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Ma vie et moi 🙂

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Ma vie et moi 🙂
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30 septembre 2023

geolier, rappeur italien

J'aime beaucoup ce rappeur napolitain.
Ce que j'aime, c'est qu'il n'est pas haineux. C'est un natif de Naples, une ville très pauvre bouffée par la mafia et le chômage. Dans ses chansons à textes, pas de conneries du style "nique ta mère", "salope" ou "fils de pute j'veux t'voir disparaître wesh wesh", mais un grand engagement humain. C'est un rappeur digne de ce nom dans le sens où le rap, à l'origine, est une musique qui dénonce, à l'instar du blues, la misère et les traumatismes qui en découlent. ça parle de la vie.

Geolier est un rappeur très fier de ses origines napolitaines. Il est à l'image de cette ville : vivant.

Naples est certes une ville pauvre économiquement mais très riche humainement. Elle regorge d'un patrimoine culturel oublié que certaines associations tentent de mettre en lumière. Là-bas, l'art et la vie quotidienne sont intimement mêlés. Des artistes ont entièrement peint le métro, on marche dans la rue à côté de statues de musées. L'art n'est pas mis sur un piédestal, enfermé dans un musée vitrifié, au contraire il fait partie de la vie de tous les jours.

Geolier a du succès en italie, les jeunes l'écoutent beaucoup. Je le trouve super, en tant que chanteur et homme.

 

 

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28 septembre 2023

l'homme qui a perdu son ombre


"Je suppléais au bonheur absent par la nicotine, et je
remplaçais la sympathie des hommes et les convenances de la
société par l'amour d'un caniche fidèle, qui gardait ma grotte
près des villes, et qui, lorsque je revenais chargé de nouveaux
trésors, se jetait joyeusement sur moi et me faisait sentir,
comme le ferait un être humain, que je n'étais pas seul sur la
Terre"

 

Pierre Schlémihl ou l'homme qui a perdu son ombre - CHAMISSO ADELBERT VON - 9782211052825 | Catalogue | Librairie Gallimard de MontréalJ'ai terminé le curieux ouvrage de fiction d'un certain Adalbert von chamisso intitulé "l'homme qui a perdu son ombre" publié en 1814. C'est un court conte philosophique de 80 pages, ressemblant un peu à Faust. Le message consiste à mettre en garde contre l'obsession de l'argent. C'est l'histoire d'un homme qui conclut un marché avec le diable, celui de vendre son ombre contre une bourse inépuisable ; et s'il veut la retrouver, il devra signer de son sang un contrat pour lui céder son âme. Au fil des chapitres, le regret le pousse à la détresse car il est obligé de mentir sans cesse sur sa condition et est rejeté des autres quand ils voient qu'il n'a pas d'ombre. A la fin, il dégote une paire de bottes de sept lieux qui lui permettent de parcourir tout le globe en temps record.Ce qui est un peu étrange dans ce récit, ce n'est pas l'histoire fantastique en elle-même mais la narration, car le personnage s'adresse à l'auteur en personne. Il est né en France au château de Boncourt, s'exila par la suite en Allemagne où il fut poète et directeur du Jardin Botanique. Il fut un explorateur et herboriste passionné qui voyagea sur toute la planète. Il se maria avec une jeune fille de 18 ans, dont il eut sept enfants. Somme toute, ce récit est autobiographique.

28 septembre 2023

"nous n'avons rien en commun"

 

Quarante ans que j'entends cette sentence,
Toujours plus près, cette triste indifférence ;
Toujours ce mĂŞme effroyable silence,
Ce bruit lancinant qui déchire mon chemin :
Voici la sempiternelle punition qu'on inflige Ă  mon destin.
C'est le visage de la cruauté, ce mauvais lutin
Dont les facéties font mourir mes rêves de pauvre humain.
J'ai beau danser avec la souffrance,
Chanter avec mes délivrances,
On me répète inlassablement qu'on n'a rien en commun avec moi.
On me repète ceci comme un coup de fouet qui me laisse pantois.
J'ai beau hurler, crier qu'on arrĂŞte cette flagellation,
Personne ne me demande pardon.
C'est une couronne d'épines qui s'accroche à mes pieds déjà ensanglantés ;
C'est le rire le plus tranchant qu'il m'a été donné d'écouter.
Sans pitié.
Sans pitié.
Nous n'avons rien en commun, pas même l'humanité,
Pas même l'humanité.
Les souvenirs sont des cotons qui m'asphyxient,
Des fumées de soufre qui font fi
De mes secousses charnelles qui voulaient une main tendue.
On m'a retiré toute compassion, faisant de moi un pendu.
Cette sentence de mort distille ces échos infernaux,
J'en garde la trace des larmes rougies sur la peau.

