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Ma vie et moi 🙂

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30 décembre 2022

noel de lumiĂšre

Noel ne se résume pas au réveillon du 24 et aux cadeaux sous le sapin décoré du 25 au matin. La période de noel commence dÚs l'avent, début décembre, et se termine à l'épiphanie début janvier. C'est le meilleur moment de l'année pour améliorer ses traits de caractÚre.

Pendant ce noel, il m'est venu Ă  l'esprit un voeu assez Ă©trange : avant de m'endormir (difficilement, je n'ai dormi que 4 heures...) vers 1 heure du matin, j'ai ardemment souhaitĂ© que des anges de lumiĂšre, de bienveillance, descendent sur terre pour apporter Ă  l'humanitĂ© de la moralitĂ©. Je suis las, mais alors trĂšs las, d'entendre parler du papa noel et ses chansons idiotes pour gosses. Noel est une fĂȘte chrĂ©tienne, avec un message chrĂ©tien. Ce noel Ă©tait trĂšs spĂ©cial, non seulement il tombait un dimanche comme Ă  l'Ă©poque de la rĂ©surrection de jĂ©sus christ, mais en plus dans le calendrier juif il tombait le jour de roch 'hochech et du 8e jour de 'hanouccah. Autant dire que c'Ă©tait un vrai noel de lumiĂšre. L'ancien testament et le nouveau testament ne font qu'un, le peuple juif est le "frĂšre aĂźnĂ©" des nations afin d'aider l'humanitĂ© Ă  renouer le dialogue avec D.ieu. Il faut juste suivre l'Ă©toile qu'on a dans le coeur. J'ai demandĂ© Ă  jĂ©sus christ de bĂ©nir mon sapin, afin qu'il n'y ait pas d'Ă©nervements, pas de dĂ©ceptions.


Pendant ce noel, j'ai regardĂ© Le Grinch ainsi qu'AstĂ©rix chez les bretons, ai eu des moments trĂšs tendres avec mon homme, j'ai priĂ© avec mon chapelet devant une icĂŽne bizantine du 11e siĂšcle au moins 5 fois, et surtout j'ai lu un livre formidable sur le bonheur. Il a Ă©tĂ© Ă©crit en 1922, il y a tout juste un siĂšcle, et pourtant il est d'une grande modernitĂ©. Ses paroles m'ont bien plus aidĂ© Ă  voir clair en moi que des bouquins de dĂ©veloppement personnel d'aujourd'hui. C'est un mĂ©decin qui l'a rĂ©digĂ©. Son message ? Le vrai bonheur, c'est avoir un coeur bon, donner aux autres. Le vrai danger, c'est de croire qu'on devient heureux en satisfaisant ses dĂ©sirs Ă©goistes. Cela correspond tout Ă  fait aux vertus chrĂ©tiennes de noel que sont la bienveillance, la gĂ©nĂ©rositĂ©, le partage, l'amour, le pardon. J'essaye de me guĂ©rir intĂ©rieurement, d'ĂȘtre dans une dĂ©marche de pardon mĂȘme pour ceux dont les actes envers moi sont impardonnables. Je n'en peux plus de vivre dans la haine, la colĂšre et la peur depuis 25 ans. C'est peut-ĂȘtre un faux pardon, mais j'ai besoin d'avoir dans le coeur, l'esprit et mĂȘme le corps les vertus chrĂ©tiennes. Je ne veux pas oublier ce noel, il m'a apportĂ© beaucoup de lumiĂšre. Que ses messages de paix soient sur moi le plus longtemps possible. Quand j'ai souhaitĂ© un joyeux noel Ă  ma chatounette, elle a eu un regard heureux, mĂȘme si Ă  un moment elle a prĂ©fĂ©rĂ© se faufiler sous notre couette plutĂŽt que de courir aprĂšs son nouveau jouet ou dormir sur son nouveau coussin rembourrĂ© ...


Par contre j'ai été un peu déçu de radio notre dame, je m'attendais à écouter des messes. Eh bien non, juste des chants de noel occitans du 18e siÚcle.

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20 décembre 2022

"tu scendi dalle stelle" , alfonso maria de liguori

J'aime beaucoup ce chant de noel italien. Un pifferatto merveilleux. Il a Ă©tĂ© composĂ© dans la province de naples en 1754. Alfonso fut d'abord avocat, puis prĂȘtre et archevĂȘque de l'Ă©glise romaine du TrĂšs Saint RĂ©dempteur. Il est aussi connu pour ses Ă©crits thĂ©ologiques. Ce chant cĂ©lĂšbre l'arrivĂ©e de Jesus christ dans le froid, la faim, la pauvretĂ©, et le don de son Amour au monde. C'est le pape pie IX qui la traduisit du napolitain Ă  l'italien.

15 décembre 2022

exorcisé

LibĂšre-nous du mal - editionsartege.frJe suis vraiment content d'avoir achetĂ© ce livre, parce que c'est trĂšs rare de lire un ouvrage Ă©crit par un prĂȘtre.
Ce livre aborde le thĂšme de l'exorcisme. Ce prĂȘtre fut jadis un pratiquant de sorcellerie, ce n'est qu'aprĂšs sa conversion au christianisme qu'il a dĂ©cidĂ© d'aider d'autres personnes dans le mĂȘme cas que lui. Ses conseils ont beaucoup de bon sens, ce n'est pas un "allumĂ©" comme certains pourraient le dire avec mĂ©chancetĂ©.

En le lisant, je me suis rendu compte combien le ministĂšre de dĂ©livrance est une affaire sĂ©rieuse. Evidemment, avant de lire son livre, j'avais la tĂȘte farcie d'idioties Ă  la harry potter ; aprĂšs lecture, je rĂ©alise combien la prĂ©sence des dĂ©mons est rĂ©elle et toxique. Le monde dans lequel nous vivons est sataniste, les valeurs morales sont ridiculisĂ©es au profit de l'argent, les valeurs humaines comme la charitĂ© sont anĂ©anties par ces gens toujours trop pressĂ©s et indiffĂ©rents pour prĂȘter la moindre attention aux autres. On est environnĂ© de pratiques magiques, sans qu'on en ait pleinement conscience, notamment par cette mode du yoga et du dĂ©veloppement personnel orientaliste. La sociĂ©tĂ© occidentale a complĂštement dĂ©formĂ© et vidĂ© de leur sens certaines religions comme le bouddhisme, l'hindouisme, les croyances amerindiennes, en en faisant un melting pot commercial pour gens dĂ©soeuvrĂ©s et dĂ©sorientĂ©s.


Ce livre est à mes yeux bien plus qu'un simple "bouquin" sur l'exorcisme, c'est avant tout une prise de conscience des ténÚbres qui nous entourent et nous étouffent. C'est une aide précieuse pour désamorcer le mal intérieur dont je souffre personnellement depuis des années. Trop de traumatismes, trop de secrets, trop de situations non réglées me pourrissent la conscience chaque jour. Au moins, je me dis que si je devais mourir bientÎt, j'aurais appris le moyen de me délivrer de certaines entraves psychiques et spirituelles. Je me rends compte à quel point je ne supporte plus du tout les moeurs et mentalités des gens. Il n'y a plus grand-chose qui m'intéresse véritablement, à part la religion.


Je suis content d'avoir trouvé cet ouvrage lumineux, il me donne de la force pour continuer d'avancer. J'ai aimé toutes les parties, autant celle, théorique, qui aborde l'histoire du Satan (qui veut dire "adversaire" ou "mauvais penchant" en hébreu) que celle , nettement plus concrÚte, du déroulement des journées de délivrance. Il y a eu une en 2019 à l'église saint sulpice, j'aimerais bien participer à la prochaine. En annexe, il y a des priÚres de guérison, de réconciliation, de délivrance que j'ai lues avec mon chapelet.


En italie, les exorcismes sont chose courante, mais ici ce n'est pas pris au sĂ©rieux et c'est un tort. Un exorcisme, un vrai, n'a strictement rien Ă  voir avec les films d'horreur Ă  la con, on ne dĂ©gueule pas de la purĂ©e de pois cassĂ©s en dĂ©bitant des obscĂ©nitĂ©s, la tĂȘte retournĂ©e sur le dos. C'est avant tout une dĂ©marche de conversion au christ, principalement par la priĂšre, le jeĂ»ne et un accompagnateur spirituel pour donner plus de saintetĂ© Ă  notre vie de merde.

" Beaucoup de nos contemporains (les jeunes en particulier, toujours Ă  la recherche de sensations fortes et amateurs de grands frissons) sont plus attirĂ©s par ce qui est sombre, glauque, inquiĂ©tant, que par Dieu qui est lumiĂšre et amour, considĂ©rĂ© comme soporifique, sans relief, terne et conventionnel. Ils ne se rendent pas compte qu'il n'y a rien de plus limitĂ©, ennuyeux, strĂ©rĂ©otypĂ© que le mal et les oeuvres du diable. Les prĂȘtres qui confessent vous le dirons tous : le pĂ©chĂ© est sans surprise et trĂšs rĂ©pĂ©titif. Nous sommes d'ailleurs capables de les rĂ©pertorier, de les cataloguer, alors que les grĂąces divines sont infinies. L'amour et la vie sont d'une inventivitĂ© et d'une crĂ©ativitĂ© surprenantes. Les dĂ©mons se ressemblent tous et agissent de maniĂšre stĂ©rĂ©otypĂ©e."

