Quand je pense à mon enfance, deux images me viennent en tête.
Mon cher matt m'a toujours poussé à en parler, mais hélas rien ne sort. Ou alors, il faudrait que je vomisse.
Je n'arrive pas à en parler, ni à l'oral ni à l'écrit, les mots ne viennent pas. Je ne trouve pas de mots assez forts pour dire, pour raconter, pour percer cette caparace de traumatismes. Pourtant il faudrait que j'en parle. Mais j'ai honte. Si honte. Je crois que le mot le plus réaliste concernant mon enfance, c'est "HONTE".
Bonhomme tigrou n'est pas venu...pendant 4 jours !! Je commençais à me faire un sang d'encre.Puis le revoilà avec sa grosse bouille de matou ! J'étais à la fois fâché et heureux de le revoir, je l'ai traité de vilain garçon...tout en le caressant, évidemment ! J'ai vu que
sa cicatrice sur le front avait presque entièrement cicatrisé, le savon est efficace ! Il a passé plusieurs heures à regarder avidement les grosses souris qui venaient manger leurs épluchures de carottes. Maintenant c'est au tour de petitnoirpiot de faire des infidélités...Peut-être est-ce dû au printemps, heure des zamours des chats ?
Ce matin est à marquer d'une pierre blanche. Tigrou et petitnoirpiot commencent à bien mieux se tolérer. Tigrou faisait son dodo, affalé sur une mache, tandis que petitnoirpiot faisait ses mamours contre mes jambes, piaillant pour demander toujours plus de caresses.
J'ai vu une tourterelle tomber dans la courette à cause du vent. Elle a réussi à se relever et à s'envoler mais elle avait l'air fatiguée. J'espère qu'elle va bien. Petitnoirpiot avait commencé à la chasser, heureusement que je suis intervenu. Ce qui est bien, c'est que les deux minets m'écoutent. Je suis content de voir qu'une certaine de paix réside entre eux. J'ai remarqué que tigrou a aussi une cicatrice sur l'oreille, qu'il n'avait pas avant sa bagarre...
Pourquoi, mais pourquoi, suis-je encore étonné de la méchanceté - de la cruauté plutôt-
maladive de ma génitrice, hein ?! Après toutes ces années, pourquoi aurait-elle cessé sa maltraitance, hein ?! Pourquoi, mais pourquoi donc, ai-je encore le coeur qui se brise en morceaux quand elle me traite de cinglé et d'attardé mental au premier prétexte venu ? Je l'ai compris depuis longtemps, qu'elle ne m'aime pas, mais je pensais, j'avais stupidement espéré, qu'elle se serait bonifiée avec la vieillesse. Bah nan. Pourquoi s'améliorer et devenir gentille avec son fils, hein ? Mais pourquoi faire ?? C'est tellement plus "amusant" de le détruire, de l'humilier, de blesser tellement que ça le bousille !C'est tellement mieux de murmurer des saloperies, de harceler, de balancer des immondices sur moi comme si j'étais la dernières des crottes. Et elle, qu'est-elle, hein ? Elle n'a aucune valeur morale, aucune valeur humaine, c'est une nazie refoulée qui se croit tout permis, qui donne des ordres, qui insulte, qui joue à la victime dès qu'elle est contrariée, qui joue à l'ado caractérielle et tyrannique. Elle n'a fait que s'inscruster dans ma vie, dans ma tête, comme une secte, comme une tumeur. Cette nana est la gangrène de ma vie. Et après on s'étonne que je sois tout le temps en colère, putain de merde.
