. 
J'ai écrit ce roman pendant le 2e confinement, très vite, les mots sortaient spontanément. J'ai réussi à mettre en scène des souvenirs douloureux.

Le prologue n'a pas été inventé. C'est un moment vécu. Notre fille avait 13 ans, elle se faisait influencer par des potes homophobes, quand on habitait montréal. J'ai écrit ce livre pour elle, pour qu'elle ne me juge pas sur ma non-binéarité. Mais aussi pour mettre en garde bien des jeunes contre la drogue. Se droguer semble un jeu, mais les conséquences en sont extrêmement destructrices. J'en suis un survivant.

J'aime me représenter sous l'aspect d'un ange-danseur sado-maso. Les ailes font référence à mon tatouage dans le dos mais aussi à "l'envol noir" que créait en moi la cocaine. Les ficelles noires forment à la fois de la lingerie féminine sexy (bas avec jarretelles , slip et corset en cuir) et des fils de marionnette. Le personnage de camille est balancé d'un extrême à l'autre, comme un pantin. Puis la lumière rouge du feu qui détruit, purifie et illumine (qui fait aussi référence à une scène SM à la toute fin du livre).

Ecrire ce livre a Ă©tĂ© pour moi une dĂ©livrance. 
Ce n'est que la 1e partie.

L'Ă©quipe graphique a fait du bon boulot. Remarque, pour 150 euros, ça vaut mieux. En envoyant  le contrat, j'avais donnĂ© toutes mes indications graphiques. Une couverture personnelle qui en dit sur long sur moi, quand j'y pense.

Au-delà de la romance gay érotique, c'est avant tout une histoire humaine et une histoire d'amour. L'histoire de ma rencontre avec mon homme, celle qui a sauvé ma vie.

Camille est un jeune homme en quête d'identité et de sensations fortes, il s'aventure dans les ténèbres de la dépendance au sexe.

Romance mettant en scène un apprenti danseur et étudiant en philosophie, j'ai dénoncé l'hypersexualisation des gays.

C'est un ouvrage sur l'homophobie, qui aborde des sujets tabous tels que la drogue, les agressions, le suicide, les problèmes identitaires et met en lumière les valeurs humaines. J'ai tentĂ© de militer pour dire que les gays ne sont pas Ă   chosifier, nous ne sommes pas des corps sans identitĂ©, sans visage, sans humanitĂ©.

Pour commander, c'est ici :

http://www.echo-editions.fr/librairie/livre?id=152&t=le-requiem-du-danseur

 

31 janvier 2021

debout

Je n'ai pas achetĂ© ce livre par voyeurisme, mais parce que le sujet m'interpellait fortement. Et je ne suis pas du tout déçu. Bien au contraire, j'ai Ă©tĂ© profondĂ©ment touchĂ© par ce rĂ©cit. L'actrice rose mac gowan y raconte la misogynie qu'elle a subie tout au long de sa vie, de son enfance en italie aux plateaux hollywoodiens. Ce qu'elle raconte est effrayant, mais la cruautĂ© existe et il faut en parler. Elle dĂ©nonce clairement le lavage de cerveau.  C'est un livre que j'ai trouvĂ© sans fausses notes. Seule la toute fin m'a semblĂ© ĂŞtre de la propagande, Ă©crite en plein boum metoo.

Résultat d’images pour debout rose mcgowan


J'ai surligné de nombreux passages avec mon crayon afin de ne pas oublier certaines phrases clef. Je me suis énormément reconnu dans les passages qui traitent du viol. ça fait beaucoup de bien de lire ces mots, je me suis senti moins isolé, moins souffrant. Cela fait 20 ans que je souffre devant mon reflet parce que je vois une proie, un homme traumatisé par plusieurs agressions sexuelles et qui n'a pas eu l'occasion (ou le courage ?) de parler. Honnêtement, je suis pour le moment incapable d'extraire de moi ce pus qui s'est ancré en moi, ce poison invisible. Par contre, je suis en colère, comme rose mac gowan.Même si je suis un homme, j'ai vécu certaines situations "de condition féminine" et c'est extrêmement violent, pertubant. Perturbant, hum. Un euphémisme, tiens. Exemple typique de ce qu'on m'a mis dans la tête toute ma vie pour que ça devienne inconscient : ne te plains pas. L'homophobie est une forme de misogynie.
VoilĂ  quelques phrases dans lequelles je me reconnais Ă  100% :


"Avec le recul, je me rends compte que je m'étais offerte à un type que je connaissais à peine. Même si j'avais énormément de colère en moi pour avoir été abandonnée, je comprends à présent qu'avec l'enfance que j'avais eue, j'allais naturellement vers l'amour qu'on voulait bien me donner. C'est comme ça qu'on plonge dans la spirale de l'échec. C'est comme ça qu'on perd le contrôle de sa vie. Voilà quelque chose qu'on n'évoque jamais quand on parle de maltraitance."