15 décembre 2022

monstrueux


La veille de mon anniversaire, j'ai fait un cauchemar atroce. Vraiment horrible. Je ne sais pas si j'ai attrapĂ© froid ou si c'Ă©tait une rĂ©action nerveuse, mais j'ai fait une assez forte fiĂšvre. J'avais trĂšs chaud, il m'Ă©tait impossible de dormir. Mais j'Ă©tais plongĂ© dans une sorte d'Ă©tat semi-Ă©veillĂ©, semi-somnolent, et je me sentais tirĂ© vers ces images affreuses, ça ressemblait Ă  un dĂ©lire version Bosh, mon mari n'arrivait pas Ă  me rĂ©veiller... C'Ă©tait pire qu'un film d'horreur. Je crois que c'est le cauchemar le plus trash de toute ma vie. Tout commençait avec mon pĂšre qui me disait : "je t'ai entendu pleurer, cette nuit". Alors, je me mettais Ă  hurler de façon hystĂ©rique et entrais dans une piĂšce labyrinthique oĂč je croisais des gens trĂšs bizarres, plutĂŽt monstrueux, dĂ©moniaques. Le pire moment a Ă©tĂ© vers la fin, quand je voyais un homme nu hurler de douleur, Ă  qui on arrachait Ă  coup de pioches la moelle Ă©piniĂšre... le sang giclait partout... Une nana me disait qu'un film avait Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© sur ce fait rĂ©el, ça s'appelait "correnzyme"... Un autre film dans le mĂȘme genre horrifique se basait sur un homme Ă  qui on avait arrachĂ© la mĂąchoire... Ah et aussi, je couchais avec deux gars africains, deux cuistots que j'avais rencontrĂ©s Ă  la yechiva loubavitch que je frĂ©quentais Ă  montrĂ©al...Ils Ă©taient sympas avec moi, dans ce cauchemar, je ne sais pas pourquoi ...


Vraiment, je me suis pas senti au top de ma forme quand je me suis réveillé...Je me suis dit : "il ne faut pas que je l'oublie"; évidemment, j'en ai oublié une bonne partie... A la fin du cauchemar, quand je quittais cet endroit infernal, je retrouvais mon pÚre et je comprenais combien je me sentais coupable. "Coupable", c'était le mot clef pour comprendre le message de ce cauchemar.

8 décembre 2022

entretien avec un vampire

 Entretien avec un vampire en DVD : Entretien avec un vampire - DVD Zone 1 -  AlloCinĂ©Comment dĂ©crire ce que je ressens pour un livre qui a changĂ© ma vie ?

J'ai vu le film "Entretien avec un vampire" il y a bien longtemps, j'avais 12 ans à l'époque. J'ai été profondément fasciné et façonné par cette histoire. Ce n'est pas tant mon goût pour le fantastique qui m'a plu, mais l'ambiance terriblement romantique. Maintenant que j'ai lu le roman originel, je comprends pourquoi anne rice est considérée comme une auteure gothique. Le livre est empreint de poésie, de lumiÚre, de ténÚbres, d'humanité. C'est à mes yeux un bijou d'esthétique et de compréhension du coeur humain.

Quand j'Ă©tais jeune, j'aimais tout particuliĂšrement la musique du film. En l'Ă©coutant dans ma chambre, j'inventais des chorĂ©graphies. Cette musique me troublait intensĂ©ment. C'est Ă  ce moment que j'ai dĂ©veloppĂ© une sensibilitĂ© gothique monumentale. Le vampire est une crĂ©ature mythologique qui me fascinait par sa sensualitĂ©, elle incarnait pour moi un dĂ©sespoir, une dĂ©tresse, un sentiment de damnation. Je recherchais la beautĂ©, je cherchais dieu mais ne trouvais que du vide. Sans ce film, je serais devenu trĂšs diffĂ©rent. Ce film m'a marquĂ© au fer rouge. Pendant plusieurs annĂ©es, je suis devenu gothique. J'avais les cheveux longs que je teignais en noir, je me soulignais les yeux de noir (comme sur la photo de profil), je mettais du rouge sur les lĂšvres, je m'habillais en noir avec des vĂȘtements assez théùtraux, je me blanchissais la peau pour qu'elle devienne diaphane.J'incarnais un personnage. On m'appelait "le prince des tĂ©nĂšbres", c'est dire ...VoilĂ  pourquoi j'avais autant d'amants : ils Ă©taient fascinĂ©s par mon personnage goth, pas par moi. DĂ©sormais, je n'ai plus ce style physique, mais dans la tĂȘte je suis restĂ© gothique. C'est ce film /roman qui m'a fait aimer la nuit, qui m'a permis de me sentir libre la nuit. C'est grĂące Ă  lui que j'ai dĂ©veloppĂ© ma sensualitĂ©.

A 17 ans, j'avais lu les trois premiers tomes de la chronique des vampires. J'avais terriblement aimé, j'avais la sensation que les mots de l'auteure étaient plus puissants que les miens. Aujourd'hui, à plus de 20 ans d'intervalle, j'ai relu ce récit. Il m'a paru encore différent, plus fort, plus dense. Plus mature. Anne rice fait montre d'une trÚs grande philosophie de vie dans ses dialogues, ses personnages. Elle a une finesse toute poétique, non feinte, c'est ce qui rend son roman si intense.

Bien entendu, je n'ai pas pu m'empĂȘcher de comparer au film. Il y a un certain nombre de scĂšnes qui ont Ă©tĂ© coupĂ©es. Dans le film, claudia est un personnage plutĂŽt secondaire, alors que dans le livre elle a une grande importance, tout tourne autour d'elle. Le dĂ©sespoir de louis est poignant, trĂšs inspirĂ© par le romantisme du 19e siĂšcle. Quant Ă  lestat, il est nettement plus fragile dans le roman que dans le film. La fin aussi est trĂšs diffĂ©rente, c'est louis qui "croque" le journaliste, pas lestat. Il y a toute une partie sur les vampires des carpathes dont le film ne fait pas mention.

J'ai revu le film il y a 3 ans, cela m'a rappelé qu'il y a une histoire d'amour homosexuelle sous-jacente. Mais c'est fait avec tant de pudeur, qu'on y voit avant tout une simple beauté.
Ce roman a été écrit en 1976. ça se sent à la lenteur des personnages, anne rice prend le temps de décrire les émotions, les pensées, les introspections, les réactions, les situations, les lieux. Du coup, en tant que lecteur j'ai pris mon temps pour savourer ce livre. Plus j'aime un livre, moins je lis vite pour mieux m'imprégner des mots de l'auteur(e). C'est magnifique, tout simplement. Il y a des livres, comme ça, qui vous façonnent à vie, dans votre façon d'interagir avec votre époque, de (dé)construire votre personnalité. Ce roman fait définitivement partie de moi, grùce sa maniÚre délicate de percevoir l'amour homosexuel. C'est une histoire gracieuse et passionnée.

"Tu es la nuit. Elle seule te comprend et te prend dans ses bras. En harmonie avec les ténÚbres. Sans cauchemar. Une paix inexplicable."

 

 

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30 novembre 2022

40 ans

 Le rabbi de loubavitch a dit que fĂȘter son anniversaire Ă©tait l'occasion de faire le bilan de sa vie, pour voir si on Ă©tait sur le bon chemin. Pour lui, c'est une introspection, une prise de conscience. J'adhĂšre Ă  cet Ă©tat d'esprit. HĂ©las, c'est aux antipodes de ce qu'on a l'habitude de faire pendant un "annif" : voir des potes, picoler, s'amuser, recevoir des tas de cadeaux. Moi, j'ai toujours vĂ©cu mes anniversaires comme des drames. Des parents qui n'avaient rien Ă  me dire, des cadeaux impersonnels, des amis qui ne venaient pas. Je me sentais un peu comme le personnage de science fiction lex luthor, trĂšs seul, personne ne venait Ă  ses anniversaires, un pĂšre qui ne lui manifestait aucun amour. Ces derniĂšres annĂ©es, mon mari m'a fĂȘtĂ© dignement mes anniversaires, qui Ă©taient trĂšs sympathiques. Mieux que sympas, c'Ă©taient des moments personnels, ce que je n'avais jamais connu dans ma jeunesse.

