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Ma vie et moi 🙂
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25 octobre 2022

où en suis-je ?

Depuis quelque temps, mon mari me dit souvent de ne plus avoir honte de moi. Pendant la crise du covid, j'ai pris conscience que j'avais du mal à accepter mon homosexualité. Pendant des années, j'ai été provocateur. Pour un peu, je me serais mis  à poil à la gay pride. On m'a toujours poussé à être impudique en public. Le souci, c'est qu'à l'origine j'ai une personnalité pudique, timide et sérieuse. Au fil de mon adolescence, j'ai développé une double personnalité mi ange mi démon. Un côté gentil, obéissant, discret et un autre qui est son exact opposé. Bien des gens ont dit de moi que j'avais un comportement schizophrène. En fait, j'ai surtout crée un masque pour me protéger de l'homophobie en "vomissant" mon corps, d'une certaine manière. J'ai joué au gars superficiel, impudent, au point que ça m'a collé à la peau et est clairement devenu une seconde nature.

Pendant les confinements, le port du masque m'a empêché de jouer ce rôle. Je ne pouvais plus sourire en public pour camoufler mon malaise, ma timidité. Voilà pourquoi j'ai été aussi mal en point pendant tout ce temps : j'ai été obligé de faire face à moi-même. Et ça a été dur, très dur de regarder en face ce qu'on est, ce qu'on n'est pas devenu. Alors, une idée a pointé le bout de son nez : et si je pratiquais plus assidûment le judaisme ? Mon mari m'a toujours poussé à renouer avec mes origines juives, mais j'ai été lâche, comme dans beaucoup de domaines, j'ai préféré fuir plutôt que de m'engager sur cette voie. Et puis, récemment, j'ai réalisé que j'en avais assez de vivre dans la honte. Toute ma vie, j'ai vécu dans la honte de ce que je suis, mon homosexualité, ma transidentité, mon ancienne toxicomanie, les agressions que j'ai subies. Tout le monde me disait que je n'avais pas le profil pour être un mari, encore moins un père, ce qui m'a fait perdre ma confiance en moi, en l'avenir. Récemment, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai contacté un rabbin isréalien pour lui demander si je pouvais aller étudier la Torah dans un kollel ( centre d'études juives pour les hommes mariés uniquement), malgré mon homosexualité. Je ne lui ai rien caché, ni que j'étais marié avec un homme non juif, ni que j'avais été "recalé" par des loubavitch il y a quelque temps, ni mon sentiment de honte, ni mon impudeur en public. Il m'a répondu gentiment et fermement : "Je pense que vous avez tout à fait raison.
Je connais plusieurs homosexuels orthodoxes, mais à ce que je sache en tout cas, eux n’ont pas eu de relation avec des hommes… mais ce n'est pas parce qu'ils ont cette tendance qu’ils doivent quitter la Torah.
Et même si donc vous continuez à faire à ce genre de péchés, ce n'est pas une raison pour ne rien faire.Je ne connais pas de Collel à Paris (je suis à Jérusalem), mais de toute façon ce n'est pas bien d'annoncer sur les toits que vous êtes homosexuel ; c'est une question qui vous concerne vous tout seul"

J'ai besoin d'être cadré par un rabbin. Je n'ai pas été éduqué par mes parents, ils se foutaient de moi, ils me disaient : "bah fais ce que tu veux, on s'en fiche". J'ai fait ce que j'ai voulu, cela ne m'a pas réussi du tout, j'ai sombré dans les ténèbres.

J'en ai vraiment assez d'entendre dire que les juifs religieux sont des sortes de monstres sectaires qui empêchent les autres de s'épanouir. Ils ont une logique différente de l'occident, voilà tout. Le judaisme développe l'idée d'une soumission à la religion, en ne cherchant pas à se différencier de son voisin pour ne pas l'humilier. Evidemment, c'est entièrement contraire aux moeurs occidentales qui poussent à la convoitise, l'apparence, le sexe effrené, la consommation, la compétition, l'orgueil. J'ai donc demandé au rav ron chaya de m'éclairer sur la façon dont je peux devenir plus pudique. Il m'a d'ailleurs dit qu'il m'aurait accepté très volontiers dans sa yéchiva à jérusalem. Je vais tenter de suivre ses conseils : ne pas parler de ce qui est sexuel (aie aie aie, moi qui parle souvent de cul), ne pas montrer sa chair en public et en privé (oups, j'ai une tendance nudiste au lit), ne pas dévoiler son corps trop longtemps dans la salle de bains ( ouille, ouille, moi qui adore me pavaner en me faisant des soins esthétiques). Je veux vraiment tenter de redevenir le gars simple et pudique que j'étais avant, ce côté -là n'a pas complètement disparu sous la couche de vernis (bah oui, je suis bigenre, hein) de provocation qui fut ma vie pendant si longtemps.

Je pense aussi que l'homosexualité n'est pas une raison pour abandonner l'étude du judaisme, j'aime fêter chabbat, j'aime la morale juive, j'ai aussi l'impression que je joue un rôle quand je suis dans la société non-juive, comme si je n'étais plus à ma place depuis quelque temps. Il y a des choses que je ne supporte plus du tout : les centres commerciaux, les réseaux sociaux, les bars, le shopping, le cinéma, les restos...C'est du vide. Je ne peux plus, j'ai besoin de tourner une page. Je ne sais pas si je vais y arriver, encore moins tenir ma résolution, mais je veux tenter le coup. Pour retrouver l'honneur qui m'a été enlevé à cause de cette impudeur forcée.

 

Concernant la tsniout chez les hommes...

Chalom Rav, Concernant la tsniout chez les homme, comment être en temps normale? Et en tant de prière ? Etude? J'ai vu que les hommes pouvaient s'habiller de la manière ou ils ont pas honte devant quelqu'un de pas respectable . Dans un de vos cours vous dite il faut cacher la clavicule ( [...]

https://myleava.fr

 


 Je joins un message reçu de l'association dvar torah, qui m'interpelle tout particulièrement suite à cette note :

"Il faut en effet savoir perdre lorsque l’on peut encore, à la grâce du Ciel, se redresser pour rebondir, au lieu de s’effondrer et abandonner."

Est-ce bien de dire : « Regretter, reconnaître et déclarer sans s’engager à ne plus recommencer serait finalement un encouragement à persister dans la faute » ? Doit-on le comprendre réellement ainsi ?

La Teshouva est un cheminement. Elle ne se réalise quasiment jamais complètement du jour au lendemain, mais plutôt par étapes. Prendre une décision de respecter une Mitzva est important et décisif. En s’engageant, de nouvelles énergies vont naître et, en définitive, HASHEM donnera l’envie, la force, puis la volonté d’accomplir encore une autre Mitzva. Celle-ci, à son tour, donnera l’envie, la force, puis la volonté d’accomplir encore une autre Mitzva, et ainsi de suite. Jusqu’à ce qu’on en vienne à se parfaire dans ce chemin de Teshouva. 

Il n’y a donc absolument pas lieu de désespérer et de se dire que c’est trop difficile de changer. D’autant qu’il y a des situations compliquées qui peuvent exiger bien des efforts et aussi du temps pour être résolues.

On se souvient de l’histoire d’un homme jeune qui avait suivi un séminaire de sensibilisation au judaïsme et qui, à la fin, a décidé de prendre sur lui d’accomplir une Mitzva. Il s’en ouvrit auprès du conférencier qui l’avait le plus impressionné. Celui-ci était perplexe et avait besoin à son tour d’être guidé par un grand en Torah. Il s’adressa à Rav Steinmann zatsal qui lui dit de s’engager à respecter la Mitzva de Kasherouth. Qu’il décide de manger strictement Kasher. Cela exige un engagement certain, qui implique la prise de dispositions claires. Mais si l’on est prêt à s’investir pour réaliser quelque chose de grand, il ne faut surtout pas hésiter. 

Or il s’avère, et c’est la raison pour laquelle de Rav Steinmann zatsal a indiqué d’accomplir cette Mitzva plutôt que toute autre, qu’en mangeant Kasher, tant pour la préparation des repas, la séparation des vaisselles pour le lait et pour la viande que des aliments permis, le cœur se libère. A contrario, manger « Treff » (non Kasher) « Metamtem Eth HaLev » = bouche le cœur, le rend imperméable, littéralement bouché à la compréhension de la Torah et empêche tout accès à notre patrimoine. De sorte que si le cœur est libéré, l’accès à la Torah est ouvert et la compréhension de ce qui est attendu de nous est accessible et fluide. Il est alors possible d’avancer à grands pas vers l’accomplissement de nouvelles Mitzvoth, une Teshouva mieux ancrée et plus complète, qui ne peut que nous rapprocher de notre Créateur. 