 

24 septembre 2023

Illiade et Odyssée

"L'illiade et l'Odysée" de Homère est un classique qui ne prend pas la tête. L'écriture est très simple, sans aucun effet de style, le ton bref, on dirait presque un conte pour enfants. L'Illiade est l'histoire de la guerre de Troie, tandis que l'Odysée est le récit des aventures d'Ulysse qui rencontre des géants, des sirènes, un cyclope... Moi qui ne suis pas fan du tout des récits de guerre, l'Illiade ne m'a pas ennuyé, même si j'ai franchement préféré l'Odysée. C'est une lecture facile, agréable.

 

8 septembre 2023

le vieux des batignolles

Le petit vieux des Batignolles - Emile Gaboriau - Librairie Mollat BordeauxEtant donné que je hais les romans policiers américains actuels, je me suis tourné avec curiosité vers ce court récit policier, écrit en 1876 par émile gaboriau. Il a été, en plus de son métier de journaliste, le pionnier de la fiction policière. Né en 1832 à saujon en charente-maritime, il a été le secrétaire de paul féval.
Ce récit ne fait que 90 pages mais j'ai vraiment beaucoup aimé sa simplicité. Pas de détails trash, mais seulement une enquête menée suite au crime du "petit vieux des batignolles". C'est très sympathique, j'ai passé un agréable moment. J'aimerais bien lire d'autres romans de cet auteur oublié.

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6 septembre 2023

alice au travers du miroir

Alice à travers le miroir Banque de photographies et d'images à haute résolution - Alamy"Alice au travers du miroir" n'a vraiment rien à voir avec le film où johny depp joue le rôle du chapelier fou. C'est la suite d'"Alice au pays des merveilles", écrite en 1872. Lewis caroll reprend ici la même logique absurde du rêve. Les phrases sont bourrées de jeux de mots, l'humour anglo-saxon loufoque mis à l'honneur. ça m'a fait songer aux cours de logique que je suivais en philosophie, où la logique poussée à son extrême devient totalement absurde. Ce récit est en apparence enfantin, car derrière l'aspect fantaisiste des scènes c'est avant tout la logique sémantique qui prime. Si on prête attention aux détails, on voit qu'il y a un vrai génie de la part de l'auteur de déconstruire le sens commun du langage pour en découvrir de multiples sens nouveaux et néologismes.


"Je vois d'autres enfants blottis,
Les yeux brillants, le cœur ravi,
Prêter l'oreille à ce récit.
Ils sont au Pays Enchanté,
De rêves leurs jours sont peuplés,
Tandis que meurent les étés.
Sur l'eau calme voguant sans trêve…
Dans l'éclat du jour qui s'achève…
Qu'est notre vie, sinon un rĂŞve "

3 septembre 2023

buffy

J'avais vu quelques épidoses de "buffy contre les vampires" quand j'avais 16 ou 17 ans. A l'époque, ça faisait fureur. Je m'en étais tenu à l'histoire d'amour avec angel. Cet été, j'ai regardé la série entière à la télé et j'avoue avoir été très agréablement surpris car au-delà de la simple histoire fantastique, les Buffy contre les vampires : que deviennent les acteurs depuis la fin de la série ? (PHOTOS)personnages sont complexes. Non seulement l'humour noir façon nanar m'a franchement fait marrer, mais en plus j'ai trouvé que les acteurs jouaient très bien. Mes personnages favoris sont strike et drusilla, il y a quelque chose de théâtral dans leur manière d'être vampires, la reine des damnés sensuelle, folle, et l'ancien poète très sensible devenu william le sanglant. Je n'y vois pas une série pour ados, certains thèmes abordés sont vraiment très sombres, comme la mort de la mère de buffy et l'épidose du cauchemar où la première tueuse sauvage apparaît. J'ai aimé l'évolution des personnages, willow qui devient lesbienne, buffy qui développe un désir de mort, strike qui tombe amoureux de buffy, giles le bibliothécaire élégant fasciné par les livres anciens. Plus la série avance, plus les scénarii sont sombres. J'ai aussi apprécié que les personnages ne soient pas vulgaires, les dialogues sont savoureusement tranchants, humour à froid anglais assuré.


