Depuis quelque temps, mon mari me dit souvent de ne plus avoir honte de moi. Pendant la crise du covid, j'ai pris conscience que j'avais du mal Ă accepter mon homosexualitĂ©. Pendant des annĂ©es, j'ai Ă©tĂ© provocateur. Pour un peu, je me serais mis Ă poil Ă la gay pride. On m'a toujours poussĂ© Ă ĂȘtre impudique en public. Le souci, c'est qu'Ă l'origine j'ai une personnalitĂ© pudique, timide et sĂ©rieuse. Au fil de mon adolescence, j'ai dĂ©veloppĂ© une double personnalitĂ© mi ange mi dĂ©mon. Un cĂŽtĂ© gentil, obĂ©issant, discret et un autre qui est son exact opposĂ©. Bien des gens ont dit de moi que j'avais un comportement schizophrĂšne. En fait, j'ai surtout crĂ©e un masque pour me protĂ©ger de l'homophobie en "vomissant" mon corps, d'une certaine maniĂšre. J'ai jouĂ© au gars superficiel, impudent, au point que ça m'a collĂ© Ă la peau et est clairement devenu une seconde nature.
Pendant les confinements, le port du masque m'a empĂȘchĂ© de jouer ce rĂŽle. Je ne pouvais plus sourire en public pour camoufler mon malaise, ma timiditĂ©. VoilĂ pourquoi j'ai Ă©tĂ© aussi mal en point pendant tout ce temps : j'ai Ă©tĂ© obligĂ© de faire face Ă moi-mĂȘme. Et ça a Ă©tĂ© dur, trĂšs dur de regarder en face ce qu'on est, ce qu'on n'est pas devenu. Alors, une idĂ©e a pointĂ© le bout de son nez : et si je pratiquais plus assidĂ»ment le judaisme ? Mon mari m'a toujours poussĂ© Ă renouer avec mes origines juives, mais j'ai Ă©tĂ© lĂąche, comme dans beaucoup de domaines, j'ai prĂ©fĂ©rĂ© fuir plutĂŽt que de m'engager sur cette voie. Et puis, rĂ©cemment, j'ai rĂ©alisĂ© que j'en avais assez de vivre dans la honte. Toute ma vie, j'ai vĂ©cu dans la honte de ce que je suis, mon homosexualitĂ©, ma transidentitĂ©, mon ancienne toxicomanie, les agressions que j'ai subies. Tout le monde me disait que je n'avais pas le profil pour ĂȘtre un mari, encore moins un pĂšre, ce qui m'a fait perdre ma confiance en moi, en l'avenir. RĂ©cemment, j'ai pris mon courage Ă deux mains et j'ai contactĂ© un rabbin isrĂ©alien pour lui demander si je pouvais aller Ă©tudier la Torah dans un kollel ( centre d'Ă©tudes juives pour les hommes mariĂ©s uniquement), malgrĂ© mon homosexualitĂ©. Je ne lui ai rien cachĂ©, ni que j'Ă©tais mariĂ© avec un homme non juif, ni que j'avais Ă©tĂ© "recalĂ©" par des loubavitch il y a quelque temps, ni mon sentiment de honte, ni mon impudeur en public. Il m'a rĂ©pondu gentiment et fermement : "Je pense que vous avez tout Ă fait raison.
Je connais plusieurs homosexuels orthodoxes, mais Ă ce que je sache en tout cas, eux nâont pas eu de relation avec des hommes⊠mais ce n'est pas parce qu'ils ont cette tendance quâils doivent quitter la Torah.
Et mĂȘme si donc vous continuez Ă faire Ă ce genre de pĂ©chĂ©s, ce n'est pas une raison pour ne rien faire.Je ne connais pas de Collel Ă Paris (je suis Ă JĂ©rusalem), mais de toute façon ce n'est pas bien d'annoncer sur les toits que vous ĂȘtes homosexuel ; c'est une question qui vous concerne vous tout seul"
J'ai besoin d'ĂȘtre cadrĂ© par un rabbin. Je n'ai pas Ă©tĂ© Ă©duquĂ© par mes parents, ils se foutaient de moi, ils me disaient : "bah fais ce que tu veux, on s'en fiche". J'ai fait ce que j'ai voulu, cela ne m'a pas rĂ©ussi du tout, j'ai sombrĂ© dans les tĂ©nĂšbres.