"Les gens pensent qu'on peut tourner la page. Mais le traumatisme, le viol, l'agression sexuelle, fige votre esprit, si bien qu'on a toujours l'impression que ça s'est passé la veille. C'est extrêmement dur de s'en débarasser, car une part essentielle de votre personne, celle qui fait de vous un tout, a été assassinée."


"Une agression sexuelle nous empêche de demeurer celle qu'on était et nous vole la possibilité de devenir celle qu'on aurait dû être. Nous autres victimes sommes réduites à un rôle que nous n'avons jamais demandé à jouer."


"Je ne pouvais empêcher les pleurs, les cauchemars dont je me réveillais en hurlant. Pendant longtemps, mon corps a continué à endurer des flash-backs."


"Identifier ce dont on ne veut pas est le plus important , car la réalité, c'est que nos rêves sont rarement à la hauteur de ce que l'univers peut nous offrir ; en connaissant les "non" on accède au "oui" et ce "oui" est plus estimable que ce vous avez pu imaginé. Si j'avais compris ça avant, ça m'aurait permis d'éviter les hommes dominateurs, manipulateurs et violents."

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27 janvier 2021

"have the courage to be disliked"

This really resonates with me. Taking a stand against the mainstream and the powerful requires great courage. I had to become okay with being disliked and misunderstood in order to help make a positive change to the status quo. Are you okay with being disliked? How do you deal with it? I’ve built up a defense system that I wish I didn’t have to have, but I do. I am soft, I am honest and I am brave. How do we keep these qualities protected and still survive to fight another day? That is the question

rose macgowan

15 janvier 2021

lgbt phobe ?

Cela fait maintenant 3-4 ans que j'ai du mal Ă  frĂ©quenter la communautĂ© lgbt. Si je suis honnĂŞte avec moi-mĂŞme, je ne peux pas -plus- faire semblant d'aimer ces gens. Chose assez risible venant d'un homme gay, mais voilĂ  je n'ai que de mauvais souvenirs. Ces deniers se rĂ©sument en trois mots  : frappĂ© , violĂ©, droguĂ©. Ce n'est pas l'homosexualitĂ© en soi qui me dĂ©range autant mais tout ce qui gravite autour, notamment la drogue, le jeunisme qui frise la pĂ©dophilie  et la prostitution. Toute ma vie, j'ai jouĂ© un rĂ´le parce qu'on me disait : "tu ne peux pas rester dans ton coin, frĂ©quente d'autres gens comme toi !". La rĂ©alitĂ© lgbt est très très loin des romances gnan gnan qu'on peut lire Ă  tout-va. Personne -ou très peu- parle de la violence des lgbt entre eux. Les gays haissent les lesbiennes, les lesbiennes haissent les bi, les bi haissent les trans, les trans haissent les pd...C'est tout un engrenage de haine. Puis cette manie "obligatoire" de se shooter au popers ou la coke pour paraĂ®tre cool, comme si c'Ă©tait un rite de passage...J'ai Ă©tĂ© maintes fois Ă  la gay pride, j'en suis aujourd'hui Ă©coeurĂ©. Probablement parce que j'ai une vie "rangĂ©e" avec Ă©poux et enfants. NĂ©anmoins j'ai une personnalitĂ© provocatrice, parce que je suis artiste et que selon moi l'art est toujours une provocation quand il est intelligence. Seulement les lgbt sont loin d'ĂŞtre tous les artistes sensibles. Ils provoquent connement, avec leurs costumes fĂ©tichistes.


 Avant, j'Ă©tais bisexuel. Puis je suis devenu gay, ensuite non-binaire. Je n'ai jamais su qui j'Ă©tais. Mon entourage lgbt y a Ă©tĂ© pour quelque chose, parce qu'on m'a toujours poussĂ© Ă  devenir ce que les autres voyaient en moi : une pute, une salope, un suceur, un enculĂ©, une proie, un shootĂ©. Je suis très vulgaire lĂ , mais c'est la rĂ©alitĂ©. On m'a toujours vu comme une caricature. Et j'en suis devenu une.