Par moments, cette série est vraiment barrée, pour mon plus grand plaisir. Non seulement elle aborde des sujets de société, très bien intégrés dans l'histoire fantastique, mais elle le fait avec une très grande originalité. J'ai littéralement adoré l'épisode où les personnages chantent et dansent comme dans une comédie musicale. La façon dont certains épisodes sont réalisés est extrêmement talentueuse. Cette série fantastique surpasse toutes les autres par son génie artistique.

Pas étonnant que ce soit devenu culte.

 

2 septembre 2023

mon été

J'ai passĂ© des vacances Ă  la fois reposantes et dynamisantes. Je suis parti chez mon frère, dans son village berrichon. Mon matthew nous a rejoints pendant deux semaines, pendant lesquelles on a fait des randos Ă  pied et Ă  vĂ©lo. Beaucoup de pluie, mais ça ne me dĂ©rangeait pas.Tous les matins, avant que les pĂŞcheurs n'arrivent, j'allais nager nu dans l'Ă©tang qui se trouvait non loin de la maison. J'en ai profitĂ© pour observer aux jumelles les nombreux hĂ©rons. J'ai mĂŞme vu un bĂ©bĂ© faucon, avec son duvet blanc froufroutant. Les jours oĂą il a fait beau, je faisais trempette dans la piscine avec mon neveu.
Je me suis remis à dessiner. J'ai aussi fait régulièrement du kick boxing et des abdos avec le matériel sportif de mon frère ( 500 coups de poing et 200 coups de pied sur sac de sable et une centaine d'abdos sur tapis de sol).
Quand je suis arrivé, j'étais en mauvais état psychique. Le stress de juin m'avait bousillé au point de me donner des douleurs cardiaques. Mais le silence nocturne du village m'a apporté un sommeil réparateur.
En juillet, j'ai décidé de devenir prof de danse, au lieu de continuer à me noyer dans le vin à cause de la déprime dûe à ma fin de carrière. On m'a admis dans une école professionnelle. Selon l'équipe, c'est un sacré atout en ma faveur d'avoir monté deux spectacles et d'avoir été danseur de ballet à montréal. Pendant un an, donc, j'enseigne la danse classique à des jeunes qui vont prochainement se lancer seuls.
Avec nicolas, on a retrouvé une game boy et on s'est amusés à jouer à pac man, un jeu qu'on adorait quand on était enfants. Je l'ai aussi aidé à changer entièrement la déco d'une pièce. En 3 heures, pendant son absence, j'ai dégagé toute l'ancienne déco et envelé le papier peint. Quand nico est arrivé, il a écarquillé les yeux, éberlué par tant d'efficacité et de rapidité de ma part, en me donnant mon surnom habituel : "le tourbillon" !

J'ai retrouvé une saine énergie, je vais reprendre chaque semaine la natation avec matt !

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une caricature de moi-mĂŞme

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photos du village, la nuit

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le jardin de mon frère

26 août 2023

paula cole

J'aime beaucoup la musique de cette artiste un peu oubliée :

 

 

15 août 2023

portrait-robot

alexchore

En juillet, je me suis amusé à réaliser un portrait-robot de moi-même avec le logiciel de dessin numérique de ma fille. Evidemment, cela me fait paraître plus jeune, les personnages virtuels n'ont jamais d'âge particulier. Mais j'ai voulu immortaliser ma coupe de cheveux "maison", avec des dégradés faits avec un ciseau aux embouts tordus ! J'aurais pu avoir une tête de cul, mais non tout le monde adore ma coupe !! On me dit que ça me fait meilleure mine, que ça fait ressortir mes yeux verts, que je fais plus jeune ...Eh bien, eh bien, jamais je n'aurais cru ça le jour où je me suis coupé seul les cheveux, complètement bourré ! Finalement, je suis adroit de mes mains, j'ai dû être coiffeur dans une autre vie !

14 août 2023

le moine

"Le moine" est considéré comme le premier roman gothique. Gothique au sens de satanique. Pour ma part, je trouve que le récit n'a absolument rien de satanique. L'auteur, matthew gregory lewis, l'a écrit à 20 ans en 1796. Cela a failli lui valoir un procès.
C'est l'histoire d'un moine espagnol débauché qui passe par degrés aux pires vices : la luxure, la sorcellerie, le viol, le meurtre et le pacte avec le démon. Il en vient à renier complètement ses voeux religieux.
Contrairement Ă  la rĂ©putation sulfureuse de ce roman, l'auteur dĂ©nonce tout simplement l'hypocrisie des religieux de son Ă©poque. La plupart des personnages sont innocents, galants et vertueux. 