Mon tigrou s'est battu avec un animal sauvage (un renard ?) il y a quelques jours. Je l'ai
vu une nuit quand j'ai ouvert les volets. Il a une plaie assez profonde sur le front, qui sent mauvais, il doit sûrement y avoir du pus. Pour éviter une infection qui lui occasionnerait une fièvre dangereuse, j'ai nettoyé la blessure avec de l'eau et du savon à l'action antibactérienne grâce à l'huile essentielle de sauge. ça peut cautériser la plaie. Il ne se porte pas mal, mais je me méfie. Du coup, il n'y a plus de ronchon avec petitnoirpiot, ça va mieux entre eux. J'ai nettoyé le pelage de petitnoirpiot avec du vinaigre blanc, ça ne le dérange pas, contrairement à bonhomme tigrou qui se débat et se lèche ensuite. M'enfin, mon tigrou est un chat vraiment gentil, il ne bougeait presque pas quand je l'ai pris dans les bras pour lui nettoyer la plaie. Je comprends mieux désormais pourquoi les minettes lui crachaient après quand il s'approchait d'elles, elles sentaient l'odeur la blessure que, moi, je ne voyais pas encore.
A force de m'entendre éclater régulièrement en sanglots tout en essayant de refouler mes larmes, mon matthew s'est demandé si j'avais eu un problème récemment. Je ne voulais pas lui en parler, puis bon c'est sorti. ça m'a fait du bien. Mon matthew a lâché un "oh putain" auquel je ne suis pas habitué dans sa bouche, mais il a eu raison... Oui, oh putain, ça craint. Ce qui s'est passé et qui m'a fait pleurer, c'est l'attitude du prêtre que j'ai vu dans le cadre de la formation. Bon, je ne peux pas nier être efféminé, même quand je fais des efforts pour le cacher. Je lui ai dit que j'étais gay.A un moment ou un autre, ça finit par se voir, même subrepticement. Et quand le prêtre s'en est rendu compte, il a commencé à jeter des regards déplacés en direction de mon sexe (j'étais assis sur un canapé en face de lui, à quelque distance). Je l'ai fixé, n'en croyant pas mes yeux. J'ai fermé les jambes et lui ai dit que je ne le provoquais pas. Là, il a levé les yeux au ciel en disant "c'est ça !". ça m'a sidéré, je me suis énervé, lui ai dit que sa réaction était inadmissible pour un prêtre, il a fait "oh !" avec un sourire, je me suis levé en voulant partir. Je ne me suis rassis que parce que j'avais mal dans le bas du dos. Autant j'aime beaucoup les enseignements de Jesus christ, mais alors je n'ai jamais pu spporter l'église qui est un énième instrument de pouvoir, idolâtre de surcroît, qui regrette que les femmes, les gosses et tous les gens différents de leur norme ne soient pas leurs esclaves. Leur discours prétendûment tolérant sur l'amour du prochain me faire marrer jaune, ce n'est pas sans raison si la société s'est autant déchristianisée. Cela n'a fait que confirmer ce que je pense depuis longtemps des prêtres : qu'ils ne sont pas nets. Je suis content de ne pas avoir donné suite, j'aurais eu des problèmes avec ce type. L'église, c'est la loi du silence. Loi de mafia, ouais. J'en ai vraiment marre des mecs avec leurs problèmes de bites.
Non mais vraiment, tigrou et petitnoirpiot payent tous les deux... Il y a entre eux deux une sorte de "je t'aime moi non plus". J'ai franchement l'impression que petitnoirpiot veut jouer mais que ça ne plaît pas du tout à tigrou. Alors quand je les vois faire une sorte de "1,2,3 soleil" je me marre...Tigrou et petitnoirpiot étaient sur le même muret, l'un aller vers la gauche, l'autre vers la droite ; forcément le chemin était bouché ; tigrou fait demi-tour, quand il avance petitnoipiot le suit ; puis quand tigrou s'arrête et se retourne, petitnoirpiot s'arrête aussi ; tigrou me regarde l'air de dire "pfff", reprend sa route, petitnoirpiot le suit ; tigrou s'arrête encore, se retourne, petitnoirpiot s'arrête ...et ainsi de suite. Non mais j'vous jure, ces minets !