Alors c’est vrai que si l’on s’engage à ne plus fauter sans disposer des moyens de compréhension, mais aussi des forces et de la volonté pour y parvenir, on se trouve en porte à faux. Le moyen de s’en sortir et d’être cohérent est de s’engager à accomplir une Mitzva qui, comme on l’a vu, donnera l’envie, mais aussi des forces et la volonté d’en réaliser une autre, puis une autre, jusqu’à une Teshouva harmonieuse et digne de ce nom. Qu’on se rappelle de jamais se décourager, mai au contraire de n’offrir aucune prise à tout ce qui veut nous détourner et entamer notre détermination à progresser. Nous pouvons aussi demander, voire implorer, l’aide de HASHEM pour y parvenir. Nous ne pouvons que souhaiter Behatsla’ha Rabba ! Que chacun réussisse !

Rav Arié Benzaken m’a fait remarquer que ce qui précède ne concerne que « Ben Adam LaMakom », la relation entre l’homme et le Créateur, mais pas la relation « Ben Adam La’Havero », la relation entre l’homme et son prochain. Cela paraissait évident, mais mérite néanmoins d’être précisé.

Il est clair que si l’on commet le moindre tort ou préjudice à autrui, on a l’obligation de le réparer ou de le compenser pour obtenir son pardon. Il s’agit ici d’une relation très différente de celle qui lie l’homme à HASHEM Qui peut tout pardonner, notamment à Yom Kippour, voire à Shemini Atsérèth et, selon les ‘Hassidim, jusqu’à ‘Hanouka. Notons tout de même que « Ben Adam La’Havéro » dépend aussi de « Ben Adam LaMakom » puisque c’est une Mitzva de la Torah « VeAhavta LeRéakha Kamokha » d’aimer son prochain comme soi-même (Levitique 19,18).

 

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3 octobre 2022

le pantaloon

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En tant qu'enfant de stylistes, on m'a toujours dit que le vêtement que l'on porte en dit long sur notre personnalité. C'est d'autant plus vrai pour le pantalon, qui reflète à la fois la montée du féminisme et celle du saphisme. Ce livre m'a toutefois mis par moments un peu mal à l'aise à cause de certains portraits extrêmes de quelques féministes radicales. J'ai retenu surtout les cas de madeleine pelletier et violette morris, très proches des transgenres actuels : la première doctoresse en ethnologie, anarchiste, qui se travestissait en homme tout en détestant les femmes, et la seconde, championne de sport, qui s'est fait retirer les seins, est devenue nazie et a fini assassinée.

Ce livre permet de connaître l'histoire houleuse du féminisme au travers le port du pantalon, qui était considéré comme un travestissement menant à la confusion des sexes, l'invertion sexuelle. Il était seulement admis pour les femmes pendant la période du carnaval et pour des cas exceptionnels de santé, sur autorisation de la police. Cet ouvrage aborde donc à la fois le féminisme et l'évolution du genre. Il m'a permis d'ailleurs de découvrir des ouvrages intéressants sur l'homosexualité.

J'ai été passionné par tous les chapitres de ce livre, surtout les 18e et 19e siècles, mais j'ai décroché à partir des années 1960. Tout simplement parce que, même s'il est nécessaire de comprendre la force symbolique du pantalon, il n'en demeure pas moins qu'aujourd'hui il est synonyme de grande vulgarité. L'unique argument pour vendre ces pantalons moulants se résume en deux mots : "être sexy". Bien que le pantalon ait été synonyme, jusqu'à Chanel, d'affranchissemt des femmes considérées comme des escalaves, désormais le pantalon est tellement moulant que ça fait des silhouettes dégueulasses, en plus d'attirer les pervers. A mes yeux, le pantalon actuel est un avilissement des femmes et jeunes filles, qui sont par ailleurs de plus en plus non binaires (pas de seins, pas de ventre, pas de hanches, pas de cheveux, aucune coquetterie). Je respecte davantage les femmes qui mettent des jupes correctes, décentes, droites ; il n'y a rien de passéiste à revendiquer un retour à la pudeur des femmes, ce qui ne signifie pas du tout les enfermer dans un carcan. La vraie prison des femmes aujourd'hui, c'est ce pantalon sexy qui les humilie bien davantage que les jupes longues.

Notons que le terme "pantalon" dérive à l'origine du personnage de commedia dell'arte nommé "pantaleone", comme si finalement le pantaloon était une mauvaise blague...

Je suis très mitigé à l'égard du féminisme. D'un côté,je suis entièrement pour, parce que c'est un droit humain au même titre que le droit des enfants, celui des animaux, celui des gens de couleur, celui des handicapés, celui des homosexuels... Mais d'un autre, ayant grandi avec une mère qui, au prétexte de se dire féministe et moderne, refusait de s'occupait de son foyer, ne parlait pas à ses enfants, ne cuisinait pas, ne faisait pas les courses, détestait les garçons, passait son temps à regarder la télé, à fumer des clopes, à parler mal, à se plaindre d'être "condamnée" par sa maternité à rester à la maison, je ne vois pas comment je peux respecter ces nanas-là qui sont la majorité des femmes d'aujourd'hui. Quand votre propre mère vous dit, à 12 ans, au nom d'un prétenu féminisme : "avec ton père je ne voulais pas d'enfant, j'aurais préféré avoir une fille, je ne t'ai jamais donné le sein ça me dégoûtait"...

 

3 août 2022

mes romans gays

J'ai décidé de proposer mon roman "le requiem du danseur" au prix du roman gay 2022. Non que j'espére détenir ce prix littéraire, mais c'est le meilleur moyen d'être lu. Je vais envoyer ce même ouvrage ,ainsi que "la destinée du cygne noir", à la bibliothèque du centre LGBT de paris. Je me suis rendu compte que beaucoup de bibliothèques et librairies généralistes sont frileuses quant à avoir des romans gays dans leurs rayons. Est-ce justifié ou de la discrimination ? Pour ma part, j'ai voulu publier des romans qui abordent l'homophobie et ne ciblent pas exclusivement un public gay. Il y a des scènes de sexe, oui, mais mon but n'a jamais été d'être vulgaire. Comme je ne veux plus mettre les pieds à la gay pride qui, à mes yeux, est devenue un lupanar géant, je préfére militer à ma manière, c'est à dire en écrivant. J'espère que mes deux romans sauront trouver des lecteurs ouverts. Je sais qu'il y a déjà eu des ventes, mais mon objectif n'a jamais été de publier des "livres vendeurs", au contraire je mise plutôt sur une certaine sensibilité, voire un humanisme, pour tenter, dans une moindre mesure, de faire avancer les mentalités au sujet de l'homosexualité. D'ailleurs, j'ai écrit en pensant être lu par des jeunes. Mon rêve, c'est d'être lu, tout simplement. Lu, compris, entendu, aimé si possible. Et, dans l'idéal, devenir un roman de référence sur le thème de la transidentité et du viol d'homme. Comme on ne m'écoute pas quand je parle de cela, j'ai décidé de témoigner en écrivant.
C'est un honneur que mes ouvrages se retrouvent à Beaubourg.

destinée du cygne noir alexandre nolet sur www.edilivre.com

16 juillet 2022

Soldes de non binaire

Cela fait plusieurs mois que je n'ai pas abordé ma non binéarité. Qu'en dire, aujourd'hui ? Cette sitation n'évolue ni dans un sens ou un autre, disons que j'ai des phases, des périodes pendant lesquelles je me sens homme et d'autres femme. J'ai acquis la conviction que ça ne partira jamais de moi, faut que je fasse avec. J'essaye de ne plus me rendre malade avec ce ressenti bigenre si étrange. Je m'étais même acheté des instruments bouddhistes pour équilibrer l'aspect masculin et l'aspect féminin de mon moi. En tout cas, pendant plusieurs mois je me suis senti homme. Du moins, je refoulais mes phases femme. Le problème, c'est que quand je refoule cet état de schizophrénie, ça ressort d'un coup, sans crier gare. C'est ce qui s'est passé avec les soldes. Rien de grave, mais c'est à ce genre de détails qu'on voit que je suis bigenre.