J'avais vu le film inspirĂ© du livre, avec vincent cassel. C'Ă©tait très noir. Or, le roman est avant tout une mise en garde contre la faussetĂ© religieuse et la superstition, il n'y a aucun message satanique. 

C'est avec plaisir que j'ai lu ce récit, j'ai trouvé le style d'écriture fluide et très fin dans son analyse psychologique. Ce livre m'a fasciné du début à la fin. Aujourd'hui, les critiques disent que ce roman contient beaucoup de défauts dans sa structure, mais cela me semble une opinion complètement à côté de la plaque. J'ai l'impression que beaucoup d'âneries sont racontées sur ce livre méconnu. Les critiques ont-ils réellement lu le récit ou l'ont-ils seulement survolé ?!

Cette histoire est inspirée par la légende allemande de la nonne sanglante, ce qui lui apporte une légère dimension fantastique. Le véritable gothique consiste à être tiraillé entre la lumière et les ténèbres, ce qui caractérise le moine licencieux.

Le Moine - Matthew Gregory Lewis - Babelio

"Il en était qui,
sous le manteau de la dévotion, cachaient les crimes les
plus noirs, leurs hymnes ne lui inspiraient que de
l’horreur pour leur hypocrisie. Il avait depuis longtemps
observé avec blâme et mépris la superstition qui dominait
les habitants de Madrid ; son bon sens lui avait indiqué les
artifices des moines et l’absurdité grossière de leurs
miracles, de leurs légendes et de leurs reliques supposées. Il résolut d’exposer aux yeux du peuple un tableau effrayant
de l’énormité des abus qui se commettaient fréquemment
dans les monastères, et de l’injustice qu’il y avait à
honorer indistinctement tous ceux qui portaient un habit
religieux ; il lui tardait de démasquer les hypocrites, et de
prouver à ses compatriotes qu’un saint extérieur ne cache
pas toujours un cœur vertueux."

14 août 2023

le vampire

LES PETITS ROMANS - Le Vampire - de John William Polidori - - YouTubeLire le court rĂ©cit "le vampire" est intĂ©ressant d'un point de vu historique. Nous sommes dĂ©sormais si habituĂ©s aux histoires de vampires toutes plus tirĂ©es par les cheveux les unes que les autres que ce texte-ci peut sembler fade. Mais il a un charme fou. Un charme typiquement romantique. Il a Ă©tĂ© associĂ© pendant longtemps  Ă  lord byron, alors qu'en rĂ©alitĂ© il a Ă©tĂ© Ă©crit par son mĂ©decin-secrĂ©taire john william polidori. En fait, cette nouvelle est considĂ©rĂ©e comme la première du genre. Elle date de 1819. EntamĂ©e en 1816 suite Ă  un dĂ©fi dans la villa de byron devant le lac lĂ©man (instant qui a d'ailleurs inspirĂ© un Ă©pisode du Doctor Who), lord byron et sa maitresse claire clairmont, ainsi que shelley et sa femme mary, avaient dĂ©cidĂ© d'Ă©crire en une journĂ©e une histoire de fantĂ´mes. Mary Ă©crivit "frankestein" et byron "le vampire"... qu'il abandonna. C'est donc polidori qui la termina. Tout commence avec une prĂ©face sur la lĂ©gende du vampire, monstre sanguinaire et impitoyable, rien Ă  voir avec ce que les artistes fantasment aujourd'hui. Cela remonterait Ă  l'Ă©poque oĂą l'Ă©glise latine se sĂ©para de l'Ă©glise grecque, le cadavre d'un latin ne pouvant pas se corrompre après avoir Ă©tĂ© inhumĂ©. De lĂ , le mythe du mort qui ne pourrit pas et revient Ă  la vie, dĂ©goulinant de sang par tous ses pores. Quant au rĂ©cit lui-mĂŞme, il n'y a Ă©videmment pas autant d'intrigue rocambolesque qu'aujourd'hui, mais les personnages ont le charme vĂ©nĂ©neux du dĂ©but du romantisme : la mĂ©lancolie, l'honneur de la parole donnĂ©e. Le vampire n'a rien d'un gentil mon-monstre Ă  la twilight, c'est un gros fourbe. Je pense que ce rĂ©cit mĂ©rite d'ĂŞtre lu, ne serait-ce que pour connaĂ®tre le style du premier du genre.

13 août 2023

chrétien et heureux

Ce livre est un baume au coeur. Christian briem tente de comprendre comment nous pouvons trouver le bonheur en étant chrétiens. La réponse est simple : par la connaissance des enseignements de jésus christ. C'est la même logique que les autres ouvrages chrétiens lus précédemment, à savoir se séparer du monde impie et communier avec jésus christ. J'ai trouvé l'ensemble clair, accessible, compréhensible.