Cette annĂ©e, je vais avoir 40 ans. Un tournant dans une vie, semble-il. La jeunesse est derriĂšre moi, ce n'est pas encore le moment de la veillesse : on appelle cela la maturitĂ©. Qu'ai-je Ă  en dire ? Que je ne souhaite pas fĂȘter mon anniversaire, cette fois-ci. J'ai comme l'envie irraisonnĂ©e de me fuir, me cacher, me terrer dans mon coin, n'ĂȘtre vu de personne. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça, mais rĂ©cemment je me suis Ă  nouveau scarifiĂ© le bras. Je n'ai pas de douleur particuliĂšre, pas comme avant oĂč mon bras Ă©tait vraiment ankylosĂ©, handicapĂ© pendant une journĂ©e. MalgrĂ© mes tentatives pour cacher la plaie, mon mari s'en est aperçu. Je l'ai rarement vu pleurer, mais lĂ  il l'a fait. ça m'a bouleversĂ©. Je me suis excusĂ©, lui ai promis de ne plus recommencer. Pendant une heure, il m'a passĂ© un savon, il m'a dit : "et aprĂšs ce sera quoi ? Une tentative de suicide ?" Il s'Ă©tait mis dans la tĂȘte qu'il n'avait pas rĂ©ussi Ă  me rendre heureux, alors qu'il est la seule et unique personne Ă  me rendre heureux. Seulement parfois, je me dis que je n'arrive pas en profondeur Ă  me sentir bien.

Quand je n'ai pas de soucis particuliers, une part de moi-mĂȘme reste dans la noirceur. Je me suis scarifiĂ© sans raison apparente, j'avais juste bu du vin. Cela faisait vingt ans que je ne l'avais plus fait. Il y a de multiples raisons plus ou moins conscientes qui peuvent me pousser Ă  cet acte, je ne saurais reconnaĂźtre laquelle. Peut-ĂȘtre une forme de lassitude, ou la peur de l'avenir, ou encore la haine de moi. Le dĂ©goĂ»t. Je l'ignore.

Mon mari s'est tant inquiĂ©tĂ© pour moi que le lendemain il s'est mis en tĂ©lĂ©travail pour rester prĂšs de moi. Je ne cherche pas Ă  me dĂ©fendre de cet acte, j'ai eu tort de le faire, mais le pire c'est que je l'ai commis sans ressentir de chagrin violent. Comme si c'Ă©tait normal de me donner ces coups de ciseaux. Quand je le fais, c'est exactement comme quand je me faisais vomir, le mĂȘme dĂ©goĂ»t de moi-mĂȘme, le mĂȘme tourment intĂ©rieur qui ne s'extirpe de moi que par quelque chose qui sort (du sang, du vomi).Mon mari aimerait que je suive une psychothĂ©rapie pendant un temps, un de ses collĂšgues est prĂȘt Ă  me recevoir. Il pense que je devrais parler de mes parents, de cette rupture familiale avec eux qui me mine, de leurs propos qui traĂźnent encore dans ma tĂȘte, comme des fantĂŽmes errants. De toutes ces 40 ans d'existence, je peux dire j'ai du mal Ă  vivre. D'ailleurs, j'Ă©tais certain de mourir bien avant, du sida ou du suicide. Me scarifier est peut-ĂȘtre une façon d'exprimer une culpabilitĂ© enracinĂ©e en moi depuis trĂšs longtemps. J'ai commencĂ© Ă  me couper le bras Ă  18 ans, aprĂšs le viol. Consciemment, je ne savais pas pourquoi je le faisais, je ressentais juste du mĂ©pris envers moi. Ce n'est que bien des annĂ©es plus tard que j'ai enfin admis la raison qui me poussait Ă  me faire mal. Cela ne finira-t-il donc jamais ? Est-ce un cercle vicieux ?

Je n'ai aucune envie qu'on me souhaite hypocritement un "bon anniversaire" qui va me laisser de marbre. L'Ăąge n'est peut-ĂȘtre qu'un numĂ©ro, mais j'ai dans les yeux bien plus que 40 ans. J'ai perdu cet Ă©clat dans le regard. Des souvenirs trop lourds Ă  porter. Envie d'oublier. Me taire.

29 novembre 2022

requiem , de gabriel fauré

J'adore ce morceau. Pour moi, il incarne le sommet de la magnificence. Presque une extase. C'est l'oeuvre la plus connue de gabriel fauré. Cela dure longtemps, 40 minutes, mais ça vaut le coup de le découvrir.

 

 

29 novembre 2022

aider leava

Hier soir, j'ai participĂ© Ă  une soirĂ©e "privĂ©e" sur zoom oĂč le rav ron chaya exprimait sa necessitĂ© d'ĂȘtre aidĂ© financiĂšrement pour aider sa yechiva Leava, Ă  jĂ©rusalem. Cela fait 30 ans qu'il aide les juifs : il leur apprend les lois du judaisme mais propose aussi des services de bontĂ© gratuits pour ceux qui n'ont pas d'argent. C'est un homme simple qui sait s'attirer la sympathie du public, il n'a rien d'un "gourou". Nous avons regardĂ©  une vidĂ©o en avant-premiĂšre, montrant tout le parcours de ce rabbin, ses efforts, mais aussi ce que ressentent les Ă©lĂšves de l'Ă©cole. A l'origine, on Ă©tait censĂ© ĂȘtre contactĂ© sur un groupe whatsapp spĂ©cifique, mais je prefĂšre envoyer des mails ou en parler ici. Il y avait Ă©normĂ©ment de gens, du monde entier. Beaucoup de rĂ©actions sur le tchat public.
Suivre des cours sur son site leava permet de changer la vie de bien des personnes. J'en fais partie. Je sais combien ces cours en ligne permettent de se sentir plus en harmonie avec soi quand on se sent mal dans cette sociĂ©tĂ©. J'invite donc les personnes intĂ©ressĂ©es Ă  donner un peu d'argent, selon leurs moyens, en carte ou en chĂšque, c'est important Ă  mes yeux de soutenir une yechiva en difficultĂ©, de la mĂȘme maniĂšre que c'est important aussi de donner de la charitĂ© Ă  noel.

 

Soutenez la diffusion de la Torah avec le Rav Ron Chaya - l'appel urgent du Rav

Le Rav Ron Chaya a besoin de chacun d'entre-nous Saurons-nous nous mobiliser pour la Torah et le Kirouv ? Il vous lance un appel aujourd'hui ? Lien sĂ©curisĂ© pour vous associer au rav Ron chaya : https://myleava.fr/dedicaces/ ✅ Cliquez sur le lien ĂȘtre en contact confidentiel WhatsApp avec le Rav Ron Chaya Pensez Ă  prĂ©ciser votre prĂ©nom et votre nom : https://wa.me/+972537082212?
Voici la vidéo que j'ai vue en visio :

 

27 novembre 2022

la charité de noel

Parfois, quand je parle autour de moi de la charitĂ© durant l'avent, j'ai l'impression de prĂȘcher pour des convaincus. Je suis vraiment choquĂ© quand j'entends parler de tous ceux qui revendent leurs cadeaux sur internet le 26 dĂ©cembre, des commerçants qui tirent la gueule aux clients en ne souhaitant pas de bonnes fĂȘtes de fin d'annĂ©e, des jeunes qui traĂźnent dans la rue le 25, des gens qui rĂąlent parce qu'ils sont "obligĂ©s" d'acheter des cadeaux au dernier moment, des familles qui prĂ©fĂšrent regarder leurs iphones au lieu de se parler, des personnes ĂągĂ©es/malades/pauvres isolĂ©es ce jour-lĂ  ...

Certains disent que noel est une fumisterie parce qu'on sait aujourd'hui, preuve archĂ©ologique Ă  l'appui, que jesus-christ serait nĂ© plutĂŽt vers pĂąques en jordanie... Rien Ă  voir, donc, avec le chĂ©rubin blondinet mis au monde par une Vierge. Ce jour a Ă©tĂ© inventĂ© par l'Eglise pour contrer les croyances paiennes qui sĂ©vissaient aprĂšs la mort de yehouda (vrai prĂ©nom de jĂ©sus). MĂȘme si le noel qu'on connaĂźt tous n'a pas l'exactitude historique espĂ©rĂ©e, il n'empĂȘche que cela reste un jour de bienveillance, de pardon, de charitĂ©.

Pendant l'avent, on voit beaucoup d'associations caritatives qui quĂ©mandent de l'argent. Pour ma part, c'est la pĂ©riode de l'annĂ©e durant laquelle je tente d'amĂ©liorer mes traits de caractĂšre. Oui, je donne un peu d'argent Ă  des associations qui me semblent utiles. RĂ©cemment, j'ai participĂ© Ă  une vente organisĂ©e par la paroisse oĂč je suis bĂ©nĂ©vole depuis quelques mois. J'avais pas mal de fringues Ă  vendre, alors je les ai proposĂ©es symboliquement Ă  un euro. Ensuite, j'ai reversĂ© la somme totale Ă  la paroisse. Non seulement je me dis que ça aide des personnes dans le besoin qui n'ont pas d'argent pour s'offrir des vĂȘtements, et en plus je suis en phase avec l'idĂ©e de bienfaisance de Noel.

Noel, cela représente surtout les valeurs morales chrétiennes qui s'effondrent les unes aprÚs les autres dans un monde qui ne jure que par la consommation. Ne serait-ce qu' avoir le sourire , parler avec gentillesse aux autres, rendre service... c'est diffuser une attitude bienveillante dont on a franchement besoin. Tout ne se résume pas à la course au fric.