Depuis la crise du covid, j'ai la manie de changer de déco chez nous. Je redécore... tout. Même les wc lol. J'ai trouvé un siège de wc en velours qui permet de ne pas avoir mal dans le bassin quand on s'y assied. Eh oui, on n'y pense pas toujours mais moi qui ai des douleurs fréquentes dans le bas du dos, je peux dire que mes fesses apprécient la douceur du velours ... Sans parler du tapis épais et doux spécial "contour wc" pour poser avec soulagement ses pieds nus...J'ai aussi trouvé des robes de chaises. D'habitude, je vois ou des coussins moches de chaises, ou des housses qui camouflent seulement le dos. Or là, j'ai trouvé des housses longues bordeaux qui donnent un renouveau aux chaises un peu abîmées en les couvrant entièrement . Je rajoute un coussin, et hop, que du moelleux !En plus ça donne un style baroque que j'adore.


Je me suis aussi trouvé des équipements sportifs, en bénéficiant d'énormes promotions, 70 et 80 pour cent. Ce sont des petites choses en apparence anodines, mais qui en fait renforcent la musculature. Avec l'entraînement de danse ressortent mes anciennes douleurs au genou, aux chevilles et au bassin. J'ai donc opté pour un renforcement musculaire à base de gym. J'ai acheté un ballon de pilates de 75 cm de diamètre, qui me permet de retrouver ma souplesse. Je m'assieds dessus, roule de façon à ce que mon dos colle complètement au ballon tout en gardant les pieds au sol, ce qui assouplit les chevilles. Je reste ainsi 3 ou 4 secondes, les bras étendus sur le côté et me relève en croisant les bras. Ensuite, je me mets debout, roule en avant de manière à ce que mon ventre colle complètement sur le ballon, mes pieds sont déroulés, je reste une seconde maxi et reprends ma position debout très vite en gardant les jambes droites. C'est un formidable exercice d'équilibre et de concentration. ça paraît facile, mais une fois j'ai entendu un bruit, j'ai été déconcentré une seconde et ça a suffi pour que je glisse du balllon et tombe sur les genoux.Je me suis aussi trouvé un step. Je fais des mouvements basiques, mais c'est excellent pour là encore assouplir les chevilles. D'ailleurs, les danseurs se servent du step pour apprendre certains pas de danse comme le twist, le charleston ou les pas de liaison en danse classique. A tout ça, j'ai ajouté une petite haie qui me permet de faire rapidement les pas de côté, en me déhanchant sans me faire mal.


Pendant les soldes, j'ai eu également un gros, très gros, coup de coeur pour des pantalons faits par une créatrice, dans son atelier en alsace. L'un est effet cachemire avec motif fleuri, l'autre en tissu punto di roma, vert, très confortable et original. Vraiment, je ne supporte plus du tout de m'habiller comme tout le monde.


Bref, bref, voilà, avec toute cette gym, cette déco et ce tissu, bah je me sens pas toujours homme, hein ! Remarque, c'est l'avantage quand on est homosexuel , on peut se permettre d'avoir des activités et coups de coeur féminins, on trouve ça normal, "pour un pédé" !

20 février 2022

lgbt et détresse

Ma fille trouve que je fais ma crise de la quarantaine. Probablement, oui. Quarante ans, c'est l'âge des bilans. Et les miens ne sont pas fameux.
Depuis l'an dernier, je m'éloigne considérablement des lgbt. Aujourd'hui, j'en suis au point de ne plus supporter de voir des photos de mecs ensemble, sauf s'il s'agit de tendresse. Mais les images choc, provocatrices, me font l'effet d'un heurt. Je détourne les yeux car ça me rend malade. Cela a de quoi surprendre, moi qui ai passé plus de 20 ans à me définir comme gay provocateur. Alors, qu'est-ce qui se passe en ce moment ?

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Difficile de faire réellement le point, de trouver les termes exacts pour décrire ce que je ressens. C'est en réalité un amalgame de situations qui fait qu'aujourd'hui, à 39 ans, je rejette la communauté lgbt.


Ces derniers temps, mon moral est descendu un peu plus chaque mois, au point de toucher le fond ce mois-ci. ça ne va un peu mieux que depuis la saint-valentin.
Fin janvier, je suis allé boulevard magenta afin de voir une personne pour mon spectacle de danse. Ce quartier est assez pouilleux. Je ne sais pas comment je me suis démené, mais après mon rendez-vous je me suis perdu dans le coin des prostituées. Impossible de retrouver la route du métro, c'était peut-être dû à ma migraine. Je fais une fois, deux fois, trois fois le tour comme un con. Puis j'entends quelqu'un me parler. Je me retourne. Un type baragouine quelque chose que je ne comprends pas bien, il a un accent. Mais en quelques secondes, je finis par comprendre : il veut que je monte chez lui. Il regarde fixement mon cul, avidement même, trépigne comme un chien en rut quand il me dit "j'habite là, viens, viens chez moi" puis il redirige ses regards de vicelard sur mes fesses. J'ignore s'il était une pute ou s'il me prenait pour une pute. Je me suis tiré, mais j'ai gardé toute la journée la sensation d'être sali. Quand je suis rentré chez moi, je suis allé droit au dressing

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et me suis regardé dans la grande glace pendant un quart d'heure pour voir ce qui avait pu susciter chez ce taré tant d'envies juste en me voyant dans la rue. Ma bouche charnue qu'on imagine anus? Mes yeux verts où on y lit de la provocation sexuelle ? Qu'est-ce qu'il a mon cul de si spécial ? Parce que je n'ai pas le cul flasque, parce que j'ai un cul de danseur ? Ensuite je me suis douché. Douché, lavé du regard de l'autre. C'est le regard des autres, salissant, humiliant, qui m'a rendu maniaque.
Ce genre de rencontres gays, j'en ai vécues toute ma vie des semblables.
Je n'en parle plus car on me prend pour un menteur, genre " ce gars, il est tellement narcissique , il se croit tellement beau qu'il croit que tout le monde veut le baiser". Sans m'en rendre compte sur le moment, j'ai fait ce que toutes les victimes de viol font : j'ai culpabilisé. Au lieu de me dire que ce gars était un gros pervers, je me suis naturellement dit que c'était de ma faute. La faute au jean moulant que je portais ? La faute au manteau en peau retournée qui m'arrivait à la taille et laissait voir la forme ronde de mon cul ?


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Quand j'étais très jeune, je ne savais pas dire non. Et à ce genre de gars, je disais oui. Pas parce que j'en avais envie, mais parce que j'avais peur de leurs réactions. Cela me vient de ma mère, quand elle me frappait, elle a distillé en moi cette peur horrible qui me figeait, qui paralysait mon kit de survie. Alors on me baisait dans la rue, comme un chien, comme une pute.


Cette rencontre fin janvier fut le catalyseur d'une dépression nerveuse qui me pendait au nez depuis les confinements. Je sentais mon moral s'enfoncer chaque mois un peu plus, notamment à cause de déceptions-trahisons sentimentales, mais je me relevais. Puis j'ai commencé à pleurer de plus en plus souvent, à voir ma phobie sociale s'accentuer, à picoler de trop pour oublier(sans succès), à penser tous les jours au suicide. Je ne réussissais à me lever que pour continuer en visio le spectacle de danse. L'ambiance était un peu tendue à la maison, la classe de ma fille était fermée à cause du covid, elle était donc ici à suivre ses cours sur tablette, mon homme donnait ses séances de psychologue sur ordinateur. Pour ne pas être un poids, je me suis replié dans ma coquille, dans mon coin. Je me suis isolé, principalement dans la chambre, à lire, manger une connerie de temps en temps, choyer ma miss conneries qui a eu quatre morsures à l'arrière-train et à la queue suite à une bagarre. Je m'allongeais, je regardais le plafond, je me souvenais, je réfléchissais et je pleurais. J'ai réalisé alors que les gens m'avaient tué. Que fréquenter la communauté lgbt a été la plus grosse erreur de ma vie, parce qu'elle m'a poussé à paraître ce que je ne suis pas, ce que je n'ai jamais été, qu'elle a généré en moi énormément de détresse. J'ai toujours voulu être quelqu'un de bien, quelqu'un de sérieux, un intello. J'ai une licence en