 Ce qui s'est passĂ© avec mon "amie" me flingue. Ce n'est pas compliquĂ© : je pleure tous les jours.J'essaye de me raccrocher Ă  mon spectacle, mais j'ai le coeur brisĂ©. Certains mots rĂ©sonnent en moi, flottants, irrĂ©els comme un cauchemar qui retient encore notre attention une fois Ă©veillĂ©s : "mauvais ami", "on ne se comprend pas", "pas Ă  la hauteur", "on est devenus des inconnus". J'avais confiance en cette personne. Je pensais pouvoir ĂŞtre moi-mĂŞme avec. J'ai toujours eu un mal fou Ă  garder des amis. Je m'en fais facilement parce que j'ai une nature sociable, souriante, mais assez rapidement on me jette comme si j'Ă©tais le dernier des abrutis. Mon homme est le seul vrai ami que j'ai, celui qui ne m'a jamais insultĂ©, jamais abandonnĂ© du jour au lendemain.


 D'anciennes blessures très douloureuses refont surface, me donnant la nausĂ©e, le vertige d'ĂŞtre moi-mĂŞme. Et comme Ă  chaque fois que je subis un Ă©tat de choc, ma personnalitĂ© change par la suite. SĂ»rmement par mĂ©canisme de dĂ©fense. Rien Ă  faire, je ne supporte plus les lgbt, cette communautĂ© est Ă  l'image de la sociĂ©tĂ© : Ă©cartelĂ©e totalement Ă  cause de l'hyper egoisme de chacun.

J'ai du mal Ă  cerner mes Ă©motions par rapport Ă  cette histoire : colère ? amertume ? rancune ? mĂ©pris ? dĂ©ception ? incomprĂ©hension ? trahison ?  Je me sens trahi, oui. C'est d'ailleurs ce que je supporte le moins.


 Toute ma vie on m'a reprochĂ© mon absence. Ami absent. Frère absent. Fils indigne. Père absent. Epoux absent qui couche Ă  droite Ă  gauche. J'ai passĂ© mon temps Ă  fuir. A fuir moi-mĂŞme, sans aucun doute. Mais ce n'est pas sans raison que j'en suis venu Ă  fuir, prĂ©fĂ©rant l'absence Ă  la prĂ©sence. C'est la trahison qui m'a poussĂ© Ă  fuir.

11 décembre 2020

"mi-ange mi-démon" 🎭


C'est une expression poétique pour désigner en fait "bipolaire", qui est un terme nettement plus rude, plus médical. Mais la réalité semble la même.


Depuis de longues années maintenant, je suis double. J'ai toujours été un peu lunatique, enfant, mais il y a eu une année fatidique durant laquelle ma personnalité s'est scindée en deux. A l'âge de 15 ans, j'ai tout simplement été victime de harcèlement scolaire, et cela m'a flingué. J'étais le bouc émissaire de ma classe à cause d'un gars qui n'assumait pas du tout son attirance pour moi et qui s'est vengé. Le truc classique, quoi, mais qui a eu un effet dévastateur sur mon caractère. Son homosexualité non assumée le rendait très méchant avec moi. Après, il a mêlé ses potes à sa haine contre moi. Tous les jours, c'étaient des insultes, des insinuations humiliantes. Je ne cachais pas être gay, mais je n'étais qu'un gosse avec sa fragilité de gosse. Tous les jours pendant un an j'ai été humilié. Plus des problèmes familiaux avec mes parents.