25 novembre 2022

air gay radio

On m'a gentiment crĂ©e une page artiste sur la radio air gay, affiliĂ©e Ă  la maison d'Ă©dition quĂ©becoise homoromance  đŸ˜€đŸ˜€

 

Livres - ALEX.N

Air Gay Radio 256K The Station for the Gay Nation

https://www.airgayradio.net

 

22 novembre 2022

chocos fondus

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J'ai fait mes propres chocolats. Sur le moment, j'ai trouvé que c'était facile à réaliser : j'ai fait fondre du choco noir dessert, ai ajouté du beurre, de la crÚme fraßche, de la cannelle, de la poudre d'amande, du miel, du lait. J'ai mis le tout dans le congelo plusieurs heures. Le problÚme, c'est que... je n'avais pas prévu que ça allait fondre aussi vite !! J 'ignore si ça vient de l'absence de glaçage ou si j'ai mis trop de liquides, mais du coup ça a complÚtement fondu sur le pain d'épices sur lequel j'avais tout installé pour une jolie déco... J'ai beau cuisiner avec tout mon coeur, le résultat est parfois plus ou moins catastrophique ; soit ça brûle, soit à craque, soit ça fond, soit c'est carrément pas bon... Moi qui voulais faire la surprise à mon homme, il en a eu une quand il a vu combien mes personnages de noel avaient la gueule fondue !...Une gueule de bois au choco, quoi.

 

22 novembre 2022

bite-hérisson

Mon cher et tendre mari a , parfois, quelques soucis Ă©rectiles. Normal, vu qu'il approche des 50 ans. Seulement voilĂ , il a beau ĂȘtre psy, il a quand mĂȘme sa fiertĂ© de mĂąle et n'accepte pas ses pannes sexuelles. Du coup, on cherche -et trouve- divers moyens pour attiser le dĂ©sir et la jouissance. Les plantes naturelles comme la maca ou le bois tendu sont efficaces ... tant qu'il en prend. Mais l'effet se finit quand il cesse le traitement. D'ordinaire, mon mari ne se plaint jamais de mes excĂšs d'imagination au lit, au contraire, mais en ce moment il ronchonne. Pourtant, avec lui j'ai les mains lestes et trĂšs baladeuses...

J'ai donc cherché un moyen plus high-tech que d'habitude et j'ai trouvé...

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C'est un extenseur de pĂ©nis. Alors... mĂȘme si je trouve l'idĂ©e super, j'avoue que... que ça a la tronche d'une bite-hĂ©risson. MĂȘme si j'avoue aimer certains trucs SM, avoir ces piques en plastoc dans le cul ou dans la bouche, vraiment... ça ne me donne pas envie. Remarque, c'est peut-ĂȘtre parce que ça pique que le pĂ©nis grossit, ça fait comme l'ortie !!!

22 novembre 2022

chabbat thérapeutique

Quand je dis que je fais le chabbat, Ă©videmment j'ai droit Ă  la sempiternelle remarque "on te fait un lavage de cerveau". Eh bien non, les juifs pratiquants ne me lavent pas le cerveau (avec de l'eau de javel ou du savon noir ?), je ne fais pas partie d'une secte. FĂȘter chabbat est simplement un choix personnel.

Ce qui dĂ©range les autres autour de moi, c'est que je ne veuille plus sortir le samedi. ça dĂ©route, ça semble trĂšs bizarre. Ce qui me semble bizarre, Ă  moi, c'est d'ĂȘtre dans l'incapacitĂ© de faire le chabbat parce que "c'est trop dur de se reposer". On nous demande de respecter certains interdits, dont celui de ne pas travailler, ne pas cuisiner, ne pas acheter... A fortiori ne pas aller sur internet, couper son tĂ©lĂ©phone, ne pas regarder la tĂ©lĂ©vision, ne pas fumer, ne pas faire de sport... c'est cela qui dĂ©range les autres : ne pas pouvoir faire ce qu'on veut. Mais au-delĂ  du caractĂšre religieux, chabbat est avant tout un jour de repos. De VRAI repos, celui qui permet de ne pas devenir dĂ©pendant de la consommation ou au stress. On voit Ă©normĂ©ment de gens qui deviennent accros au boulot, Ă  l'achat, assommĂ©s ensuite par des burn out qui durent des annĂ©es. FĂȘter chabbat est une thĂ©rapie. J'ai entendu beaucoup, beaucoup, de juifs dire qu'il leur Ă©tait impossible de faire le chabbat parce qu'il leur Ă©tait impossible d'Ă©teindre leur iphone une journĂ©e dans la semaine ! Du coup, ils se sentent forcĂ©s de faire chabbat, ils picolent comme des trous et s'engueulent entre eux, ce qui est trĂšs, mais alors trĂšs loin de la paix qui est demandĂ©e Ă  chabbat. Ce jour-lĂ  est un jour de repos physique et psychologique.

Personnellement, c'est de fĂȘter chabbat qui m'a sorti du burn out que j'ai fait il y a plusieurs mois. Couper les ponts une journĂ©e dans la semaine avec la technologie, retrouver le plaisir de discuter, de mĂ©diter, de lire, de dormir, de manger dans le calme et Ă  table...eh ben purĂ©e ce que ça fait du bien Ă  l'organisme !! Avant, on avait le dimanche oĂč on pouvait se reposer. Les gens allaient Ă  l'Ă©glise, c'Ă©tait le jour du Seigneur pour voir sa famille, bien manger, se promener, prier, ne pas travailler. Aujourd'hui on bosse le dimanche, on va au centre commercial, on passe son temps sur internet,on se remet (mal) de sa gueule de bois... Les psys disent bien qu'on ne sait plus se reposer, on vit dans notre bulle, on est incapable d'avoir les pieds sur terre, voilĂ  pourquoi on craque comme des gosses en surtension qui ne savent pas lĂącher du lest quand c'est nĂ©cessaire.

Autrement dit, je trouve que le chabbat est le moyen le plus sain pour rester en bonne forme physiquement et mentalement. C'est de la foutaise de dire que c'est "difficile" de faire chabbat, c'est au contraire un régal de se reposer, de s'abandonner au repos autrement qu'en étant l'esclave de la consommation.

22 novembre 2022

Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait

LES CHOSES QU'ON DIT, LES CHOSES QU'ON FAIT (2020) - Film - Cinoche.comJ'ai vraiment beaucoup aimé ce film, qui aborde le sujet du désir sexuel. Il y a une trÚs grande finesse dans l'explication du mécanisme du désir, beaucoup d'élégance dans les personnages, absolument aucune vulgarité.C'est une sorte de vaudeville dramatique, un imbruglio de sentiments.

C'est l'histoire d'un homme parisien qui vient rendre visite Ă  son cousin Ă  la campagne. Il n'est pas lĂ , c'est sa compagne qui lui ouvre. Peu Ă  peu, ils se racontent le dĂ©but de leurs histoires d'amour rĂ©ciproques, livrant leur intimitĂ©. Il y est question de personnes qui n'osent pas tomber amoureuses, y prĂ©fĂ©rant l'ardeur du dĂ©sir. Il y a toute une rĂ©flexion profonde sur le dĂ©sir. C'est bien entendu un thĂšme qui me parle Ă©normĂ©ment, car le dĂ©sir est le moteur mĂȘme de ma vie. Il y a longtemps, j'avais souhaitĂ© faire une thĂšse sur la sexualitĂ©. J'avais flashĂ© sur foucault et son "histoire de la sexualitĂ©". Le dĂ©sir est un sujet qui dĂ©finit toute crĂ©ature vivante, c'est grĂące Ă  lui qu'on avance dans nos choix.

Ce film est un petit bijou de finesse psychologique, il aborde aussi l'art de la fausseté derriÚre lequel on cache notre désir refoulé, positif ou négatif comme le désir de mourir suite à une trahison, la peur de l'attachement, le coup de foudre. J'ai beaucoup aimé que les scÚnes soient théùtrales, aucun dialogue n'est inutile. Pas de temps mort, un rythme lent qui donne de l'intensité aux personnages. De plus, la musique classique en fond est un régal. Fabuleux. Le message final, c'est que le désir de l'infidélité est sans fin, qu'on doit choisir un chemin et s'y tenir.

6 novembre 2022

prix du roman érotique gay 2022

 

le-requiem-du-danseur

Lorsqu'on m'a annoncĂ©, mi octobre, que j'avais reçu le prix du roman gay 2022 , dans la catĂ©gorie Ă©rotique, pour mon livre "le requiem du danseur", j'en ai Ă©tĂ© trĂšs Ă©tonnĂ©. Quand j'ai envoyĂ©, Ă  la derniĂšre minute fin aoĂ»t, mon ouvrage, je voulais juste ĂȘtre lu par le jury. Evidemment, j'ai ressenti une grande fiertĂ© suite Ă  cette bonne nouvelle, c'est super de recevoir un prix national pour mon tout premier ouvrage. Et pourtant, je ne suis pas venu le 5 novembre au centre lgbt de beaubourg pour recevoir ce prix. D'une part, parce que ça tombait un samedi et que je suis indiponible ces jours-lĂ  vu que je fĂȘte chabbat ; d'autre part, je ne recherche plus les honneurs ; enfin, si j'avais fait mon discours de remerciement en prĂ©sentiel, j'aurais certainement pleurĂ© comme un bĂ©bĂ©, incapable de me retenir. Pendant les trois jours qui ont suivi l'annonce de ce prix, j'ai pleurĂ©, pleurĂ© chez moi. De soulagement. C'est un infini soulagement d'avoir reçu le prix du roman gay, parce que ça veut dire que mon roman a eu l'echo tant espĂ©rĂ©.