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philosophie, mais tout le monde s'en fiche. Je lis beaucoup, mais on s'en fout. J'aime visiter les musées, les châteaux, aller à des conférences, des expositions, mais on s'en fiche. On s'en fiche parce que ce alex là est solitaire, pas très marrant. Moins marrant en tout cas que le alex gay à moitié pute qui se shootait pour sembler cool aux autres. Moins drôle que le alex non binaire avec ses fringues de nana.
Ce alex-là, je n'en veux plus jamais. Il me fait trop honte. Ce alex-là est un faux moi qui ne m'a apporté que de graves problèmes.
Que sont mes derniers souvenirs de la gay pride ? Un gars qui danse sur un abribus, en montrant bien en évidence au public son cul dans son pantalon moulant; une nana sur le char qui retire son t-shirt, laisse voir les seins nus, des gamines lesbiennes qui hurlent de désir sexuel refoulé en la mattant; 5 gars d'environ 18-20 ans qui font semblant de faire une orgie en disant à voix haute : "on s'encule, et on s'encule !!"; deux nanas hyper agressives qui m'ont à moitié insulté parce que j'ai osé leur demander où étaient les drapeaux arc-en-ciel. Les drapeaux arc-en-ciel, parlons-en, tiens, pas de quoi être fier. Les couleurs ne renvoient à aucune fierté mais à ce qu'il y a de plus pervers, de plus écoeurant : dans les années 70 ans, des bandanas de différentes couleurs (noir, rouge, jaune, bleu....) étaient portés par des gays qui spéficiaient chacun leur trip sexuel : telle couleur pour les scatos (ceux qui aiment les excréments), telle couleur pour les uros (ceux qui aiment l'urine), telle couleur pour les SM (ceux qui aiment se faire frapper), telle couleur pour ceux qui cherchent juste de la sodomie, telle couleur pour ceux qui voulaient juste du sexe oral... Et nous, on porte ce drapeau multicolore en parlant de "marche des FIERTES" ??? Mais où est la fierté?!

J'en suis à un point aujourd'hui, je ne suppporte plus qu'un mec me touche, me regarde, me parle, autrement que s'il s'agit d'un contact purement professionnel. Le seul

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gay à quoi j'autorise tout ça, c'est mon mari. Lui non plus n'a jamais aimé la communauté lgbt, il s'est aussi rendu compte de tout le mal (involontaire) qu'elle produit chez les jeunes homosexuels. On nous incite à prendre du poppers, c'est presque un rite d'initiation, cette drogue qui dilate l'anus afin de se faire sodomiser à fond comme dans un film porno. C'est ça, se sentir fier d'etre gay ? ...


J'ai écrit deux livres sur l'homophobie, je ne suis donc pas contre l'homosexualité. Mais la communauté lgbt ne veut pas entendre parler des viols de mecs perpétrés par des gays, le dénoncer est pour elle une façon de renforcer l'homophobie. Or c'est une réalité. Et une réalité d'autant plus douloureuse qu'elle n'est écoutée par personne. J'ai regardé des associations gays sur internet, mais aucune ne dénonce les violences entre gays.J'aurais aimé tenir d'autres propos moins sinistres sur les lgbt, mais je ne peux pas faire comme si je n'avais pas fait de mauvaises rencontres. La seule personne qui m'empêche de sombrer définitivement dans le cynisme, c'est mon homme. Lui pour qui sa bisexualité n'a jamais été un souci, lui dont la mère a été sexologue, n'a jamais été aussi vulgaire que bien des gays que j'ai rencontrés !
Le jour de la saint-valentin, j'ai beaucoup pleuré. J'ai éclaté en sanglots dans ses bras tellement je culpabilisais de l'avoir trompé aussi souvent. J'ai réalisé que le couple libre est une vraie connerie, au même titre que la communauté lgbt est une illusion pour s'épanouir individuellement. On m'a toujours poussé à collectionner les amants. On me disait : "regarde comme tu es canon, tu ne vas pas gâcher ton corps d'éphèbe avec un seul mec !" Et moi, je suis tombé dans le panneau. L'égocentrisme m'a fait me noyer dans la mare qui me renvoyait mon reflet, comme Narcisse. J'ai perdu mon énergie et mon temps avec des mecs dont j'ai à peine le souvenir alors que j'avais le bonheur chez moi, dans mon couple. Je m'en veux terriblement. Matthew est la seule personne qui me respecte comme je suis, il ne m'a jamais forcé à paraître plus pute que je ne le suis en réalité. Et aujourd'hui, je comprends que je ne peux pas vivre sans lui. S'il venait à mourir, je serai incapable de survivre à son absence. Avoir pleuré, et pleuré, dans ses bras le jour de la saint-valentin, m'a fait du bien. J'avais besoin de le toucher, qu'il me touche, je me suis senti vivant entre ses bras. Il est bien le seul à savoir me redonner le sourire.
J'aimerais tellement dire qu'il y a des valeurs homosexuelles, mais j'ai bien peur de me tromper. Les gays ne parlent que de cul : sucer, enculer. On dirait des putes, je ne veux plus être associé à eux. Je ne veux même plus qu'on me parle d'homosexualité. Je veux redevenir l'homme que j'aurais dû être si je n'avais jamais mis les pieds dans cette foutue et illusoire communauté. Puis aussi, j'ai beaucoup de mal à oublier cette relation destructrice que j'ai eue pendant deux ans avec un trans. Il a profondément bafoué ma confiance, sali la notion d'amitié. J'ai naivement cru que c'était une bonne personne, je ne le jugeais pas du tout sur sa transidentité. Et un jour j'ai compris la triste réalité de son comportement bizarre : il s'est servi de moi pour obtenir son changement d'état civil. Tout le temps qu'a duré la démarche administrative, il a fait semblant de m'apprécier, d'être mon ami, voire d'être amoureux de moi. J'y ai cru. J'ai envoyé mon témoignage au tribunal de justice, ce qui a pesé lourd dans son dossier et la décision judiciaire. Dès que la réponse a été positive, il a cessé le contact avec moi du jour au lendemain. Il n'avait plus besoin de moi. Il m'a complètement manipulé, il me faisait croire qu'il avait besoin de tendresse, d'humanité alors qu'en fait ce type est totalement sado-maso, qu'il se faisait tatouer le corps parce que l'aiguille l'excitait.. La fois où on a couché ensemble, on avait pas mal bu. Il m'a dit au lit : "vas-y, fais-moi mal". Je lui avais parlé des viols que j'avais endurés, il prétendait avoir de la compassion alors qu'en réalité ce que je lui racontais le faisait fantasmer. Il me demandait des détails sur ce qui s'était passé. Je suis écoeuré. Quand j'ai appris cet automne qu'il s'était fait agresser dans la rue par deux ados, je n'ai pas cillé. Lui aussi fait partie de ces salopards qui m'ont éloigné des lgbt. C'est bien triste à dire, mais je pense qu'il est représentatif des lgbt : violent, faux, pervers, prétentieux.


La seule chose qui m'aide à reprendre goût au quotidien, c'est qu'aurore soit venu me voir pour me dire qu'elle m'aimait et que j'étais un père pour elle. Je l'ai prise dans mes bras, embrassée sur les cheveux et j'ai pleuré. De joie,cette fois-ci. Je pense que mon homme a dû lui dire que je me sentais très mal, qu'aurore devait être plus gentille avec moi, mais son geste n'était pas emprunté ni superficiel. Merci ma aurore. ça ne doit pas être facile tous les jours pour elle de vivre avec deux pères...


humeur : triste

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14 septembre 2021

bugs bunny in drag

Voilà un cartoon que je regardais étant enfant et qui désormais m'apparait sous un tout autre angle. En effet, dans les années 1930 les dessinateurs mettaient en scène des personnages queers.

"A cette époque, presque tous les studios, majeurs comme mineurs, semblent avoir produit des dessins animés avec des personnages queer. Pourtant, la majorité de l’industrie de la bande dessinée et de l’animation a été dominée dans la première moitié du XXe siècle par des hommes blancs et hétérosexuels, qui perpétuaient les mêmes clichés sur les homos, les femmes ou les Noirs... En réalité, beaucoup d’entre eux étaient aussi influencés par les spectacles de music-hall, très populaires à l’époque. Beaucoup de comédiens très connus s’y travestissaient, c’était devenu un gag récurrent. Les dessinateurs ont incorporé cet humour dans leurs œuvres. C’est pour cela que Bugs Bunny se travestit si souvent dans ses films ! Certains spectateurs se demandent même aujourd’hui s’il ne peut pas être considéré comme un véritable personnage transgenre !"

 

 

4 septembre 2021

confusion

En ce moment, dans mon coeur et ma tête, c'est la confusion. Tout un tas de pensées, de souvenirs se mêlent à des émotions négatives. Je suis à cran. Pour diverses raisons. Les énumérer me semble fastidieux, mais je vais essayer de le faire pour éclaircir les ténèbres qui sont les miens :


- l'émancipation de ma fille me pèse plus que je ne l'aurais cru. Son indépendance est normale, elle a 17 ans, mais je me sens un peu seul depuis qu'elle a son petit copain. L'an prochain, elle sera majeure, ira à l'université. Elle commence sa vie de jeune femme. Du coup, je me sens vieux. ça me tombe sur la gueule comme une crotte de pigeon.