Chrétien et heureux ?"Dans le monde occidental où nous vivons, beaucoup sont saisis aujourd’hui d’une démesure bien propre à nous faire peur. N’existe-t-il plus de frontière? Pensons seulement à des mots clés tels que consommation, jouissance, plaisir, expérience, possession. Tout est exploité à fond; on voudrait retirer de tout le maximum possible. Une telle exhortation n’est-elle pas dès lors particulièrement importante pour nous à notre époque: «Joignez… à la connaissance, la tempérance»? Il ne s’agit pas simplement de garder une certaine mesure, mais nous sommes appelés à refréner notre propre volonté, à contrôler notre propre «moi"

"Nous qui vivons dans des jours de mécontentement, de déchirement et de dissolution, n’éprouvons-nous pas tous le besoin de cette paix? La salutation de l’apôtre agit alors comme un baume pour nos cœurs."

28 juillet 2023

portraits brisés

Portraits brisĂ©s J'ai Ă©crit ce recueil de textes dans le but de rĂ©veiller les consciences sur l'indiffĂ©rence.Aujourd'hui, on trouve tout Ă  fait normal de rejeter les autres sans autre raison qu'ils ne nous ressemblent pas, or c'est extrĂŞmement destructeur. Mon mari a mis mon livre dans la petite bilbiothèque de son cabinet, il pense que mes rĂ©cits pourraient aider certains de ses patients.
Je dresse ici quelques portraits de personnes profondément fragilisées par des traumatismes. Qu'il s'agisse du viol, de l'exclusion ou de la culpabilité, je propose de réfléchir sur notre environnement social afin mieux cerner le problème central du rejet dans l'autodestruction identitaire de soi. Cela traite de l'homosexualité, de la transidentité, de la féminité.

https://www.edilivre.com/portraits-brises-alexandre-nolet.html/

 

"Le traumatisme, c'est un choc dont le corps ne se remet pas. C'est un choc qui reste coincé dans le coeur comme une lame de couteau qui tourne continuellement, blessant et faisant saigner. Certaines personnes se scarifient une partie corporelle, afin de trouver un éphémère moment d'apaisement. La souffrance psychique est si intense, et reste si muette intérieurement, qu'elle a besoin de s'extérioriser sur la peau sous une forme violente. D'autres se font vomir régulièrement pour ne plus donner vie à leur être profondément morcelé. C'est la haine de soi.

Cette haine fait irrémédiablement mourir. C'est le début d'un chemin qui mène inexorablement au suicide. Si la personne traumatisée ressent encore, parfois, l'urgence de la survie, elle se met alors en quête d'un moyen pour recouvrer le goût du respect envers soi. Mais comment faire ? Tous les chemins semblent bouchés, obstrués par ces caillots haineux qui se sont accumulés en soi depuis que le traumatisme est arrivé.
L'écriture comme mise en scène de soi est une des diverses solutions que la psychologie nous offre. C'est cependant une thérapie qui prend du temps, elle n'a rien d'une solution-éclair parce qu'il faut puiser en ses souvenirs, en ses émotions, pour comprendre ce qui se passe en soi. Prendre ce temps pour s'évaluer et se renouveler, c'est faire machine arrière pour comprendre quand et comment s'est opéré le point de rupture en soi.
Inventer des rôles, des personnages, est une façon de s'irriguer à nouveau. Endosser ces rôles, leur apporter une dimension humainement personnelle, c'est projeter à l'extérieur tout un panel de sentiments à qui l'on donne à nouveau la parole. C'est entamer un dialogue entre son moi intérieur cassé et des moi extérieurs imaginaires, afin de trouver probablement un sens aux traumatismes endurés."