Ce roman, je l'ai Ă©crit trĂšs vite, pendant le premier confinement. Il n'est pas parfait. Mais je l'ai Ă©crit avec tout mon ĂȘtre, mes souvenirs, mes Ă©motions. J'avais la sensation que je DEVAIS l'Ă©crire. Pour les derniers chapitres, j'ai Ă©crit pendant sept heures d'affilĂ©e, cela m'a Ă©puisĂ© nerveusement mais rendu heureux. Je voulais que ce livre soit entendu, compris, et dans l'idĂ©al aimĂ©. Mon objectif semble avoir Ă©tĂ© atteint. Parler du viol d'homme dans la communautĂ© gay Ă©tait risquĂ©, mais si le jury a aimĂ© mon roman, cela prouve que la communautĂ© est aujourd'hui plus ouverte sur ce drame qu'il y a 20 ans. Il y a 20 ans, on me riait au nez quand j'en parlais, on me disait que la sexualitĂ© entre hommes Ă©tait "naturellement" plus fĂ©roce, plus violente. On me disait que, parce que je me droguais, je cherchais forcĂ©ment les ennuis. Or, si je me droguais, c'Ă©tait justement pour oublier ces abus. Celui qui m'a sorti de cet engrenage en me donnant toute sa douceur, c'est mon mari. Ce roman est pour lui rendre honneur, d'une certaine façon.

Avec ce livre, D.Ieu m'a accordĂ© la guĂ©rison. J'ai Ă©crit ce rĂ©cit parce que personne ne voulait Ă©couter mon alerte, mon message. On me jugeait trop Ă©gocentrique, trop nombriliste, alors qu'en rĂ©alitĂ© j'avais trĂšs mal. Ce qu'il y a de pire dans le viol, c'est l'indiffĂ©rence des autres, quand personne ne vous prend au sĂ©rieux quand vous dites que vous avez Ă©tĂ© violĂ©. C'est pire que tout, ça vous entraĂźne sur le chemin du suicide. Je me dis que, si mon livre a reçu ce prix, c'est qu'aujourd'hui la jeune gĂ©nĂ©ration est probablement plus prĂȘte Ă  parler de ce problĂšme qui est restĂ© un tabou pendant trop lontemps.
Je me dis, enfin, que je n'ai pas souffert toutes ces annĂ©es pour rien. Qu'il y avait une bonne raison pour que je revienne sur paris en plein covid, que j'affronte mes dĂ©mons intĂ©rieurs. Toutes ces douleurs qui me donnaient envie de mourir, elles ont enfin eu un Ă©cho auprĂšs d'un public. Peut-ĂȘtre que certaines personnes n'aimeront pas mon roman, possible, mais depuis que j'ai reçu ce prix je me sens plus en paix avec moi-mĂȘme, moins en colĂšre, parce que ce livre est la preuve que, malgrĂ© tout, on peut survivre au drame du viol. Ce que j'aimerais par-dessus tout, c'est que "le requiem du danseur" aide d'autres personnes Ă  faire le deuil de ce corps qui leur a Ă©tĂ© volĂ©.

Cela me rappelle une phrase d'asia argento, au tout dĂ©but du mouvement metoo, elle venait de dĂ©noncer weinstein et se faisait insulter de pute par les mĂ©dias italiens, par les gens dans la rue, sur twitter ; un jour, elle a publiĂ© une vidĂ©o sur instagram (aujourd'hui supprimĂ©e) oĂč elle disait, en pleurant, que "tout le monde a besoin de reconnaissance". Ce prix, c'est la reconnaissance Ă  laquelle j'aspirais tant. Asia argento a parlĂ©, dans son film autobiographique "scarlet diva", de cette agression. Elle a Ă©tĂ© si sincĂšre dans la rĂ©alisation des scĂšnes, du scĂ©nario, que son message a touchĂ© beaucoup de jeunes qui l'interpellent encore aujourd'hui dans la rue, en lui disant que son film les a guĂ©ris. C'est ce qui s'est passĂ© pour moi. Alors, j'espĂšre de tout coeur que mon ouvrage aura le mĂȘme effet : donner un vrai message d'espoir Ă  tous ceux qui, comme moi, ont vu leur honneur piĂ©tinĂ©, bafouĂ©, humiliĂ©, volĂ©.

Voici mon discours de remerciement, que l'organisateur du concours a accepté de lire en mon absence:

"Mesdames, Messieurs,
C'est avec un immense honneur que je reçois ce prix pour mon ouvrage "le requiem du danseur". J'ai voulu, à travers cette histoire parallÚle de drogue et de transidentité, aborder le sujet douloureux ,et Î combien actuel, du viol. Personne n'est à l'abri de l'agression sexuelle, ce qui engendre des dégùts psychologiques considérables et une grande difficulté pour reconstruire sa personnalité. Grùce à ce livre, j'ai souhaité à la fois mettre en garde les jeunes contre la toxicomanie et l'hypersexualisation des gays au sein de la communauté. J'espÚre de tout coeur que cet ouvrage sera d'utilité publique et permettra à la jeune génération d'aller au-delà des peurs sur la transidentité en suscitant une réflexion sur leur rapport au corps. Ecrire un roman érotique va, selon moi, de pair avec un engagement contre l'homophobie, le viol et la toxicomanie. Merci du fond du coeur, Alex N."

J'aurais pu me faire reprĂ©senter par mon mari ou par la maison d'edition, mais j'ai prĂ©fĂ©rĂ© utiliser mes propres mots car il faut avoir les pieds sur terre quand on reçoit un prix pour son travail artistique. J'en avais reçu un, il y a 8 ans, pour un rĂŽle de danseur, cela m'avait farci la tĂȘte de rĂȘves de gloriole. Maintenant, je suis plus mature, je garde la tĂȘte sur les Ă©paules car, mĂȘme si les ventes du livre vont exploser du fait qu'Hachette va envoyer mon ouvrage un peu partout en france, la rĂ©alitĂ© c'est que je ne suis pour le monde Ă©ditorial qu'une Ă©niĂšme vache Ă  lait. Je n'ai aucune envie de me prendre en selfie avec mon prix pour le poster sur instagram, je prefĂšre y voir simplement un tremplin pour amĂ©liorer encore ma façon d'Ă©crire et ĂȘtre Ă  la hauteur de mes hĂ©ros littĂ©raires classiques dont je suis si friand.

3 novembre 2022

Halewyn

Depuis quelque temps, fĂȘter hallloween m'insupporte. C'est devenu comme noel, autrement dit une fĂȘte commerciale Ă  l'extrĂȘme, dĂ©nuĂ©e de son vĂ©ritable sens. Bien entendu, c'est une fĂȘte "mignonne", je l'ai vĂ©cue plusieurs fois quand je vivais au canada, j'ai eu la chance de voir un dĂ©filĂ© dans la petite ville portuaire de salem, oĂč cette nuit est plutĂŽt une commĂ©moration, le long du cimetiĂšre, de la chasse aux sorciĂšres pendant l'Inquisition, qui fait d'ailleurs Ă©cho Ă  son musĂ©e que j'ai beaucoup aimĂ©.

Des gosses qui demandent des bombecs, des masques effrayants, des soirĂ©es amusantes, des concerts...ok c'est cool. Mais il est bien aussi de se remĂ©morer qu'il s'agit Ă  l'origine d'une tradition irlandaise nommĂ©e "samain", une fĂȘte celtique de 7 jours qui honorait la mort de l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente en la dĂ©capitant Ă  l'occasion de repas rituels, un peu dans l'idĂ©e de la saint-sylvestre, pour faire venir la nouvelle annĂ©e. Cette fĂȘte paienne n'est devenue chrĂ©tienne qu'au VIII e siĂšcle, la Toussaint le 1e novembre et la fĂȘte des dĂ©funts le 2 novembre, sur ordre du pape GrĂ©goire III.


Halloween dĂ©rive de la lĂ©gende flamande d'halewyn, Ă©crite anonymement.J'ai eu grand plaisir Ă  lire ce trĂšs court rĂ©cit Ă©crit en vieux français du moyen-Ăąge. C'est l'histoire du seigneur halewyn qui est fort cruel. Toutes les personnes qui entendaient son chant Ă©taient ensuite tuĂ©es. Un jour, une jeune princesse, sĂ©duite par ce chant fatal, dĂ©cide de rencontrer halewyn dans une sombre forĂȘt peuplĂ©e de crĂ©atures tĂ©nĂ©breuses. Le lecteur la croit naive, mais non ! en fait elle fomente une ruse qui lui permet de dĂ©capiter halewyn dans un moment d'inattention avant qu'il ne la tue. Elle retourne dans son chĂąteau, Ă©vide la tĂȘte et en fait une lampe, ce qui fait Ă©videmment penser aux tĂȘtes de citrouille Ă©vidĂ©es illuminĂ©es pendant halloween.
Cette fĂȘte est associĂ©e au surnaturel, faisant lĂ  encore Ă©cho au "sid" de la tradition celtique, le lieu oĂč rĂ©sidait les dieux et les morts.