- je ne supporte plus mon homosexualité. Je m'en sens la victime. Je la vis comme une sorte de folie, de maladie. Je me sens pute. Cet été, j'ai écrit un récit qui s'appelle "la grimace". Il fait partie intégrante de ma saga sur l'homophobie qui va bientôt être publiée. "La grimace" était le nom donné à une catégorie de mon premier blog, tenu sur 20 six, où j'y parlais de mon rapport difficile avec ma mère. La grimace, c'est elle. Quand j'ai écrit cet été, je me suis senti soulagé, parce que je me suis souvenu des débuts de mon homosexualité, avant que je ne me sente pute. Avant de me droguer. Avant d'être violé. En revanche, je me faisais déjà agresser à 12 ans à cause de mon aspect féminin. Tous ces souvenirs m'ont permis de me rendre compte que je ne supporte plus mon homosexualité, je la vis très mal malgré ma situation d'homme marié. Du coup, je tente de me redéfinir en tant qu'homosexuel, loin de l'image cradingue. Je ne sais plus où j'en suis, ni qui je suis.


-je suis dans une période binaire, depuis plusieurs mois. Dans ces moments-là, je ne supporte plus de voir mon reflet. Parce que je sais qu'un jour ou l'autre, je vais retomber dans une période non binaire. J'ai parfois l'impression d'être à moitié schizophrène. Parfois, il m'est arrivé d'avoir des trous de mémoire quant à certains gestes que je fais. Comme des absences. Cela ne m'arrive pas souvent, heueusement, mais je me pose des questions sur mon cerveau.


-je suis panier percé en ce moment, j'ai acheté beaucoup d'artisanat. J'achète pour éviter de chialer comme une madeleine, pour éviter de ressentir le mépris que j'ai pour moi.J'essaye de redorer un peu mon blason, de mettre un peu d'élégance dans ma vie. J'ai toujours voulu être comme mon homme. Il est flegmatique, calme, sociable. Pas perturbé comme moi. S'il ne m'avait pas demandé en mariage à 22 ans, je serais mort. Mort de honte, et mort tout court. J'avais prévu de me suicider. J'avais écrit une lettre à mon frère pour lui dire que je l'aimais. Quelques heures à peine plus tard, j'ai fait une crise d'épileptie à cause de la drogue. C'est ce qui m'a sauvé de la mort. Matthew a tant flippé à l'idée de me perdre qu'il a demandé ma main. J'ai dit oui, avec des larmes de joie aux yeux. Jamais je n'avais espéré devenir quelqu'un d'aussi important à ses yeux, ses beaux yeux bleus acier.


- je repense beaucoup à la cocaine. Peut-être ai-je l'envie d'en reprendre. Je ne le ferai pas, car avec l'anticoagulant que je suis obligé de prendre, je ferais direct une crise cardiaque ou un avc. Alors je me contente de me souvenir. Bien souvent, je me dis qu'on est un drogué à vie. Même quand on arrête physiquement, on ressent toujours une certaine dépendance émotionnelle. On a besoin de se défoncer d'une manière ou d'une autre, pour oublier. S'oublier, oublier les autres, oublier la société que je ne supporte plus. La modernité me fait peur.Je ne me sens pas à ma place. Les gens me mettent mal à l'aise, avec leurs obsessions. J'ai besoin de fuir, de vivre ailleurs mentalement. Voir les visages me cause des heurts, des blessures. Je ne vois plus des visages, des identités, mais des trognes patibulaires. On me dit que je suis fragile, perturbé. Je suis surtout fatigué. Et las d'être rejeté pour ce que je suis et ce que je ne suis pas.


-J'ai besoin de faire une pause. Mais une pause avec quoi ? qui ? Je n'ai plus 20 ans, je me sens terriblement las. Je ne veux plus lire de livres modernes, ils me donnent la nausée. Je n'aime ni les couvertures trop réelles, ni le ton provocateur idiot des phrases. Je n'y arrive plus, je suis arrivé à un point de non -retour. Avec le port du masque, j'ai pris l'habitude de ne plus faire semblant de sourire. Car avant le covid, je souriais constamment. Pour cacher mes véritables sentiments et réactions. Cacher mes peines, mes hontes, mes chocs, mes larmes. Sourire, pour éviter de pleurer et hurler de détresse. Faire une pause avec moi meme me semble irréalisable, comment faire sans tomber dans un abîme de paradoxes asphyxiants ? Comment rester cohérent si je suis dans le flou ? Envie de faire une pause avec tout.

- je songe très souvent à ma jeunesse, mon adolescence, comme si ça pouvait combler un manque. J'étouffe, j'aspire à retrouver une liberté que je ressens plus, je me sens coquille vide. Je repense à mes 17 ans exactement, l'âge de ma fille, et me dis que je n'étais qu'un sale con. Sale con mais libre. Aujourd'hui j'ai une vie d'époux, de père, je travaille, je paye les factures, je fais des spectacles de danse. Mais après, est-ce que je me sens épanoui pour autant ? Pourquoi est-ce que je me sentais plus libre avant ? Parce que je n'avais aucune responsabilité ? Pour moi, être libre signifie-t-il être dénué de toute responsabilité ? J'ai toujours eu une personnalité compliquée, complexe, à la fois grave et légère. D'une certaine manière, je suis en train de m'aduler au travers des souvenirs sûrement déformés par le temps. A l'époque, je n'étais pas heureux. A 38 ans, pas plus. Envie de tout envoyer valser, de partir vivre en roulotte, qu'on ne me fasse pas chier. Je bouillonne. Mais le remords, l'envie de retrouver mon homme est la plus forte. Besoin de stabilité, d'un foyer, d'un abri qu'on ne me refuse pas.


- je me sens comme un raté. Danser est pour moi l'unique issue qui me permet de respirer. Mais j'arrive à l'âge de la retraite. Avoir quitté ma vie à montréal, ma famille, mes amis, pour me retrouver ici à paris, dans un pays que je n'aime pas, me bousille intérieurement. J'ai le mal du pays, je ne me sens chez moi qu'au canada. Les français me sont étrangers. Danser me permet de m'évader, m'envoler, redonner un peu de classe à celui que je n'arrive pas à être. Un bien triste vilain petit canard.

30 août 2021

Où sont les amis ?

Hier, nous avons vu manu. Je ne voulais pas le voir seul, après 16 ans d'absence. Mon mari et ma fille m'ont accompagné. C'était une manière de montrer à manu que j'avais changé, que je n'étais plus le mec facile d'autrefois. Mais il n'a eu aucune parole déplacée. Il m'est apparu tout à fait clean. En 16 ans, il en parcouru du chemin : il a perdu son conjoint dans un accident de voiture il y a 4 ans, après 8 ans de vie commune. Ils étaient pacsés. Manu m'a parlé comme à un ami, non à l'amant que j'étais épistolairement pour lui, à l'époque. Je lui en suis reconnaissant, car je me suis senti plus en confiance. Je ne voulais pas qu'il y ait trop d'intimité entre nous, même si je n'avais qu'une envie : le prendre dans les bras et lui faire d'énormes bisous sur les joues. Il m'a tellement manqué quand je vivais au canada... Mais comme il avait l'habitude de pas donner de nouvelles pendant parfois plusieurs mois d'affilée, je ne me suis pas inquiété de son silence. Puis j'ai fini par l'oublier. Pas complètement du reste, car son amitié me manquait. On se connait depuis l'âge de 8 ans, à l'école de danse. Puis, à l'adolescence, il a été mon premier amour. Mon premier vrai chagrin, aussi, puisqu'il voulait qu'on reste seulement amis.



018J'ai passé une très agréable journée en sa compagnie, dans sa maison de banlieue parisienne. Il nous a emmenés chez un chocolatier. Les chocolats sont excellents, de vraies oeuvres d'art ! Par contre, dans la soirée, j'ai eu une très mauvaise surprise. Je me suis connecté sur twitter et j'ai contacté "l'amie trans" dont j'ai déjà parlé par le passé. Après la gentillesse de manu, je me suis heurté à la froideur de l'autre, son indifférence. Quand j'ai voulu comprendre son silence depuis 2 mois, il m'a donné un prétexte bidon qui m'a énervé. On s'est bloqués mutuellement. Voici comment se terminent deux ans de prétendue "amitié" avec cette personne. Je me suis rendu compte à quel point c'est quelqu'un de prétentieux, superficiel, violent, fourbe. Il est prêt à agresser ses propres parents parce qu'ils ne comprennent pas sa transidentité. Il est fou. Pourquoi parler avec quelqu'un régulièrement, pour au final se rendre compte qu'on est de parfaits étrangers qui n'ont rien à se dire ? L'hypocrisie me rebute au plus haut point.