Au bout de quelques mois, j'ai craquĂ©. Je n'ai pas fait de dĂ©pression nerveuse, mais plutĂ´t ... je ne sais pas expliquer car Ă  l'Ă©poque aller voir un psy n'Ă©tait pas Ă  la mode et je me suis retrouvĂ© avec des parents indiffĂ©rents Ă  mon Ă©tat psychologique. Disons que j'ai commencĂ© Ă  dĂ©velopper deux comportements opposĂ©s : il y avait moi, le gosse sĂ©rieux, bon Ă©lève, un peu solitaire mais pas trop, tranquille. Et puis l'autre aspect de moi, nettement plus sombre et fantaisiste, langue de vipère, excentrique, hypersensible. Les gens autour de moi ont commencĂ© Ă  dire que j'Ă©tais "bizarre", parce qu'on ne comprenait pas mes rĂ©actions. Je n'ai bĂ©nĂ©ficiĂ© d'aucune aide pour rĂ©gler ce traumatisme. La seule chose que je pouvais faire, c'Ă©tait oublier. Alors j'ai lu beaucoup, je m'Ă©vadais complètement dans les livres. Puis après je suis passĂ© Ă  la cocaine. J'avais 16 ans, la première fois. J'Ă©tais mannequin Ă  mes heures perdues pour des magazines, lĂ -bas la drogue coule Ă  flots. Puis, Ă  18 ans, le  premier viol.

C'est à partir de là que j'ai clairement commencé à me dédoubler au niveau de la personnalité, donnant plus tard ma transidentité. Quand j'ai cessé la drogue, j'ai eu un moment l'impression de redevenir "un" mais je me suis rendu compte que ce dédoublement revenait dès que ma mémoire traumatique était ravivée. J'ai la chance d'être en couple avec un homme qui m'accepte comme je suis et ,qui plus est , a la finesse du psychologue. Mais cette dualité fait désormais partie de moi. Elle est ravivée pour un oui pour un non : quand j'ai écrit mon roman psychologique sur la drogue, par exemple, mais aussi quand j'ai lu "jolis jolis monstres". Je n'ai pas le choix, j'ai une personnalité divisée qui ne pourra jamais être réunifiée. Et puis, dans le fond, peut etre que je n'en ai pas l'envie. Parce que ses deux moi forment mon vécu, mes identités. ça devait m'arriver, puis voilà, même si ça fait mal.

12 novembre 2020

diva rouge sang

Déjà, le titre m'a interpellé. Je le trouve beau. Sombre mais beau. La couverture, ensuite, m'a incité à l'acheter. Elle est magique, esthétique. L'image donne du sens au texte.

C'est un roman que j'ai trouvĂ© fort et fin psychologiquement. 

C'est Ă  la fois un tĂ©moignage et une fiction. 
On est plongé dès le début dans l'histoire de la jeune fille qui subit divers traumatismes.

C'est un récit très humain, c'est ce qui m'a plu avant tout. Il aborde sans tabou le problème des agressions sexuelles et je trouve ça formidable d'aller au-delà des a prioris.

La Diva rouge sang

18 juillet 2020

metoo homme

Je ne fais pas partie de ceux qui ont dĂ©nigrĂ© METOO, bien au contraire, mais je lui reproche une chose :  ne pas avoir parlĂ© (ou trop peu) des viols d'homosexuels. Perso j'en est Ă©tĂ© victime Ă  18 ans et plusieurs autres fois Ă  cause d'amants aux pulsions trop pressĂ©s. Je connais des mecs et trans qui ont subi plusieurs viols mais n'en ont jamais parlĂ© Ă  cause de l'homophobie. Puis surtout parce que les mecs  violĂ©s, tout le monde (ou presque) s'en fout, ça ne suscite aucune compassion. En gros quand on a des testicules on est censĂ© aimer la violence. Bah nan...On peut ĂŞtre passionnĂ© sans ĂŞtre violent.

METOO n'a pas non plus parlĂ© du harcèlement dans le domaine de la danse, qui est très très frĂ©quent. 

On subit tout un tas de préjugés dégrandants comme quoi on couche systématiquement pour avoir un rôle...c'est pas tout à fait vrai ni tout à fait faux...ça arrive ok...moi même j'ai connu ça mais on oublie un peu facilement que les danseurs(e) se font harceler régulièrement sous prétexte que la danse est un art (et un sport avant tout, hein!) sensuel 🙄

Par contre j'ai eu la grande joie de voir que l'église se mettait à METOO, elle recherche des témoignages de personnes ayant subi des abus sexuels par des curés ou autre...Enfin le tabou est levé, c'est formidable !

Si vous voulez témoigner, c'est ici:

 

Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise - CIASE

Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise APPEL A TEMOIGNAGES Pour que la lumière soit faite sur les abus sexuels sur des mineurs et des personnes vulnérables commis depuis 1950 par des prêtres, des religieux et des religieuses, l'Eglise catholique de France a demandé à Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d'État, de constituer et de présider une commission indépendante.

https://www.ciase.fr

 

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