20 juillet 2023

rené belletto

J'ai acheté "le temps mort" quand j'avais 18 ans, mais je ne l'avais jamais lu. Puis je l'ai perdu dans mon émménagement au québec. Récemment, je l'ai retrouvé avec peine puisqu'il a été épuisé pendant longtemps. Pourtant, c'est un livre très fort. Une oeuvre d'art. C'est le premier livre écrit par rené belletto, qui a d'ailleurs reçu en 1974 le prix Editions P.O.L - Le Temps mort - René BellettoJean ray. Les récits sont vraiment...bizarres. Le point commun entre tous est l'idée philosophique du temps. C'est un recueil de nouvelles philosophiques, chacune porte une certaine réflexion sur des notions de déjà-vu, sur le destin... A chaque fois, tout se joue à la toute fin de l'histoire. C'est la chute du texte qui donne toute sa force, toute sa valeur, tout son sens au reste. Pour moi, ce livre est digne d'un kafka ou d'un lovecraft. Les histoires sont simples, il n'y a pas comme aujourd'hui pléthore d'effets spéciaux à l'américaine pour tenir en haleine un lecteur qui s'emmerde. Là, j'ai été comme hyponotisé par ce tourbillon de mots, de descriptions, par ces chutes de textes qui sont toutesen rapport avec la mort. Il n'y a qu'un texte, "la vie rêvée", que je n'ai absolument pas compris. Mais les autres, malgré un scénario très simple, parlent de la nature humaine violente. René belletto a une imagination prodigieuse, ce livre a un authentique talent : le sien. Le temps. Mort. Rarement un livre de littérature fantastique m'a fait un effet aussi intense. C'est effrayant, énigmatique, simple, obsédant, empreint à la fois de folie et de génie. ça relève du cauchemar qui sort du subconscient, un peu comme si on laissait sortir tous les croque-mitaines du monde dans ce recueil. Wouah, je suis sur le cul.

17 juillet 2023

au pays des merveilles ?

Eduthèque - Alice au pays des merveilles (2) : résumé de l'histoireJe suis fort étonné que le roman de lewis carroll "alice au pays des merveilles", publié en 1865, soit devenu une référence en littérature jeunesse, car il n'a vraiment rien à voir avec le culte dessin animé de walt disney qui a retranché -disons censuré ?- beaucoup de scènes et de personnages trop farfelus au goût des enfants des années 1950. Ce roman est une histoire complètement absurde. Les situations sont abracadabrantes, totalement loufoques. Si on n'a pas une bonne dose de dérision et d'humour, on ne Alice au pays des merveilles », du conte pour enfants au classique surréaliste | RetroNews - Le site de presse de la BnFcomprend strictement rien aux chapitres. Il s'agit ici de la logique du songe, c'est à dire l'absurde. C'est même un peu cruel par moments, met parfois mal à l'aise tant le récit oscille entre génie et folie. Lewis carroll a bien entendu réussi un coup de maître littéraire, toutefois très déconcertant si on s'attend à l'histoire assez gnan-gnan de disney. J'ai par ailleurs adoré les illustrations en couleur, par contre j'ai détesté celles en noir et blanc qui mettent en avant la laideur infinie de certains personnages que disney a volontairement mis de côté. Il y a comme un charme légèrement vénéneux dans ce récit "jeunesse", entre logique du rêve et celle du cauchemar. Il y a quelque chose de flippant dans ce roman complètement loufdingue. J'adore. Il faut quand même être en forme intellectuellement pour ne pas décrocher.

 

16 juillet 2023

le rire

"Est comique tout arrangement d’actes et d’événements qui
nous donne, insérées l’une dans l’autre, l’illusion de la vie
et la sensation nette d’un agencement mécanique."
" le rire a justement pour fonction de réprimer les tendances séparatistes. Son rôle est de réadapter chacun à tous"
"Kant disait déjà : « Le rire vient d’une
attente qui se résout subitement en rien. » "

Le Rire : Essai Sur La Signification Du Comique de henri bergson J'ai découvert Henri Bergson pendant mes études à la sorbonne. Ce philosophe du 19e siècle s'intéressa à la métapsychique, domaine peu étudié alors. Il reçut le prix nobel de littérature en 1927. Cet essai, publié en 1900, aborde la théorie du rire. J'ignorais qu'il existait une philosophie du rire. La thèse que l'auteur développe tout le long de son ouvrage est que le rire est un geste social dont le but est de corriger la distraction de ceux qui manquent de sociabilité. Le comique consiste en une mécanisation du vivant. La logique du comique est avant tout une logique de l'absurde. Il y a une raideur dans le geste, la parole ou la situation qui suscite le rire. Or, le rire n'est pas bienveillant puisque la condition pour que le comique porte ses fruits salvateurs pour soigner le péché de vanité est l'humiliation volontaire. Les premières parties sont très techniques, Bergson puise des exemple dans les jouets enfantins comme le pantin, le diable à ressort qui sort de sa boîte, le théâtre de Labiche, le vaudeville, le personnage Don quichotte. C'est surtout la dernière partie qui m'a passionné, elle développe sa théorie du rire en ce que le comique a une idée fixe, un manque de bon sens qui ne s'adapte pas au monde réel mais veut que les objets justifient le souvenir obsessionnel. J'ai vraiment bien aimé ce bouquin, pas ennuyeux du tout.