De toute façon, je boycotte de plus en plus les réseaux sociaux. J'ai rencontré trop de gens qui veulent savoir si j'ai un compte instagram / facebook/twitter, non pour faire ma connaissance et savoir ce que j'ai dans la tête, mais pour matter ma vie, ma tête par voyeurisme. ça me gonfle grave, là. Je suis nostalgique de l'époque où internet n'était pas omniprésent dans nos vies. Je ne veux plus nouer d'amitié avec qui que ce soit jusqu'à nouvel ordre.


Du coup, je n'ai dormi que 3 heures. En plus, j'ai fait un cauchemar. Un mélange d'absurde et d'horreur. Je parlais aux animaux, et on entrait dans une cabane. Je leur demandais pourquoi j'attirais autant le malheur, la poisse. Un lapin se mettait alors à renifler l'air puis me disait : "ça ne vient pas de toi, mais de ceci", et il me montrait une tête de cerf empaillée au-dessus de moi. Il mettait sa patte à l'intérieur et quand il la retirait, elle était ensanglantée. "Il y a eu la mort ici, il faut jeter les autres". Alors je jetais les autres animaux empaillés. Je me suis réveillé avec une folle envie de devenir vegan...J'ai fait quelques recherches et il s'avère que quand on rêve d'un trophée de chasse empaillé (surtout un cerf), cela signifie une liaison décevante et conflictuelle, voire la disparition d'un ennemi hautain...

 

 

19 avril 2021

papa rabat-joie

Rabat-joie. Vieille école.


C'est ce que me reproche ma fille depuis quelque temps. La connaissant, je sais ce que ce n'est pas méchant, mais j'ai préféré la remettre à sa place. Elle a un bon fond, mais a un peu trop tendance à me voir comme le "papa copain". 
Elle considère mon mari comme son père. Après tout, c'est lui qui l'a adoptée. Et il est plus âgé que moi de dix ans. Moi, j'aime aurore comme ma propre fille, tout autant que mon fils lorenzo, mais elle prend avec moi une liberté de ton qu'elle n'a pas avec matthew.

Je lui ai toujours permise d'être plus franche avec moi, j'ai toujours été moins sévère avec elle. Mais depuis qu'elle se forme comme future jeune femme, je suis un peu mal à l'aise parfois. Tant qu'elle était enfant, on lui enseignait certaines choses, on la cadrait. Maintenant, elle a son propre jugement, on ne peut plus l'éduquer de la même façon qu'à l'âge de 10 ans. Je n'ai jamais utilisé l'autoritarisme comme forme éducative , toutefois je ne veux pas être le "papa copain" trop permissif parce que sinon aurore va devenir capricieuse.

Ce qui me pose problème, c'est qu'elle voit bien comment je suis avec mon homme. Elle a compris que j'étais non binaire, que je n'avais pas hyper confiance en moi, que je suis soumis à mon homme. C'est lui qui décide dans notre foyer. Il n'est pas violent, mais a une autorité naturelle qui fait que je m'écrase assez facilement. Et aurore a un peu tendance à en profiter en venant me voir pour obtenir ce que mon homme lui refuse.ça a marché, remarque.

Mais depuis plusieurs mois, depuis la crise du covid en fait, je me replie sur moi meme, je rentre dans ma coquille. J'ai des périodes de phobie sociale plutot pénibles qui ont changé mon caractère par rapport à l'an passé. Je préfère rester dans mon coin, lire, écrire, étudier un texte. C'est ma "vraie" personnalité qui ressort, celle que je n'ai jamais aimée, celle que je me suis évertué à tuer pendant des années tant j'en ai honte.

Pourquoi j'ai si honte d'etre sérieux ? Parce que , quand j'étais à l'école, je me suis fait agresser à cause de ce sérieux. Pendant un an au collège, puis pendant un an au lycée, j'étais le bouc émissaire de la classe. Ce harcèlement m'a marqué profondément. Puis il y a eu une "amie" qui m'était chère et qui m'a largué comme une merde à 18 ans à cause de ce sérieux. Bref, j'ai perdu beaucoup à cause de ce coté intello. Voilà pourquoi j'ai tout fait pour devenir une autre personne, quitte à etre caricaturale dans mon homosexualité. Seul mon homme a vu au-delà de mes apparences trompeuses. Il aime la personne sérieuse que je suis, mais moi je ne m'aime pas.

Papa rabat-joie, c'est clair.

 

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1 avril 2021

le requiem du danseur : les dessous de mon livre

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Mon roman va sortir officiellement au public début mai, mais il est dès à présent en pré-commande. 


Je suis très fier de la couverture. Plus qu'une couverture graphique, c'est un avatar. Il dit beaucoup du roman. 
J'ai mis mon livre dans la catégorie "érotique" mais c'est avant tout une histoire humaine. 
C'est l'histoire de camille, un jeune homme perdu entre sa toxicomanie et ses désirs de volupté. Camille, c'est moi quand j'avais 20 ans. 

Je suis fier d'avoir publié un roman érotique. C'est une revanche. Ma mère, qui était clairement puritaine, me traitait de pervers parce que j'osais me donner du plaisir à 12 ans. Pour elle, c'était le vice incarné.  Ma mère, dont les gifles se transformaient trop en coups de poing me faisant éclater la lèvre inférieure.

Avec ce livre, j'essaye de parler des drames que j'ai connus : le viol, l' homophobie, la maltraitance, la transidentité qui en a découlé, la dépendance à la cocaine et au sexe. 
J'ai écrit ce roman pendant le 2e confinement, très vite, les mots sortaient spontanément. J'ai réussi à mettre en scène des souvenirs douloureux.

Le prologue n'a pas été inventé. C'est un moment vécu. Notre fille avait 13 ans, elle se faisait influencer par des potes homophobes, quand on habitait montréal. J'ai écrit ce livre pour elle, pour qu'elle ne me juge pas sur ma non-binéarité. Mais aussi pour mettre en garde bien des jeunes contre la drogue. Se droguer semble un jeu, mais les conséquences en sont extrêmement destructrices. J'en suis un survivant.

J'aime me représenter sous l'aspect d'un ange-danseur sado-maso. Les ailes font référence à mon tatouage dans le dos mais aussi à "l'envol noir" que créait en moi la cocaine. Les ficelles noires forment à la fois de la lingerie féminine sexy (bas avec jarretelles , slip et corset en cuir) et des fils de marionnette. Le personnage de camille est balancé d'un extrême à l'autre, comme un pantin. Puis la lumière rouge du feu qui détruit, purifie et illumine (qui fait aussi référence à une scène SM à la toute fin du livre).

Ecrire ce livre a été pour moi une délivrance. 
Ce n'est que la 1e partie.

L'équipe graphique a fait du bon boulot. Remarque, pour 150 euros, ça vaut mieux. En envoyant  le contrat, j'avais donné toutes mes indications graphiques. Une couverture personnelle qui en dit sur long sur moi, quand j'y pense.

Au-delà de la romance gay érotique, c'est avant tout une histoire humaine et une histoire d'amour. L'histoire de ma rencontre avec mon homme, celle qui a sauvé ma vie.

Camille est un jeune homme en quête d'identité et de sensations fortes, il s'aventure dans les ténèbres de la dépendance au sexe.

Romance mettant en scène un apprenti danseur et étudiant en philosophie, j'ai dénoncé l'hypersexualisation des gays.

C'est un ouvrage sur l'homophobie, qui aborde des sujets tabous tels que la drogue, les agressions, le suicide, les problèmes identitaires et met en lumière les valeurs humaines. J'ai tenté de militer pour dire que les gays ne sont pas à  chosifier, nous ne sommes pas des corps sans identité, sans visage, sans humanité.

Pour commander, c'est ici :

http://www.echo-editions.fr/librairie/livre?id=152&t=le-requiem-du-danseur

 

30 mars 2021

Poèmes lgbt

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J'ai lu le numéro 1 (le seul publié en fait) de bichefauve, un webzine féministe et lgbt. C'est un recueil de poèmes, pour l'essentiel. Je n'ai pas beaucoup aimé. J'ai trouvé les poésies insipides, voire sales, sans efforts littéraires.
Quelques textes ont pourtant retenu mon attention, un de chris bellabas sur la transidentité et un autre féministe intitulé "le pacte des innombrables". Mais celui que je préfère est celui d'un jeune (bastien godard) qui transcrit bien la honte de la non binéarité, un poème dans lequel hélas je me suis pas mal reconnu.