25 octobre 2022

oĂč en suis-je ?

Depuis quelque temps, mon mari me dit souvent de ne plus avoir honte de moi. Pendant la crise du covid, j'ai pris conscience que j'avais du mal Ă  accepter mon homosexualitĂ©. Pendant des annĂ©es, j'ai Ă©tĂ© provocateur. Pour un peu, je me serais mis  Ă  poil Ă  la gay pride. On m'a toujours poussĂ© Ă  ĂȘtre impudique en public. Le souci, c'est qu'Ă  l'origine j'ai une personnalitĂ© pudique, timide et sĂ©rieuse. Au fil de mon adolescence, j'ai dĂ©veloppĂ© une double personnalitĂ© mi ange mi dĂ©mon. Un cĂŽtĂ© gentil, obĂ©issant, discret et un autre qui est son exact opposĂ©. Bien des gens ont dit de moi que j'avais un comportement schizophrĂšne. En fait, j'ai surtout crĂ©e un masque pour me protĂ©ger de l'homophobie en "vomissant" mon corps, d'une certaine maniĂšre. J'ai jouĂ© au gars superficiel, impudent, au point que ça m'a collĂ© Ă  la peau et est clairement devenu une seconde nature.

Pendant les confinements, le port du masque m'a empĂȘchĂ© de jouer ce rĂŽle. Je ne pouvais plus sourire en public pour camoufler mon malaise, ma timiditĂ©. VoilĂ  pourquoi j'ai Ă©tĂ© aussi mal en point pendant tout ce temps : j'ai Ă©tĂ© obligĂ© de faire face Ă  moi-mĂȘme. Et ça a Ă©tĂ© dur, trĂšs dur de regarder en face ce qu'on est, ce qu'on n'est pas devenu. Alors, une idĂ©e a pointĂ© le bout de son nez : et si je pratiquais plus assidĂ»ment le judaisme ? Mon mari m'a toujours poussĂ© Ă  renouer avec mes origines juives, mais j'ai Ă©tĂ© lĂąche, comme dans beaucoup de domaines, j'ai prĂ©fĂ©rĂ© fuir plutĂŽt que de m'engager sur cette voie. Et puis, rĂ©cemment, j'ai rĂ©alisĂ© que j'en avais assez de vivre dans la honte. Toute ma vie, j'ai vĂ©cu dans la honte de ce que je suis, mon homosexualitĂ©, ma transidentitĂ©, mon ancienne toxicomanie, les agressions que j'ai subies. Tout le monde me disait que je n'avais pas le profil pour ĂȘtre un mari, encore moins un pĂšre, ce qui m'a fait perdre ma confiance en moi, en l'avenir. RĂ©cemment, j'ai pris mon courage Ă  deux mains et j'ai contactĂ© un rabbin isrĂ©alien pour lui demander si je pouvais aller Ă©tudier la Torah dans un kollel ( centre d'Ă©tudes juives pour les hommes mariĂ©s uniquement), malgrĂ© mon homosexualitĂ©. Je ne lui ai rien cachĂ©, ni que j'Ă©tais mariĂ© avec un homme non juif, ni que j'avais Ă©tĂ© "recalĂ©" par des loubavitch il y a quelque temps, ni mon sentiment de honte, ni mon impudeur en public. Il m'a rĂ©pondu gentiment et fermement : "Je pense que vous avez tout Ă  fait raison.
Je connais plusieurs homosexuels orthodoxes, mais à ce que je sache en tout cas, eux n’ont pas eu de relation avec des hommes
 mais ce n'est pas parce qu'ils ont cette tendance qu’ils doivent quitter la Torah.
Et mĂȘme si donc vous continuez Ă  faire Ă  ce genre de pĂ©chĂ©s, ce n'est pas une raison pour ne rien faire.Je ne connais pas de Collel Ă  Paris (je suis Ă  JĂ©rusalem), mais de toute façon ce n'est pas bien d'annoncer sur les toits que vous ĂȘtes homosexuel ; c'est une question qui vous concerne vous tout seul"

J'ai besoin d'ĂȘtre cadrĂ© par un rabbin. Je n'ai pas Ă©tĂ© Ă©duquĂ© par mes parents, ils se foutaient de moi, ils me disaient : "bah fais ce que tu veux, on s'en fiche". J'ai fait ce que j'ai voulu, cela ne m'a pas rĂ©ussi du tout, j'ai sombrĂ© dans les tĂ©nĂšbres.

J'en ai vraiment assez d'entendre dire que les juifs religieux sont des sortes de monstres sectaires qui empĂȘchent les autres de s'Ă©panouir. Ils ont une logique diffĂ©rente de l'occident, voilĂ  tout. Le judaisme dĂ©veloppe l'idĂ©e d'une soumission Ă  la religion, en ne cherchant pas Ă  se diffĂ©rencier de son voisin pour ne pas l'humilier. Evidemment, c'est entiĂšrement contraire aux moeurs occidentales qui poussent Ă  la convoitise, l'apparence, le sexe effrenĂ©, la consommation, la compĂ©tition, l'orgueil. J'ai donc demandĂ© au rav ron chaya de m'Ă©clairer sur la façon dont je peux devenir plus pudique. Il m'a d'ailleurs dit qu'il m'aurait acceptĂ© trĂšs volontiers dans sa yĂ©chiva Ă  jĂ©rusalem. Je vais tenter de suivre ses conseils : ne pas parler de ce qui est sexuel (aie aie aie, moi qui parle souvent de cul), ne pas montrer sa chair en public et en privĂ© (oups, j'ai une tendance nudiste au lit), ne pas dĂ©voiler son corps trop longtemps dans la salle de bains ( ouille, ouille, moi qui adore me pavaner en me faisant des soins esthĂ©tiques). Je veux vraiment tenter de redevenir le gars simple et pudique que j'Ă©tais avant, ce cĂŽtĂ© -lĂ  n'a pas complĂštement disparu sous la couche de vernis (bah oui, je suis bigenre, hein) de provocation qui fut ma vie pendant si longtemps.

Je pense aussi que l'homosexualitĂ© n'est pas une raison pour abandonner l'Ă©tude du judaisme, j'aime fĂȘter chabbat, j'aime la morale juive, j'ai aussi l'impression que je joue un rĂŽle quand je suis dans la sociĂ©tĂ© non-juive, comme si je n'Ă©tais plus Ă  ma place depuis quelque temps. Il y a des choses que je ne supporte plus du tout : les centres commerciaux, les rĂ©seaux sociaux, les bars, le shopping, le cinĂ©ma, les restos...C'est du vide. Je ne peux plus, j'ai besoin de tourner une page. Je ne sais pas si je vais y arriver, encore moins tenir ma rĂ©solution, mais je veux tenter le coup. Pour retrouver l'honneur qui m'a Ă©tĂ© enlevĂ© Ă  cause de cette impudeur forcĂ©e.

 

Concernant la tsniout chez les hommes...

Chalom Rav, Concernant la tsniout chez les homme, comment ĂȘtre en temps normale? Et en tant de priĂšre ? Etude? J'ai vu que les hommes pouvaient s'habiller de la maniĂšre ou ils ont pas honte devant quelqu'un de pas respectable . Dans un de vos cours vous dite il faut cacher la clavicule ( [...]

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 Je joins un message reçu de l'association dvar torah, qui m'interpelle tout particuliĂšrement suite Ă  cette note :

"Il faut en effet savoir perdre lorsque l’on peut encore, à la grñce du Ciel, se redresser pour rebondir, au lieu de s’effondrer et abandonner."

Est-ce bien de dire : « Regretter, reconnaĂźtre et dĂ©clarer sans s’engager Ă  ne plus recommencer serait finalement un encouragement Ă  persister dans la faute Â» ? Doit-on le comprendre rĂ©ellement ainsi ?

La Teshouva est un cheminement. Elle ne se rĂ©alise quasiment jamais complĂštement du jour au lendemain, mais plutĂŽt par Ă©tapes. Prendre une dĂ©cision de respecter une Mitzva est important et dĂ©cisif. En s’engageant, de nouvelles Ă©nergies vont naĂźtre et, en dĂ©finitive, HASHEM donnera l’envie, la force, puis la volontĂ© d’accomplir encore une autre Mitzva. Celle-ci, Ă  son tour, donnera l’envie, la force, puis la volontĂ© d’accomplir encore une autre Mitzva, et ainsi de suite. Jusqu’à ce qu’on en vienne Ă  se parfaire dans ce chemin de Teshouva. 

Il n’y a donc absolument pas lieu de dĂ©sespĂ©rer et de se dire que c’est trop difficile de changer. D’autant qu’il y a des situations compliquĂ©es qui peuvent exiger bien des efforts et aussi du temps pour ĂȘtre rĂ©solues.