11 juillet 2023

sous le sable

https://www.premiere.fr/sites/default/files/styles/scale_crop_1280x720/public/2023-06/sous.jpgContre toute attente, j'ai apprécié ce film. Les premières scènes, pourtant, étaient ennuyeuses. Ce film a un rythme très lent, volontairement. Réalisé en 2000 à partir du livre de françois ozon, il n'a rien d'une enquête policière comme on en voit tant. C'est plus du suspenses psychologique sur le thème difficile du déni. C'est l'histoire d'un vieux couple qui part en vacances et le lendemain le mari disparaît dans la mer. Pendant des mois, on ne sait pas s'il s'est suicidé ou s'il est parti ailleurs. Sa femme refuse de reconnaître sa mort, elle vit dans le déni, parle de lui au présent, le voit dans leur appartement. Même quand le corps est identifié, elle refuse d'admettre son décès. C'est un film sur la dureté d'admettre la mort de l'être aimé. Je ne sais pas comment je réagirais si je venais à perdre mon mari ; probablement je nierais sa disparition. Et, comme la femme à la fin du film, j'irais le rejoindre.

5 juillet 2023

nouveau chapelet

Je me suis acheté un nouveau chapelet. Ou plutôt, on m'en a offert un autre. Désormais j'achète mes objets religieux dans une abbaye. Celui que j'avais commandé (avec pierres de lune) était en rupture de stock. Ce que j'apprécie, c'est que les moines n'ont pas joué aux commerçants en m'envoyant un avoir qui m'aurait forcé à commander de nouveau ; non, ils m'en ont simplement envoyé un autre, qui d'ailleurs coûte plus cher que l'originel. Et il est superbe. Rien à voir avec celui que j'avais acheté sur un site bazar à noel. Non seulement celui-ci est en partie plaqué or, mais il est nettement plus grand. La croix est somptueuse, on sent l'amour du christianisme dans la fabrication portugaise. Puis il est présenté dans une boîte, comme un vrai bijou. . En y regardant de plus près, j'ai compris que c'est un chapelet de Noel, avec l'étoile, les mages, les boules vertes et rouges. C'est bon signe. Là, au moins, j'ai vraiment l'impression de faire mon chapelet. L'autre s'est cassé. La croix s'est détachée alors que je dormais avec le chapelet dans la main. Comme je suis superstitieux, j'y ai vu un mauvais signe. Et pour cause, je n'ai eu que des emmerdes depuis. Ce nouveau chapelet m'était destiné. ll est, selon moi, l'image de ce que Dieu attend de nous : accepter l'imprévu. On décide quelque chose, Dieu nous envoie autre chose à la place et c'est mieux pour nous. J'ai récité une prière du saint curé d'ars. J'ai aussi décidé de bénir mon chez-moi, je me suis senti maudit ces derniers temps à cause de ma colère.

4 juillet 2023

chrétien et transgenre

J'ai écouté une émission qui m'a troublé. Il était question de la dignité de l'homme dans le cadre du christianisme. Nous sommes à l'image de Dieu, notre dignité ne réside donc pas en ce que nous faisons mais dans notre nature. L'intervenante a ensuite abordé la question transgenre. ça fait sérieusement polémique depuis quelque temps, il y a des tempêtes d'opinions sur les réseaux sociaux. Soit on est contre, soit on est pour. Pour ma part, si j'ai décidé de ne pas aller à la gay pride ou de faire partie d'une asso trans, ou encore de participer aux "débats" sur les réseaux sociaux, c'est parce que je vois ma transidentité comme une chose privée. Je ne peux pas nier qu'elle existe. Plus les années passent, plus elle est forte. Il y a plusieurs degrés dans la transidentité. Très souvent, on ne remarque que les cas extrêmes comme les filles de 15 ans qui se font retirer les seins et les ovaires, ce qui évidemment provoque de très très gros dégâts de santé par la suite. Dans mon cas, je vis ma transidentité au sein de mon couple. Oui, je me sens femme dans un corps d'homme. Mais n'est-ce pas là le propre de l'homosexualité masculine ? Pour moi, être gay, c'est confondre les genres. Avant tout cet ouragan médiatique autour de la question trans, tout le monde savait que les homosexuels étaient souvent éffeminés. Il suffit de regarder le film "la cage aux folles". Pour en revenir à l'émission, l'intervenante disait que nous vivons aujourd'hui dans une société gnostique qui cherche absolument à se séparer du corps pour idéaliser l'esprit comme une nouvelle idole. On sacrifie notre corps, on oublie qu'il y a une unité entre le corps et l'âme. Nous voulons créer notre propre corps, comme si nous étions Dieu. Elle a fait mention de jacques maritain, un ancien athée qui voulait se suicider parce qu'il a grandi dans le vide et qui un jour s'est converti au christianisme. Il est devenu un chrétien qui a développé une philosophie humaniste, probablement assez proche de Lévinas (c'est moi qui fait la comparaison).
Le fait de proclamer depuis plusieurs dĂ©cĂ©nnies que nous dĂ©cidons de nos vies, dĂ©cidons de nos corps est Ă  double tranchant. Si les femmes ont choisi de lĂ©galiser l'avortement, c'est parce qu'avant elles mouraient des avortements illĂ©gaux. Si les homosexuels ont voulu pouvoir se marier et adopter des enfants, c'est pour ne plus ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme des pervers criminels. Si l'euthanasie est revendiquĂ© comme un droit, c'est pour pouvoir mourir dans la dignitĂ©. Mais il est vrai qu'aujourd'hui revendiquer la mutilation coporelle par des gosses de 14 ans sans l'accord des parents, c'est extrĂŞmiste. 