J'en ai vraiment assez d'entendre dire que les juifs religieux sont des sortes de monstres sectaires qui empĂȘchent les autres de s'Ă©panouir. Ils ont une logique diffĂ©rente de l'occident, voilĂ tout. Le judaisme dĂ©veloppe l'idĂ©e d'une soumission Ă la religion, en ne cherchant pas Ă se diffĂ©rencier de son voisin pour ne pas l'humilier. Evidemment, c'est entiĂšrement contraire aux moeurs occidentales qui poussent Ă la convoitise, l'apparence, le sexe effrenĂ©, la consommation, la compĂ©tition, l'orgueil. J'ai donc demandĂ© au rav ron chaya de m'Ă©clairer sur la façon dont je peux devenir plus pudique. Il m'a d'ailleurs dit qu'il m'aurait acceptĂ© trĂšs volontiers dans sa yĂ©chiva Ă jĂ©rusalem. Je vais tenter de suivre ses conseils : ne pas parler de ce qui est sexuel (aie aie aie, moi qui parle souvent de cul), ne pas montrer sa chair en public et en privĂ© (oups, j'ai une tendance nudiste au lit), ne pas dĂ©voiler son corps trop longtemps dans la salle de bains ( ouille, ouille, moi qui adore me pavaner en me faisant des soins esthĂ©tiques). Je veux vraiment tenter de redevenir le gars simple et pudique que j'Ă©tais avant, ce cĂŽtĂ© -lĂ n'a pas complĂštement disparu sous la couche de vernis (bah oui, je suis bigenre, hein) de provocation qui fut ma vie pendant si longtemps.
Je pense aussi que l'homosexualitĂ© n'est pas une raison pour abandonner l'Ă©tude du judaisme, j'aime fĂȘter chabbat, j'aime la morale juive, j'ai aussi l'impression que je joue un rĂŽle quand je suis dans la sociĂ©tĂ© non-juive, comme si je n'Ă©tais plus Ă ma place depuis quelque temps. Il y a des choses que je ne supporte plus du tout : les centres commerciaux, les rĂ©seaux sociaux, les bars, le shopping, le cinĂ©ma, les restos...C'est du vide. Je ne peux plus, j'ai besoin de tourner une page. Je ne sais pas si je vais y arriver, encore moins tenir ma rĂ©solution, mais je veux tenter le coup. Pour retrouver l'honneur qui m'a Ă©tĂ© enlevĂ© Ă cause de cette impudeur forcĂ©e.
Concernant la tsniout chez les hommes...Chalom Rav, Concernant la tsniout chez les homme, comment ĂȘtre en temps normale? Et en tant de priĂšre ? Etude? J'ai vu que les hommes pouvaient s'habiller de la maniĂšre ou ils ont pas honte devant quelqu'un de pas respectable . Dans un de vos cours vous dite il faut cacher la clavicule ( [...]
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Je joins un message reçu de l'association dvar torah, qui m'interpelle tout particuliÚrement suite à cette note :
"Il faut en effet savoir perdre lorsque lâon peut encore, Ă la grĂące du Ciel, se redresser pour rebondir, au lieu de sâeffondrer et abandonner."
Est-ce bien de dire : « Regretter, reconnaĂźtre et dĂ©clarer sans sâengager Ă ne plus recommencer serait finalement un encouragement Ă persister dans la faute » ? Doit-on le comprendre rĂ©ellement ainsi ?
La Teshouva est un cheminement. Elle ne se rĂ©alise quasiment jamais complĂštement du jour au lendemain, mais plutĂŽt par Ă©tapes. Prendre une dĂ©cision de respecter une Mitzva est important et dĂ©cisif. En sâengageant, de nouvelles Ă©nergies vont naĂźtre et, en dĂ©finitive, HASHEM donnera lâenvie, la force, puis la volontĂ© dâaccomplir encore une autre Mitzva. Celle-ci, Ă son tour, donnera lâenvie, la force, puis la volontĂ© dâaccomplir encore une autre Mitzva, et ainsi de suite. JusquâĂ ce quâon en vienne Ă se parfaire dans ce chemin de Teshouva.
