giono furioso
C'est un livre plein de poésie. Mais je suis un peu mitigé. D'un côté, j'avoue que le style d'écriture de l'auteure est un régal, puis surtout isabelle lambert arrive à très bien cerner la puissance de la lecture sur notre être. Mais d'un autre côté, il y a un certain nombrilisme qui
se surperpose au récit.
Ce n'est pas un roman. Ce n'est pas non plus une biographie de jean giono. C'est plutôt un dialogue avec giono pour en comprendre le feu intérieur. L'auteure écrit clairement qu'elle n'aime pas les biographies, les chronologies, qu'elle trouve froides, lisses, plates. Et elle a raison. Du coup, elle écrit sur giono comme elle écrit sur elle-même pour montrer l'intéraction entre le géant de la littéraire, ses pans de souvenirs, ses oeuvres littéraires et ses propres sentiments à elle. Elle montre combien la littérature vous transperce. Elle parle aussi du visage en colère de giono, de cet écrivain infidèle à sa femme, au désir vaguement homosexuel, et ravagé par le traumatisme de la première guerre mondiale. Giono, furieux contre la noirceur de l'être humain, avec le désir de se renouveler dans ses romans de nature.
J'ai simplement trouvé qu'on n'apprenait pas grand-chose sur giono. En tant que lecteur, je sors le nez de ce livre avec seulement un aperçu de sa personnalité, de sa vie. Je n'ai pas aimé les deux derniers chapitres qui me semblent plus proches de la sensiblerie que de la philosophie de vie.
"Une idée commune voudrait que les écrivains, les poétes, les artistes soient de braves gens tout occupés à notre consolation. C'est une envie de notre époque. Pourquoi pas. Une chose est sûre : ils sont, depuis toujours, tout occupés à bien autre chose. Ils façonnent la glaise du temps avec leurs mains. Ils regardent la mort en face. Ils savent le dérisoire de la vie, pourtant la seule chose qui tienne, et lui redonnent de la grandeur. Ils sont traversés par les choses. Et giono, comme eux, est traversé par un éclair qui ne peut exister sans l'ombre qu'il vient de fendre."