Ce que j'appelle la guerre des pipis, c'est quand deux matous ont décidé de s'approprier le même territoire. En l'occurrence, chez moi. Avec le temps, de la patience et de l'éducation, tigrou et petitnoirpiot réussissent à s'entendre."S'entendre" est un bien grand mot, disons qu'ils tolèrent peu à peu la présence l'un de l'autre sur le même territoire. SAUF... qu'ils font pipi à des endroits que je ne vois pas...par contre je sens...pouah la pisse de chat ça pue ! Même en nettoyant avec du savon à la lavande et désinfectant, l'odeur persiste...Faudrait que je mette du vinaigre blanc, l'odeur est aussi forte, ça camouflera ... Petitnoirpiot me fait des mamours tous les matins avant de manger, il passe entre mes jambes et me mordille la main pour me dire qu'il m'aime et il s'installe sur le tapis d'entrée en guise de coussin pour le dodo ; quant à bonhomme tigrou, il circule maintenant dans l'appartement, fait le bisous à nos minettes et son gros dodo là où il veut.
Je supporte de plus en plus difficilement d'avoir affaire aux gens dans la rue qui ne supportent pas qu'on leur demande le moindre renseignement, affichant ouvertement leur mépris des autres. Cela va entièrement à l'encontre des petits exercices spirituels que j'ai faits pendant la semaine de prières pour l'unité des chrétiens. Ce sont des questions sur lesquelles on médite, elles permettent d'aller au-delà de la haine quotidienne qu'on est obligé de subir sans arrêt. Je ne me les suis jamais posées, j'ai été content de pouvoir y réfléchir, ça permet d'avancer humainement.
- lundi 19 janvier : Comment les vertus de l'humilité, de la douceur, de la patience et de la tolérance mentionnées dans la lettre aux éphésiens peuvent-elles nous aider, en tant que chrétiens, à aller de l'avant et surmonter les divisions au sein de nos communautés chrétiennes locales ? Elles créent un dialogue plus humain, plus compatissant.
-mardi 20 : Comment l'enseignement de saint-paul, selon lequel la paix est le fruit de l'Esprit, influe-t-il sur nos interactions et nos relations quotidiennes au sein de nos communautés, en particulier lorsque la réconciliation et le pardon sont nécessaires ? La paix permet d'éviter la violence, de trouver les mots pour éviter la haine.
- mercredi 21 : Comment pouvons-nous, en tant qu'eglise ou communauté, relever le défi de notre vocation, tout en conservant notre identité et nos traditions ? En regardant toujours vers la lumière de Dieu, qui est unité.
- jeudi 22 : Quelles collaborations nos différentes communautés peuvent-elles entreprendre pour célébrer notre foi commune en jésus-christ et notre unité établie par le baptême ? Lire un même livre, comme L'imitation de Jésus Christ. Aider les plus démunis.
-vendredi 23 : De quelle manière l'image de Dieu, en tant que père aimant et attentif à tous, peut-elle être intégrée dans la mission et le ministère de nos différentes communautés écclésiales afin de promouvoir un témoignage chrétien plus unifié dans le monde ? En mettant en avant la charité de son coeur sacré.
- samedi 24 : En quelle mesure nos relations changeront-elles, si nous acceptons que la diversité des dons n'est pas un motif d'opposition ou de compétition mais contribue au contraire à l'affermissement de notre foi et au partage ? L'amitié sera au rendez-vous, la haine en sera bannie, ainsi que le mépris.
J'ai entamé l'accompagnement spirituel avant la formation de prêtrise. J'ai été reçu par un prêtre sympathique qui a cherché à me connaître. Je dois lire l'épitre de saint matthieu pour la prochaine fois. Dans la salle, plein de livres et une croix de saint d'assise.C'est dans une grande maison parisienne, dans le quartier religieux de picpus, il y a à côté le cimetière où sont enterrées les victimes de la Terreur. La petite chapelle est située au fond d'un jardin tranquille, on se sent à l'abri du monde, malgré des travaux dans l'immeuble d'en face. Il n'y avait personne, tant mieux, j'ai pu prier devant le grand Christ en bois et mettre un cierge devant la statue de saint jean d'ars. Mais dès la porte de bois poussée, je me suis retrouvé dans une rue sale, bruyante. Heureusement j'ai pu me nourrir des crèches de noel encore présentes à la maison augustin et sa chapelle.