Il nây a donc absolument pas lieu de dĂ©sespĂ©rer et de se dire que câest trop difficile de changer. Dâautant quâil y a des situations compliquĂ©es qui peuvent exiger bien des efforts et aussi du temps pour ĂȘtre rĂ©solues.
On se souvient de lâhistoire dâun homme jeune qui avait suivi un sĂ©minaire de sensibilisation au judaĂŻsme et qui, Ă la fin, a dĂ©cidĂ© de prendre sur lui dâaccomplir une Mitzva. Il sâen ouvrit auprĂšs du confĂ©rencier qui lâavait le plus impressionnĂ©. Celui-ci Ă©tait perplexe et avait besoin Ă son tour dâĂȘtre guidĂ© par un grand en Torah. Il sâadressa Ă Rav Steinmann zatsal qui lui dit de sâengager Ă respecter la Mitzva de Kasherouth. Quâil dĂ©cide de manger strictement Kasher. Cela exige un engagement certain, qui implique la prise de dispositions claires. Mais si lâon est prĂȘt Ă sâinvestir pour rĂ©aliser quelque chose de grand, il ne faut surtout pas hĂ©siter.
Or il sâavĂšre, et câest la raison pour laquelle de Rav Steinmann zatsal a indiquĂ© dâaccomplir cette Mitzva plutĂŽt que toute autre, quâen mangeant Kasher, tant pour la prĂ©paration des repas, la sĂ©paration des vaisselles pour le lait et pour la viande que des aliments permis, le cĆur se libĂšre. A contrario, manger « Treff » (non Kasher) « Metamtem Eth HaLev » = bouche le cĆur, le rend impermĂ©able, littĂ©ralement bouchĂ© Ă la comprĂ©hension de la Torah et empĂȘche tout accĂšs Ă notre patrimoine. De sorte que si le cĆur est libĂ©rĂ©, lâaccĂšs Ă la Torah est ouvert et la comprĂ©hension de ce qui est attendu de nous est accessible et fluide. Il est alors possible dâavancer Ă grands pas vers lâaccomplissement de nouvelles Mitzvoth, une Teshouva mieux ancrĂ©e et plus complĂšte, qui ne peut que nous rapprocher de notre CrĂ©ateur.
Alors câest vrai que si lâon sâengage Ă ne plus fauter sans disposer des moyens de comprĂ©hension, mais aussi des forces et de la volontĂ© pour y parvenir, on se trouve en porte Ă faux. Le moyen de sâen sortir et dâĂȘtre cohĂ©rent est de sâengager Ă accomplir une Mitzva qui, comme on lâa vu, donnera lâenvie, mais aussi des forces et la volontĂ© dâen rĂ©aliser une autre, puis une autre, jusquâĂ une Teshouva harmonieuse et digne de ce nom. Quâon se rappelle de jamais se dĂ©courager, mai au contraire de nâoffrir aucune prise Ă tout ce qui veut nous dĂ©tourner et entamer notre dĂ©termination Ă progresser. Nous pouvons aussi demander, voire implorer, lâaide de HASHEM pour y parvenir. Nous ne pouvons que souhaiter Behatslaâha Rabba ! Que chacun rĂ©ussisse !
Rav AriĂ© Benzaken mâa fait remarquer que ce qui prĂ©cĂšde ne concerne que « Ben Adam LaMakom », la relation entre lâhomme et le CrĂ©ateur, mais pas la relation « Ben Adam LaâHavero », la relation entre lâhomme et son prochain. Cela paraissait Ă©vident, mais mĂ©rite nĂ©anmoins dâĂȘtre prĂ©cisĂ©.
Il est clair que si lâon commet le moindre tort ou prĂ©judice Ă autrui, on a lâobligation de le rĂ©parer ou de le compenser pour obtenir son pardon. Il sâagit ici dâune relation trĂšs diffĂ©rente de celle qui lie lâhomme Ă HASHEM Qui peut tout pardonner, notamment Ă Yom Kippour, voire Ă Shemini AtsĂ©rĂšth et, selon les âHassidim, jusquâĂ âHanouka. Notons tout de mĂȘme que « Ben Adam LaâHavĂ©ro » dĂ©pend aussi de « Ben Adam LaMakom » puisque câest une Mitzva de la Torah « VeAhavta LeRĂ©akha Kamokha » dâaimer son prochain comme soi-mĂȘme (Levitique 19,18).