Sortirs
Des robes flanelles noires
Motif floral géométrique
Flottant sur mollet poilus
Parce que je vous emmerde
Et c'est ça qu'est bien
C'est ça qui redresse ma tête.
Je me projette
J'ai toujours rêvé d'avoir ce déhanché ravageur
Comme dans les films où tout explose sur le passage
Et que le regard des hommes n'est que fourmis.
Ça m'excite [...]
Ce n'est que le fard jaune
Et le sourire pétillant
Que j'oserai ouvrir cette bouche
Par honte toujours fermée
Une larme sur le blush
Le mascara étoilant mes cils qui coule
Parce que c'est si beau
D'être si éclatant
C'est tout ce que je vois
Sur mon portable
Sur les réseaux un petit homme qui n'est pas moi si heureux d'être si belle
Et dans le miroir, j'ai d'autres larmes qui suivent
Je bande si tristement ma robe se soulève
Ça m'excite et me terrorise.
Dehors
Depuis ce premier jour où
Lâchés mes cheveux longs je me suis senti belle
Pour l'unique fois de ma vie
Et dans mon lit, la nuit
Je roule dans mes draps en pauses sensuelles,
Seul.e.

15 mars 2021

"sucer c'est tromper ?"

Je me souviens des émissions à la ardisson que je n'aimais pas spécialement. Des sujets vulgaires étaient souvent abordés comme : "sucer c'est tromper ?"

Je m'en rappelle aujourd'hui parce que quand je suis avec mon "amie" trans,il y a toujours du désir entre nous. Des caresses osées, des bisous sur la bouche. Ce n'est pas comme avec mon mari,que j'aime éperdûment, mais cela me pose un petit souci de conscience étant donné que j'ai pris la décision de lui être fidèle. Seulement voilà...

Quand votre "amie" met volontairement des soutifs , strings et bas affriolants en sachant pertinemment que vous y êtes sensible, bah j'ai du mal à ne pas réagir. Et je me suis senti mal vis à vis de mon homme.Du coup j'ai dit stop et on a bu une tisane à la place lol.

Que dire de cette situation ? Que j'ai une bite à la place du cerveau ? Hum, peut-être.

12 mars 2021

disphorie

J'ai rarement des soucis de disphorie de genre , mais quand ça m'arrive c'est très puissant. Et en ce moment, je suis en plein dedans. Je n'aime pas être comme ça, parce que j'ignore combien de temps cet état va durer. J'ignore même comment ça arrive. ça m'arrive un jour, voilà tout. Je me sens un peu prisonnier de ma non-binéarité.

Ma disphorie a commencé à se manifester quand j'avais 19 ans. Depuis, les choses ont beaucoup évolué. Ce n'est pas quelque chose que j''assume, parce que c'est très troublant. Cela me provoque un dédoublement de personnalité. Moi qui d'ordinaire adore faire l'amour avec mon homme, quand je suis dans cette période je me renferme complètement sur moi et refuse qu'il me touche. Je lui dis que ça n'a rien à voir avec lui (et c'est vrai), j'ai simplement une hypersensibilité épidermique qui me rend le moindre toucher insupportable. Allez savoir pourquoi... 

Parfois je me dis que je devrais à nouveau voir un psy pour comprendre mon évolution de ce côté-là. ça me perturbe dans ma vie quotidienne, amoureuse, sociale. Seule ma vie professionnelle est préservée parce que la danse me fait utiliser ma sensibilité féminine exacerbée.

Pourtant, ces dernières années, j'avais cessé d'être hypersensible. C'est revenu progressivement depuis janvier, depuis le coup bas que m'a fait mon "amie" trans et qui a provoqué un état de choc chez moi. Ce qui s'est passé m'a vraiment chamboulé,en profondeur. ça a ravivé d'anciennes blessures psychologiques et émotionnelles qui ne me laissent plus tranquille. Dans ces moments là, je me sens mal, sur le fil du rasoir, au bord du gouffre. L'impression que je n'intéresse personne, que je ne sers à rien. La seule chose qui me retient de faire le saut de l'ange, c'est de me rappeler le vécu très amoureux que j'ai avec mon homme et que j'ai une fille à la maison.

Je parle peu de ma non-binéarité. Qu'y a t il à en dire, de toute façon ? Qu'intérieurement je me sens femme, sans trop réussir à expliquer pourquoi ? Qu'à l'exception de mon homme, je ne suis entouré que de gens transphobes pour qui cet état est une forme d'hérésie? ça fait mal d'entendre ces propos. Parfois j'ai l'impression qu'on me prend pour un animal de foire, sauvage et docile en même temps.

 

20 février 2021

contacts humains

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Je ne sais pas ce qu'à mon homme, mais notre "remariage" lui fait l'effet de la maca ! En ce moment, je dors assez mal, alors quand je me réveille à minuit et que je n'arrive à me rendormir qu'à 4 heures parce que monsieur veut me monter et me labourer le cul...évidemment ça me réveille complètement ! 4 fois en une heure à 47 ans,  c'est pas mal 😉


J'ai revu mon amie trans. Ah que c'est compliqué avec elle...Une sorte de je t'aime moi non plus. Le plus étonnant, c'est que quand on se voit, on s'entend très bien. On rigole, on discute sans problème. Mais dès qu'on est sur internet, c'est clash sur clash. Probablement parce qu'on attend trop de réactions spontanées sur internet alors que ce n'est qu'une machine avec ses limites de machine. On ne peut pas vivre avec la même intensité qu'en vrai.


C'est quelqu'un qui pleure facilement et comme moi je suis une peste invétérée quand je m'y mets...forcément il y a des prises de tête. Enfin bon, on a pas mal marché dehors dans un parc puis je l'ai invitée chez moi. Je savais qu'on serait seuls vu que ma fille était avec ses amies. Humainement parlant, c'est parfois très difficile de garder le masque. Comme je suis d'une nature tactile de par mon origine italienne, je ne peux pas m'empêcher de toucher. Après avoir engouffré à nous deux, deux mega pizzas (norvégienne au saumon fumé et orientale au chorizo), on s'est affalés sur les coussins et on s'est fait un gros câlin tout mignon, on se prenait les mains et on se mettait la tête sur l'épaule, bisous sur la bouche. Moi qui fait la morale à ma fille au sujet du covid et du masque : "surtout, ce n'est pas le moment d'avoir un petit copain !". Je ne me sens pas malin, du coup...


Avec elle, c'est une amitié-amour. Mais j'ai décidé que je ne voulais plus de sexe en dehors de mon mari, ça pose trop de soucis inutiles. Je lui ai offert une rose orange pour me faire pardonner mes saloperies. Du coup j'ai réactivé mon twitter.

13 février 2021

exit twitter

J'ai supprimé mon compte twitter. A quoi bon le garder puisque je n'y ai pas particulièrement de bons souvenirs ? A qui la faute ? A mon "amie" trans. Celle-là, je ne peux pas la voir en peinture. Pour la faire chier, je lui ai dit qu'elle était comme tous les mecs : un enfoiré. C'est l'argument qui tue, pour une trans. Mais voilà, je ne peux plus supporter son hypocrisie. Tout était constamment de ma faute, c'est à cause de moi qu'elle se sent grosse merde quand je lui parle, je suis incohérent, elle n'a plus aucun sentiment pour moi, des engueulades à tout-va sur twitter en messages privés. Bref que du bonheur. Donc ce bonheur, je l'ai supprimé. Je l'avais rencontré sur un site de rencontres il y a 2 ans, pour une amitié avais-je bien spécifié. Bon feeling dès le départ. Soi-disant un coup de foudre de son côté. Mon cul, oui. Que des mensonges.

10 janvier 2021

"amitié-amour"

Finalement, mon "amie" et moi avons décidé d'un commun accord de faire une pause. Elle s'est excusée. De mon côté, j'ai vraiment été en pétard contre ce qu'elle m'a dit.


J'avais l'estomac tellement noué que je ne pouvais rien avaler ces derniers jours (sauf du vin lol). J'étais...léthargique. J'ai beaucoup pleuré. Il m'a fallu une cuite hier et 4 heures de sommeil pour retrouver forme humaine.
Mon homme et moi en avons profité pour parler du couple libre. Il m'a toujours mis en garde contre ce genre de relations. Evidemment, je n'en ai fait qu'à ma tête. Je n'ai jamais été très clair sur les frontières entre amitié et amour. J'avais un meilleur ami avant, qui était aussi un amant par intermittences...Je suis un séducteur, je le sais, je ne peux pas m'empecher de draguer.Probablement parce que j'ai grandi dans un gros manque affectif.  Et encore, je me suis calmé.