Ce matin, demi-lune auréolée d'un halo blanchâtre, que des nuages noirs traversaient avec vitesse. Branches qui pliaient sous le vent. Les petits piafs "s'amusent" dans le vent, partir, résister, revenir.
Pour ceux qui ne connaissent pas, boulinier est un magasin où l'on touve de tout en matière de disques, livres et dvd. C'est le principe du bouquiniste où les gens revendent (chaque produit repris 10 centimes, pas de quoi se payer un café). Je trouve cet endroit formidable pour diverses raisons : c'est pas cher du tout (cd à 2 euros, dvd à 50 centimes, bouquins à 2 euros) et les vendeurs font parfois de grosses remises si on achète un lot. A chaque fois que j'y vais, je trouve des perles rares, des artistes oubliés ou inconnus. Il y a beaucoup de musique des années 90-2000, pareil pour les films. Chez boulinier on ne touve que des vieux trucs. On peut trouver des livres anciens à 10 euros pièce, aussi des disques vinyles. ça permet de découvrir. Boulinier c'est vraiment un état d'esprit de farfouilleur, et c'est tout le plaisir. Par contre, le souci majeur c'est que tout part à une vitesse folle. Il n'y a qu'un exemplaire pour chaque livre et cd, si on n'achète pas tout de suite hop ça vous passe sous le nez définitivement. Je n'ai jamais été déçu en cd, c'est de la super bonne zik, sauf une fois, un cd que je croyais être de l'électro, en fait c'était du metal trash et très violent, brrr, je l'ai revendu.
Je commence à l'entendre de plus en plus souvent, comme une litanie dépressive qui m'inciterait à une forme de décomposition cérébrale et physique. Parce que je VEILLIS. Je ne suis pas vieux à 43 ans, mais je VEILLIS, c'est pire parce qu'on vous regarde presque avec atermoiement, comme si le lent processus de dégénération sociale, professionnelle et relationnelle avait débuté. Le plus drôlatique, c'est que j'ai toujours fait plus jeune que mon âge. Je me mettais tant et tant de cosmétiques que j'avais l'incroyable illusion que je ne vieillirai jamais.
Le rejet dû à mon âge a commencé il y a plus de deux ans, quand on me serinait avec ma probable incompétence en tant que danseur. Parce que je ne suis pas à la page, que je ne passe pas ma vie à afficher ma gueule sur les réseaux sociaux devenus une drogue planétaire, alors je suis out. Et quand je m'en plains, on me dit avec une infinie délicate intention que je me fais passer pour une victime. Bref, je suis dans une impasse. Que dois-je faire : jouer au djeun à la con ou accepter que je suis désormais d'une génération passée ? me fringuer en jogging et sweat à capuche comme un clodo ou afficher mon amour du stylisme avec des tissus nobles quitte à faire ringard ? J"ai hésité à jouer au "djeun trop sylé qui arrache" ; ouais, bah passons à autre chose, je préfère afficher ma diffrence générationnelle. Dans le domaine de la musique, c'est hard de rester dans le coup comme dj, parce que c'est un univers hyperactif où fiesta rime forcément avec défonce, alors je préfère rester dans ce que j'aime, il n'y a que comme ça qu'on dure comme joachim garrault.
J'ai grandi avec des parents qui avaient un comportement d'ados, j'ai grandi avec la sensation complètement déphasée que les rôles parents enfant étaient inversés, je me sens intérieurement vieux depuis longtemps. Aujourd'hui, je fatigue plus vite, je me lasse plus vite, j'ai besoin de calme, de tranquillité, de sécurité, d'amour.
J'ai trop, vraiment trop, de souvenirs épouvantables à cause des gens. Je verrouille ma porte à beaucoup. Je ne veux plus laisser entrer de criminels qui, au moment où je m'y attends le moins, me poignardent dans le dos. Je me suis laissé tuer plein de fois, parce que ça fait bien de souffrir quand on est jeune, maintenant la corrida est terminée, le taureau est mort. Je ne suis pas juste blessé par la vie, ou écorché vif, je suis terrassé, brisé. J'arrive quand même à sauver mes apprences, mais il ne s'agit justement que d'apparence.