On se souvient de l’histoire d’un homme jeune qui avait suivi un sĂ©minaire de sensibilisation au judaĂŻsme et qui, Ă  la fin, a dĂ©cidĂ© de prendre sur lui d’accomplir une Mitzva. Il s’en ouvrit auprĂšs du confĂ©rencier qui l’avait le plus impressionnĂ©. Celui-ci Ă©tait perplexe et avait besoin Ă  son tour d’ĂȘtre guidĂ© par un grand en Torah. Il s’adressa Ă  Rav Steinmann zatsal qui lui dit de s’engager Ă  respecter la Mitzva de Kasherouth. Qu’il dĂ©cide de manger strictement Kasher. Cela exige un engagement certain, qui implique la prise de dispositions claires. Mais si l’on est prĂȘt Ă  s’investir pour rĂ©aliser quelque chose de grand, il ne faut surtout pas hĂ©siter. 

Or il s’avĂšre, et c’est la raison pour laquelle de Rav Steinmann zatsal a indiquĂ© d’accomplir cette Mitzva plutĂŽt que toute autre, qu’en mangeant Kasher, tant pour la prĂ©paration des repas, la sĂ©paration des vaisselles pour le lait et pour la viande que des aliments permis, le cƓur se libĂšre. A contrario, manger « Treff Â» (non Kasher) « Metamtem Eth HaLev Â» = bouche le cƓur, le rend impermĂ©able, littĂ©ralement bouchĂ© Ă  la comprĂ©hension de la Torah et empĂȘche tout accĂšs Ă  notre patrimoine. De sorte que si le cƓur est libĂ©rĂ©, l’accĂšs Ă  la Torah est ouvert et la comprĂ©hension de ce qui est attendu de nous est accessible et fluide. Il est alors possible d’avancer Ă  grands pas vers l’accomplissement de nouvelles Mitzvoth, une Teshouva mieux ancrĂ©e et plus complĂšte, qui ne peut que nous rapprocher de notre CrĂ©ateur. 

Alors c’est vrai que si l’on s’engage Ă  ne plus fauter sans disposer des moyens de comprĂ©hension, mais aussi des forces et de la volontĂ© pour y parvenir, on se trouve en porte Ă  faux. Le moyen de s’en sortir et d’ĂȘtre cohĂ©rent est de s’engager Ă  accomplir une Mitzva qui, comme on l’a vu, donnera l’envie, mais aussi des forces et la volontĂ© d’en rĂ©aliser une autre, puis une autre, jusqu’à une Teshouva harmonieuse et digne de ce nom. Qu’on se rappelle de jamais se dĂ©courager, mai au contraire de n’offrir aucune prise Ă  tout ce qui veut nous dĂ©tourner et entamer notre dĂ©termination Ă  progresser. Nous pouvons aussi demander, voire implorer, l’aide de HASHEM pour y parvenir. Nous ne pouvons que souhaiter Behatsla’ha Rabba ! Que chacun rĂ©ussisse !

Rav AriĂ© Benzaken m’a fait remarquer que ce qui prĂ©cĂšde ne concerne que « Ben Adam LaMakom Â», la relation entre l’homme et le CrĂ©ateur, mais pas la relation « Ben Adam La’Havero Â», la relation entre l’homme et son prochain. Cela paraissait Ă©vident, mais mĂ©rite nĂ©anmoins d’ĂȘtre prĂ©cisĂ©.

Il est clair que si l’on commet le moindre tort ou prĂ©judice Ă  autrui, on a l’obligation de le rĂ©parer ou de le compenser pour obtenir son pardon. Il s’agit ici d’une relation trĂšs diffĂ©rente de celle qui lie l’homme Ă  HASHEM Qui peut tout pardonner, notamment Ă  Yom Kippour, voire Ă  Shemini AtsĂ©rĂšth et, selon les â€˜Hassidim, jusqu’à â€˜Hanouka. Notons tout de mĂȘme que « Ben Adam La’HavĂ©ro Â» dĂ©pend aussi de « Ben Adam LaMakom Â» puisque c’est une Mitzva de la Torah « VeAhavta LeRĂ©akha Kamokha Â» d’aimer son prochain comme soi-mĂȘme (Levitique 19,18).

 

21 octobre 2022

Amnésie criminelle, de stéphanie pluquin

couverture amnesie criminelle

C'est la premiÚre fois qu'un auteur me contacte personnellement pour écrire une chronique sur son roman. Je n'ai pas mis longtemps à accepter car le thÚme de l'agression a piqué ma curiosité.

C'est l'histoire de violette, qui tient un groupe de paroles dĂ©diĂ© Ă  des femmes infertiles en dĂ©tresse psychologique. Un jour, elle se fait violer dans un parking. Peu aprĂšs, voilĂ  qu'un homme profondĂ©ment accidentĂ© est hospitalisĂ©; il se rĂ©veille totalement amnĂ©sique et se fait appeler "john". Ensuite, divers incidents dramatiques se produisent Ă  cause d'une psychopathe, et violette dĂ©couvre qu'elle est enceinte. Une enquĂȘte est ouverte, laquelle piĂ©tine devant le manque d'Ă©lĂ©ments logiques de cette situation en apparence abracadabrante.

Moi qui ne suis pas trop fan des thrillers, j'avoue avoir été tenu en haleine jusqu'au bout, alors que c'est un gros livre (546 pages).
MĂȘme si le scĂ©nario est sombre, j'ai apprĂ©ciĂ© l'absence de vulgaritĂ©s dans les dialogues. J'ai trouvĂ© les personnages cohĂ©rents, l'histoire n'a rien de bancal, elle est mĂȘme particuliĂšrement bien ficelĂ©e. Le style d'Ă©criture est cinĂ©matographique, on dirait un film policier.

Par contre, les paragraphes sont à mon goût trop compacts, j'aurais préféré qu'ils soient plus aérés, plus "digestes", moins en bloc. Cela donne une impression de longueurs. Il y a aussi des fautes d'inattention, mais cela ne gùche pas du tout la compréhension du texte.

J'ai aimé également le sens d'observation de l'auteure, les situations, les lieux et les réactions humaines y sont décrits minutieusement. Bien que le récit soit plutÎt noir, stéphanie pluquin a su y intégrer des moments de légÚreté agréables, notamment des instants culinaires qui m'ont mis en appétit !

En tant que lecteur, j'ai apprécié certaines reflexions concernant la psychologie de la personne agressée ainsi que le bonheur de la maternité, comme celles-ci :

"Chaque personne rĂ©agit diffĂ©remment face Ă  une agression, une maladie, un choc. Chacun dĂ©veloppe des capacitĂ©s surprenantes, mais aussi son contraire, des incapacitĂ©s primaires qui semblaient pourtant acquises et bien encrĂ©es se dĂ©robent parfois Ă  leurs personnalitĂ©s. Quand le corps humain se met en mode survie, il dĂ©veloppe des stratagĂšmes incroyables pour prĂ©server sa vie en faisant appel aux ressources insoupçonnĂ©es du moteur qu’est le cerveau. Tel un marionnettiste Quand le corps humain se met en mode survie, il dĂ©veloppe des stratagĂšmes incroyables pour prĂ©server sa vie en faisant appel aux ressources insoupçonnĂ©es du moteur qu’est le cerveau".

". Quelques flashs back la submergent, elle perd son souffle et sa respiration devient haletante et saccadĂ©e, elle panique, s’assied dans le bac de douche pour ne pas chuter. RepliĂ©e sur elle-mĂȘme, ses genoux sur sa poitrine et ses bras cadenassĂ©s autour, elle se laisse pleurer. Elle qui pensait avoir pleurĂ© tout ce qu’elle pouvait pendant ces derniers jours, apparemment son corps a encore des larmes Ă  Ă©vacuer. Elle connait bien ce mĂ©canisme d’auto-dĂ©fense, ses patients lui ont dĂ©crit les moindres mĂ©andres de leurs esprits torturĂ©s et tout ce que cela impliquait, y compris les rouages corporels qui prennent le contrĂŽle de tout. Toutes ces rĂ©actions sont normales et font partie du processus de reconstruction de la personnalitĂ©."

"Il faut ĂȘtre en pleine possession de ses moyens pour s’occuper d’un bĂ©bĂ©, elle compte bien ĂȘtre au mieux de sa forme pour lui, toujours. Manger Ă  nouveau normalement est une prioritĂ© absolue."

"C’est son bĂ©bĂ©, le prolongement d’ellemĂȘme, qu’elle l’est mise au monde ou pas n’a aucune importance. Elle a eu la vie qu’elle a eu uniquement pour qu’elle soit prĂȘte Ă  vivre cet instant, celui oĂč son ange lui est apparu et lui a Ă©tĂ© confiĂ©. Vivre cette mission presque divine pour prouver Ă  Dieu qu’elle est capable d’élever un enfant seule et d’en faire un homme et un citoyen Ă©panoui, heureux et respectable aux yeux de la sociĂ©tĂ©. "

 

En résumé, stéphanie pluquin décrit des personnages d'écorchées vives, avec une certaine finesse psychologique qui nous évite l'ennui. "Amnésie criminelle" est un ouvrage autopublié qui a tous les éléments d'un bon thriller pour trouver son public. La fin est d'ailleurs surprenante.
Pour plus d'infos, j'ai posé quelques questions à stéphanie, qui m'a répondu avec gentillesse :

- Quand avez-vous écrit ce récit ?
** Le début de ce livre a été commencé il y a plus de 10 ans... Laissé dans un tiroir car à l'époque je n'écrivais que comme ça, pour le loisir...
Et puis en rangeant le grenier, mon mari a retrouvé ce texte il y a 2 ans. Une dizaine de pages à peine, juste un peu l'histoire de John, les autres personnages n'existaient pas encore. L'inspiration m'est venue en relisant ces quelques pages. Touchée par l'actualité, fiÚre des femmes qui enfin dénoncent leurs bourreaux, mais aussi par le viol et agressions en rÚgle général et surtout par la psychologie humaine face aux drames de la vie. Je suis friande de cinéma thriller et drame psychologique. J'avoue que le cerveau et ses mécanismes me fascinent !