J'ignore si mon "amie" a les nerfs à vif à cause de sa vie ou à cause de son traitement hormonal.
J'ai revé de gorilles, hier, pendant ma cuite. Cela a un sens bien particulier, qui signifie ou la destruction d'une relation ou son renouvellement.
Du coup, je n'ai plus très envie de nouer des "amitiés" en ce moment. Préfère rester dans mon coin..

7 janvier 2021

je ne sais pas comment l'aider ...

On dit qu'il faut savoir s'exprimer. Parler pour éviter que les maux ne restent coincés dans la gorge et ne vous étouffent en gonflant comme une tumeur. Comme je suis dans l'incapacité de voir clair dans cette situation, je demande : qu'est-ce que vous feriez à ma place ?


J'ai une amie trans. Je l'ai vue cet été. On se connaît depuis quelque temps, on a couché une fois ensemble. Je sais que je lui plais. Elle a tenté de trouver quelqu'un sur un site de rencontres, hélas sans succès. Pendant le mois de décembre, je n'avais pas envie d'etre en visio ou de tchatter, alors on ne s'est pas parlés. Pour moi, il n'y avait aucun souci. Et puis, elle m'a avoué avoir le béguin pour moi, qu'elle n'arrivait pas à donner un sens à sa vie sans moi. Elle sait que je suis en couple. Je lui alors dit hier qu'il fallait peut-être faire une pause tous les deux, qu'on se voit moins pour qu'elle prenne du recul.


Ce matin, je reçois un colis. Pas par la poste. Juste un coup de sonnette et devant la porte un colis. Elle est venue en catimini, puis est partie sans me parler, sans me voir. C'étaient les cadeaux de mon anniversaire qu'elle avait achetés pour moi et qu'elle n'avait pas pu m'offrir en temps et en heure. Avec une lettre. Une lettre disant qu'elle avait voulu  mettre fin à ses jours le 31 décembre en avalant des pilules. Cette nuit, pas dormi. Aujourd'hui, pas mangé. Hier au soir, envie de se suicider parce qu'elle ne supporte pas que je m'éloigne un peu d'elle.


Je suis rentré plus tôt du boulot. Tant pis, je voulais lui parler. Sur internet. Peut-être aurais-je l'appeler ? On a discuté, ou plutôt on s'est engueulés pendant des heures. Elle, accusant mes silences, me disant qu'elle m'aime à en mourir. Moi, totalement perdu entre mon envie d'être là pour elle et celle de la fuir désormais.


Elle dit qu'on se fiche de sa vie. C'est faux, je tiens à elle mais dès que je veux mettre un holà, elle pète un câble. Elle a passé noel seule, sans famille, sans amis. Son seul "pote" s'est révélé être un vicieux. Je culpabilise, elle accuse mon caractère solitaire d'être responsable de sa solitude. La revoir ou la laisser tomber ? Comment peut-on être ami avec une personne si fragile psychologiquement, si portée constamment sur le suicide ?

Mon homme me dit qu'elle va se calmer, mais je n'en suis pas certain ...

16 décembre 2020

portrait symbolique

Dernièrement, j'ai demandé à ma fille de me dire comment elle me percevait, en utilisant soit l'image soit le texte. Le résultat est...fracassant.

Désormais, je crois que je ne peux plus faire comme si elle ne savait pas que j'étais queer ...
Quand j'ai vu l'image, mon coeur s'est gonflé d'amour car j'ai réalisé que ma fille n'est plus une enfant,qu'elle a son propre discernement maintenant.Il y a des détails qui prouvent qu'elle me connaît mieux que je ne le pensais. Elle me voit comme plus vieux que mon âge (quelques cheveux blancs), très croyant ( doigts croisés en prière), provocateur (doigt levé, bouche entr'ouverte)). En effet, je suis parfois fatigué dans mon coeur et ma tête ...ce que les gens en public ne voient pas ( ou refusent de voir). Merci ma aurore pour cette surprise pleine d'humanité 💙

myself2 (3)

 

11 décembre 2020

"mi-ange mi-démon" 🎭


C'est une expression poétique pour désigner en fait "bipolaire", qui est un terme nettement plus rude, plus médical. Mais la réalité semble la même.


Depuis de longues années maintenant, je suis double. J'ai toujours été un peu lunatique, enfant, mais il y a eu une année fatidique durant laquelle ma personnalité s'est scindée en deux. A l'âge de 15 ans, j'ai tout simplement été victime de harcèlement scolaire, et cela m'a flingué. J'étais le bouc émissaire de ma classe à cause d'un gars qui n'assumait pas du tout son attirance pour moi et qui s'est vengé. Le truc classique, quoi, mais qui a eu un effet dévastateur sur mon caractère. Son homosexualité non assumée le rendait très méchant avec moi. Après, il a mêlé ses potes à sa haine contre moi. Tous les jours, c'étaient des insultes, des insinuations humiliantes. Je ne cachais pas être gay, mais je n'étais qu'un gosse avec sa fragilité de gosse. Tous les jours pendant un an j'ai été humilié. Plus des problèmes familiaux avec mes parents.

Au bout de quelques mois, j'ai craqué. Je n'ai pas fait de dépression nerveuse, mais plutôt ... je ne sais pas expliquer car à l'époque aller voir un psy n'était pas à la mode et je me suis retrouvé avec des parents indifférents à mon état psychologique. Disons que j'ai commencé à développer deux comportements opposés : il y avait moi, le gosse sérieux, bon élève, un peu solitaire mais pas trop, tranquille. Et puis l'autre aspect de moi, nettement plus sombre et fantaisiste, langue de vipère, excentrique, hypersensible. Les gens autour de moi ont commencé à dire que j'étais "bizarre", parce qu'on ne comprenait pas mes réactions. Je n'ai bénéficié d'aucune aide pour régler ce traumatisme. La seule chose que je pouvais faire, c'était oublier. Alors j'ai lu beaucoup, je m'évadais complètement dans les livres. Puis après je suis passé à la cocaine. J'avais 16 ans, la première fois. J'étais mannequin à mes heures perdues pour des magazines, là-bas la drogue coule à flots. Puis, à 18 ans, le  premier viol.

C'est à partir de là que j'ai clairement commencé à me dédoubler au niveau de la personnalité, donnant plus tard ma transidentité. Quand j'ai cessé la drogue, j'ai eu un moment l'impression de redevenir "un" mais je me suis rendu compte que ce dédoublement revenait dès que ma mémoire traumatique était ravivée. J'ai la chance d'être en couple avec un homme qui m'accepte comme je suis et ,qui plus est , a la finesse du psychologue. Mais cette dualité fait désormais partie de moi. Elle est ravivée pour un oui pour un non : quand j'ai écrit mon roman psychologique sur la drogue, par exemple, mais aussi quand j'ai lu "jolis jolis monstres". Je n'ai pas le choix, j'ai une personnalité divisée qui ne pourra jamais être réunifiée. Et puis, dans le fond, peut etre que je n'en ai pas l'envie. Parce que ses deux moi forment mon vécu, mes identités. ça devait m'arriver, puis voilà, même si ça fait mal.

3 décembre 2020

être soi

Besoin de rien. Envie de rien. Non que je sois triste, mais les confinements m'ont fait prendre conscience de mon essentiel. J'ai passé ma vie à acheter, désormais je veux mieux. Surtout je veux être moi-même et c'est difficile pour les gens qui, comme moi, sont non-binaires. On ignore qui on est, on a des caractères "fluctuants". Instables, quoi. Mon homme est binaire, physiquement il fait gentleman hétéro et moi je fais pédale hystéro 🤣. J'en plaisante mais il n'empêche que c'est difficile à vivre socialement. On a tout le temps l'impression de jouer un rôle avec soi.

Le livre "jolis jolis monstres" me trotte dans la tête. Cela fait longtemps que je n'ai pas été pénétré, percuté intimement par des mots qui réveillent quelque chose en moi. Je ne sais pas si c'est de bon augure.


J'ai plusieurs visages. Une vraie boule à facettes 😉 Parfois je me perds en moi tellement je suis caméléon. En public surtout. En privé je suis cadré par mon homme et ma fille. Cadré, pas étouffé hein. Je m'entends dire parfois que c'est étonnant que je sois marié et père. J'en ris jaune. Comme si les gens comme moi étaient forcément exclus du bonheur familial. C'est en partie vrai. Si je n'avais pas rencontré mon homme, je ne sais pas ce que je serais devenu.

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