bye bye trans ?
Je ne parle plus de ma transidentité. A personne. J'ai tellement été déçu des réactions transphobes que je garde ce ressenti pour moi exclusivement. Les gens sont bourrés d'a priori malsains sur les transgenre, pour eux être trans est synonyme de prostitué. Le problème, c'est qu'à force de ne rencontrer que des connards, on finit par croire qu'ils ont raison. Or ils sont à côté de la plaque concernant l'identité trans. Je ne fais pas partie
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de ceux qui prônent haut et fort le drapeau non binaire, je sais pourquoi je suis devenu trans : c'est à cause des agressions que j'ai subies. Même si j'ai toujours été assez effeminé dès mon enfance, je ne me suis jamais réellement entendu avec les mecs. Je les ai toujours trouvés vulgaires, faux, pervers, violents, sales. J'ai beau avoir passé ma vie à revendiquer la liberté homosexuelle en ayant plein d'amants, aujourd'hui je ne supporte plus qu'un mec me touche. Seuls manu et mon homme le peuvent, mais avec les autres c'est un non définitif. Il y a un an et demi, j'ai souffert très profondément d'un rejet transphobe auquel je ne m'attendais pas, cela m'a brisé. J'ai cru que ma haine des hommes était momentanée, simple réaction de colère, mais elle dure. Ce rejet transphobe a ravivé des traumatismes dont je n'avais nul besoin de me souvenir. Hélas, je me suis souvenu des pédophiles qui venaient vers moi comme si j'étais une chose qui leur était dûe. Je pense que tous les mecs sont des agresseurs aujourd'hui, les mecs bien ça n'existe plus. On peut me trouver radical, je m'en fiche, je sais que j'ai trop souffert à cause des mecs, peu importe leur orientation sexuelle, leur religion, leur âge, leur rang social. Toute ma vie j'ai été victime des salopards (qui ont le culot de me dire que c'est moi qui les agresse ou les provoque parce que ça ne plaît pas que je ne me laisse plus faire par eux). J'ai un profond et irréversible écoeurement pour les hommes. J'ignore si ma transidentité a un avenir, je crois que j'en ai honte. J'ai toujours détesté ce que je suis, les autres s'en sont donnés à coeur mauvais d'attiser ce sentiment d'exclusion. Je ne souhaite pas militer ou manifester en faveur des trans. Je n'ai même plus l'envie d'en parler dans des romans. J'espère juste que mes deux romans gay ont pu toucher un certain public, en france, en belgique et au canada, parce que je ne suis vraiment plus certain d'avoir le courage de puiser en moi comme je l'ai fait.