Ce qui personnellement me fait de la peine, c'est que je ne peux parler de ma transidentitĂ© avec personne. Sauf avec mon mari qui est psychologue et a parfois pour patients des ados malheureux Ă  cause de leur identitĂ© non binaire. Le problème de la transidentitĂ©, c'est qu'on n'est jamais en paix avec soi. On cherche tellement Ă  se renouveler qu'on n'arrive plus Ă  vivre avec soi-mĂŞme. D'oĂą l'automutilation sur le corps pour se punir de ce qu'on est et n'est pas. Certains amerindiens voient la transidentitĂ©, non comme une tare psychiatrique, mais comme une ancienne vie qui refait surface Ă  l'esprit. C'est beau. Pour eux, je suis un homme qui a Ă©tĂ© femme dans une autre vie et qui dont le corps a des souvenirs. Ce qui me sidère dans tous ces "dĂ©bats" sur la qustion trans, c'est que c'est un sujet extrĂŞmement complexe, et beaucoup de gens ignorants s'en emparent simplement pour dĂ©verser leur haine. C'est un sujet Humain, avant tout. On ne peut pas rĂ©duire cette question Ă  "je suis pour" ou "je suis contre", ça demande de la compassion pour comprendre les enjeux personnels qui en dĂ©coulent. Moi-mĂŞme Ă©tant chrĂ©tien, j'ai du mal Ă  accepter cette transidentitĂ©. C'est une division en soi-mĂŞme, en son corps, en son esprit, on est dĂ©testĂ© par tout le monde, rejetĂ© comme un moins-que-rien, c'est difficile, très difficle, de se voir comme quelqu'un et non comme un objet. RĂ©cemment, je me suis coupĂ© moi-mĂŞme les cheveux. J'Ă©tais si fier de mes longs cheveux dans le dos, et pourtant je les ai coupĂ©s Ă  l'arrache, Ă  la barbare. Le  lendemain, j'ai cruellement regrettĂ©. Puis j'ai rĂ©flĂ©chi Ă  la raison qui m'a poussĂ© Ă  faire ça, complètement ivre de surcroĂ®t. Je crois que j'ai eu profondĂ©ment honte de ma fĂ©minitĂ©, j'ai coupĂ© ce qui faisait ma fiertĂ© de transgenre. Quand on est rejetĂ© du jour au lendemain, comme une merde, par quelqu'un en qui on croyait pouvoir confier certaines choses, c'est comme un deuil. Comme une mort. Une faute, une punition. Alors on se punit en coupant, en arrachant ce qui m'Ă©tait si cher : ma feminitĂ©. Pour combler ce vide, Ă  la fois physique et intĂ©rieur, je me tourne vers la religion. C'est la seule chose qui me fait du bien en ce moment. Cela aussi , on me le reproche. Quand on vous traite de fou, on finit par le croire. Je voudrais tellement pouvoir accepter mon corps d"homme et mon esprit de femme, retrouver mon unitĂ©. Dans l'Ă©mission, l'intervenante a parlĂ© de la thĂ©ologie de l'homme comme moyen de se guĂ©rir de tous ces Ă©garements existentiels. Le message c'est "La notion thĂ©ologique de l'homme « créé Ă  l'image de Dieu » implique l'Ă©galitĂ© entre les humains : il ne peut y avoir des humains plus dignes que d'autres".

 

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