C'est vrai, oui, je ne suis pas de cette génération geek que je trouve conne comme un cul, on me trouve dépassé avec ma provocation façon Madonna , mais j'aspire à autre chose. A mieux. Du moins le temps qu'il me reste à vivre, hein. Tiens, je vais écouter lady GAGA, puisque je commence à devenir gaga moi aussi.
Quand une de mes copines m'a montré son flyer, je n'ai pas pu m'empêcher d'éclater de rire. Non de moquerie, mais de surprise, car la connaissant, je sais combien c'est une femme sérieuse, et quand je vois ça ... Comme pub pour une correctrice de manuscrits, ça en jette ! Il est clair qu'on ne s'attend pas ça ! Mais c'est une excellente idée pour se démarquer des autres. Je sais combien il est difficile de trouver des clients, car depuis peu je me suis mis à mon compte comme prof de gym pour les personnes âgées ou malades qui souhaitent retrouver de la souplesse. Même en ayant une entreprise locale et à domicile, ce n'est pas évident de se former une clientèle fidèle. J'espère qu'en mettant son flyer ici, ça pourra peut-être inciter certains à lui confier leurs manuscrits. Elle bosse comme correctrice depuis 3 ans, elle est rigoureuse et sympa 😊 ...et pas aussi tom raider que sur l'image ! 🤣
Notre-dame ne donne vraiment pas envie de s'y recueillir. Les touristes sont une fois trop nombeux, c'est étouffant, ils prennent la cathédrale pour un musée. On se cogne les uns contre les autres. Clic clic clic clac, ils prennent des photos avec leurs tels, mais personne ne se signe. Merde c'est une église quand même! Je suis allé me confesser devant un prêtre assez peu aimable. Une touriste a ouvert a porte du confessionnal en croyant que c'était à visiter, je me suis énervé et lui ai dit de partir. Ma pénitence est de lire luc chapitre 6, sur le pardon. Il y a juste un petit coin pour prier, en attendant la messe de midi. J'ai visité quand même vissité pour 12 euros la sacristie des chapitres, contenant des objets liturgiques splendides. Je me demande ce que dirait jesus christ s'il voyait la boutique de souvenirs dans la cathédrale, vendant 80 euros des chapelets en toc : hum, pas très catho tout ça.
Je me suis fait un autre tatouage. Non que je sois un grand fana, mais certains ont un
sens particulier à mes yeux. Au québec, je me suis fait tatouer les omoplates d'ailes noires de corbeau. J'avais envie de m'en faire un autre, mais je ne trouvais pas de motif qui me plaise vraiment. Puis surtout, j'étais sous anticoagulant, et on ne peut pas faire de tatouage sinon ça ne cicatrise pas. Or, comme je ne prends plus de médoc depuis 2 ans, je me suis décidé. Evidemment, ça fait cher puisque j'ai choisi en couleur, mais je ne regrette pas. Je l'ai fait sur le haut de la cuisse. J'ai toujours aimé les motifs floraux.
On m'appelle comme ça, parce qu'on trouve que j'ai apporté de l'extrême aux spectacles là où je bosse. Moi j'aurais plutôt dit de la passion, car le cabaret transformiste est en soi un art extrême. En ce moment, j'adore trop le costume de scène (perruque blond platine, corset, bas roses, bolero , chaussures gothiques , gants, culotte en mousseline et plastron) on m'a pris en photo avec mon tel, image que j'ai transposée ici en dessin. Au final, je trouve que ça ressemble plus à harlequin qu'à un danseur sexy 🤣 !
Cela faisait longtemps que je n'avais pas mis les pieds au musée du moyen-âge. J'adore ce musée ! J'y suis allé plusieurs fois, et à chaque fois j'en ressors ravi parce que les objets sont vraiment superbes. Je me sens bien là-bas. J'aime particulièrement des objets lithurgiques sculptés sur ivoire et dans l'or ainsi que les retables en bois. Moi qui venais de sortir d'un entretien avec l'archevêque à la maison diocésaine pour entamer un séminaire, je ne pouvais qu'être enchanté devant ces saints et scènes de dévotion. La chapelle est toute simple, mais alors j'ai flashé sur la porte magnigfiquement sculptée. En haut, les 12 apôtres en forme d'anges. Cette fois-ci, il y avait une collection éphémère traitant de la vie quotidienne au moyen-âge, j'ai donc vu des tapisseries, des ustensiles de cuisine, des carreaux de pavements, des cheminées, des buffets ... A la boutique, je me suis acheté un roman noir; j'ai hésité avec un essai sur les soins coporels au MA. Il y avait aussi plusieurs objets insolites, mis en déco, sans étiquettes, comme cette superbe baignoire de la rome antique, datée d'il y a 2000 ans. En sortant, je me suis baladé dans le quartier et j'ai eu la grandde, très grande surprise de voir que ... boulinier et gibert étaient encore ouverts !!! J'avais entendu dire plusieurs fois que ce 2 boutiques avaient définitivement fermé leurs portes après les confinements...Du coup j'ai acheté plein de bouquins et cd d'occaz : entre 50 centimes et 2 euros, ça vaut le coup, surtout que je ne suis pas un accro des nouveautés.
J'ai toujours un peu de mal à regarder les photos de mon adolescence, car elles me rappellent presque toutes de mauvais souvenirs. En revanche, c'est mon fils qui aime
regarder les photos de mannequinat, je crois qu'il veut se comparer à moi. Je suis mannequin depuis l'âge de 12 ans. Pour moi, c'était surtout un jeu de rôle. J'utilisais beaucoup des pas de danse pour donner du peps, de l'originalité aux images. Et c'est justement ce qui a plu. Il y a des gens qui sont fascinés par le monde du mannequinat, d'autres qui au contraire ne veulent pas en entendre parler car ça les dégoûte. En réalité, c'est un milieu professionnel comme un autre. Comme partout, il y a du piston, il y a la loi du plus fort, il y a de la drogue, il y a du harcèlement sexuel. Mais j'ai toujours été tiraillé entre l'obsession de mon apparence physique, assez narcissique je dois dire, et l'envie parfois démesurée qu'on voit en moi seulement quelqu'un d'intelligent. Mais on a cerveau et un corps, il faut l'accepter. Je crois que j'ai toujours été à la fois fasciné par ma beauté et complexé par elle, car elle m'attirait de multiples jalousies. Etre enfant mannequin suscite forcément des jalousies, et les crasses qui vont avec. On est mis de côté. Moi, j'aimais les studios de photographe parce que je devenais quelqu'un d'autre, j'avais des paillettes dorées dans la tête pendant des jours. Je présentais les collections couture du styliste pour lequel bossaient mes parents. On adorait mes poses, parce que je jouais toujours des rôles comme dans un spectacle, je ne me contentais pas de fixer l'objectif, je "faisais l'amour à l'objectif" comme on me disait parfois. C'étaient les années 90, on voulait aller au-delà des convenances, être créatif. Ce qui plaisait tant en moi, c'était le contraste avec mes cheveux foncés et ma peau blanche, mon air de poupin et mon regard vert flamboyant. On me disait souvent que j'étais semblable à un volcan sous une couche de glace, et j'en jouais énormément. Aujourd'hui encore, même si le charme de la jeunesse a disparu, je joue des rôles, j'incarne des silhouettes quand je fais des photos. Je ne présente plus des collections couture, mais je fais partie d'une agence qui met en avant les mannequins à partir de 35-40 ans, ceux dont les corps sont trop gros ou trop vieux, considérés "hors norme" pour les podiums. Est-ce que je regrette le mannequinat ? Non. Par contre, je n'ai jamais poussé mes enfants dans ce milieu en leur faisant miroiter des rêves de gloriole artificiels. Le mannequinat, c'est super comme cours de maintien quand on travaille dans le spectacle, on apprend à se mettre en scène, à se transformer, à jouer avec son corps et les lumières, à développer son esthétique, à intensifier les expressions du visage. Même si je dois reconnaître que cela m'a permis d'affirmer ma féminité, ça reste quand même franchement superficiel.