- Avez-vous été influencée par le mouvement metoo ?
** mais oui bien sûr !! Toute femme est touchée par ce mouvement. La compassion est omniprésente dans ma vie. Je suis touchée également par le mouvement LGBT (prochain livre sur le sujet d'ailleurs, en pleine réflexion tout en écrivant la suite d'amnésie criminelle)
Je suis une fervente défenseuse des droits de l'homme en général et de la femme mais surtout de l'amour ! Pour moi hétéro, homos, trans... ce n'est que de l'amour, de soi d'abord ( chacun peut vivre sa vie comme il l'entend, tant qu'il est heureux moi ça me convient parfaitement ! ) et des autres.
Je hais les homophobes, les racistes et autres personnes intransigeantes et fermées.

- Est-ce basé sur une histoire vraie ou est-ce imaginaire ?
** c'est purement de la fiction, mĂȘme si comme tout Ă©crivain, certains traits de caractĂšres des personnages m'impliquent moi ou des personnes qui me sont proches. Je l'ai Ă©crit presque comme un film, en fait je me suis fait mon propre film mental et j'ai transcrit ce que j'aurais aimĂ© voir Ă  l'Ă©cran. D'ailleurs mes lecteurs me disent : tu devrais en faire un film. C'est que j'ai bien fait mon boulot et j'en suis contente !

- Quel est votre objectif en publiant cet ouvrage ?
** je n'ai pas la prétention de déclencher quoi que ce soit avec cet ouvrage. Mais si il peut servir un peu la cause féminine et surtout l'amour, j'en serai plus que honorée. L'amour est la seule chose vraie dans la vie et je plains sincÚrement ceux qui n'ont jamais le bonheur ne serait-ce que d'y goûter.

Vous pouvez retrouver son livre sur sa boutique "doudou éditions" :

Livre Amnésie Criminelle

Amnésie Criminelle par Stéphanie Pluquin, édité par les Editions du Net Vous pouvez le commander sur le site de l'éditeur ainsi que sur Amazon, Cultura, Fnac.... Ou vous me passez commande, je l'achÚte pour vous et je vous le dédicace GRATUITEMENT !

https://www.doudouedition.fr



20 octobre 2022

l'artefact de mes plaisirs

 En feuillant le catalogue d'IDHommes, j'ai trouvĂ© (innocemment) la page des plaisirs sexuels. Je me suis naturellement (et innocemment encore) arrĂȘtĂ© sur le coin des godemichĂ©s et me suis rappelĂ© (innocemment) mon tout premier sex toy fĂ©tiche, afin d'Ă©crire ici un post tout sauf innocent.

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Quand j'Ă©tais jeune, personne ne me croyait quand je parlais de mon godemichĂ© adorĂ©. Il m'a Ă©tĂ© offert par un ami de mes parents quand j'avais 17 ans. Il Ă©tait designer, on couchait parfois ensemble et il me ramenait souvent des Ă©tats-unis des gadgets...Ă©moustillants, qu'on essayait ensuite. L'un d'eux, c'est ce merveilleux sex toy haut de gamme qui avait coĂ»tĂ© la peau des fesses (haha, jeu de mots pourri), environ 500 dollars Ă  l'Ă©poque. D'habitude j'achetais mes gadgets plaisir dans les sex shop, la plupart des godemichĂ©s Ă©taient manuels,parfois flexibles, mais celui-ci se collait au mur grĂące Ă  une ventouse et Ă©tait mobile, ce qui permettait donc de prendre mieux ...position de la manette. Je me mettais Ă  quatre pattes, dos au mur et hop, que du plaisir ! Je l'ai gardĂ© 7 ans. J'ai eu de la peine quand il s'est cassĂ©, parce que c'Ă©tait vraiment le compagnon de mes plaisirs. Quand je ne sniffais pas de cocaine, me mettre ça dans les fesses calmait mes angoisses. L'effet Ă©tait puissant, je me sentais partir, m'envoler vers des extases pas discrĂštes du tout. En gĂ©nĂ©ral, je l'utilisais sans aucune pudeur quand mes parents n'Ă©taient pas lĂ . Je dis "sans pudeur", parce qu'Ă  cette Ă©poque j'Ă©tais franchement borderline Ă  cause de la drogue et je m'adonnais Ă  un certain exhibitionnisme. Ma chambre donnait sur une Ă©troite ruelle pavĂ©e et l'immeuble d'en face. Il y avait une petite fenĂȘtre. Pendant plusieurs mois, il y a eu un locataire avec qui je m'adonnais Ă  des jeux sexuels relevant clairement du voyeurisme. Il n'y avait pas de volets sur cette fenĂȘtre de ma chambre, seulement un rideau que j'oubliais parfois de tirer. Un jour il m'a vu Ă  quatre pattes sur ce godemichĂ© en train de me faire plaisir, et cela l'a excitĂ©. Moi aussi. Du coup, aprĂšs il venait se poster devant la vitre, et si j'Ă©tais Ă  ce moment dans ma chambre, j'enlevais mon pantalon et lui offrais un spectacle de cul, Ă  la fois totalement exhib' et voyeur. Il se masturbait ouvertement en me fixant quand je simulais en plus une fellation en suçant mon doigt, et jouissait sur la vitre. J'aimais cette impudeur, mĂȘme si mon comportement borderline si extrĂȘme Ă©tait probablement dĂ» Ă  la drogue que je prenais rĂ©guliĂšrement. En plus de la coke, je mĂ©langeais souvent alcool et cannabis, voire aussi le somnifĂšre de ma mĂšre que je piquais dans sa table de nuit. Si, Ă  cette Ă©poque, j'avais eu un iphone, je me serais certainement filmĂ© puis j'aurais tout publiĂ© sur youporn. Mon attitude Ă©tait malsaine, je le sais aujourd'hui. DĂ©sormais, pour moi le sexe est chose privĂ©e.
Ma façon d'interagir avec mon corps allait au-delĂ  de l'impudeur, ça frisait clairement la prostitution. Si le voisin m'avait donnĂ© de l'argent aprĂšs mes "shows", je n'aurais pas dit non, mĂȘme si je n'en avais pas besoin. J'Ă©tais dans un tel Ă©tat de dĂ©pression, que je ne me rendais pas toujours compte de ce que je faisais, j'Ă©tais dans le flou Ă  cause des substances ingĂ©rĂ©es.

Concernant mes enfants, j'ai toujours eu deux trouilles : qu'ils se droguent et qu'ils tombent dans le porno. Aujourd'hui, on voit plein de gamins qui regardent du porno cradingue sur internet dÚs l'ùge de 12 ans. Ils ont envie de se sentir "grands", mais la vérité c'est qu'ils se salissent complÚtement. Voir des sites scatologiques aussi jeunes n'a vraiment rien d'épanouissant, bien au contraire !! J'en parle, parce que mon mari est psychologue pour enfants et il a parfois affaire à des patients qui ont ce problÚme d'addiction au porno, dÚs la puberté. Au bout d'un moment, ils se sentent "noirs à l'intérieur", pour reprendre leurs propres mots, à cause de tout ce qu'ils ont vu d'humiliant sur le web.


On a toujours dit Ă  aurore qu'elle n'avait pas Ă  avoir honte de son corps, le dĂ©sir sexuel est une chose normale, humaine. Il ne devient malsain et diablement incontrĂŽlable que si on le cadenasse par une trop grande honte qui le refoule comme objet. Le problĂšme de ces gosses qui dĂ©veloppent, comme moi, des addictions au porno, c'est qu'ils n'acceptent pas que la sexualitĂ© fasse d'eux des sujets, du coup ils deviennent les objets d'eux-mĂȘmes. Pour ma part, je n'ai jamais voulu acheter d'accessoires sexuels sur des sites pornos, parce que ça favorise l'exploitation des gamins, ce nouvel esclavage. Il vaut mieux acheter lĂ©galement un godemichĂ© comme celui que je prĂ©sente, au moins on ne ressent pas de honte Ă  l'idĂ©e de se donner du plaisir. Puis cet artefact est nettement plus pratique, disons-le, que ceux trop rigides oĂč on est obligĂ© de se contorsionner pour le garder en place bien au chaud dans son trou ...

18 octobre 2022

charlotte, la tsigane

Charlotte, c'était une fille qui était dans ma classe au lycée. Elle avait une origine arménienne, pratiquait l'occultisme. Elle disait parler à un fantÎme de vieille femme qui, un jour, a dit quelque chose sur mon pÚre (cela s'est révélé vrai). Elle tirait le tarot et m'avait dit que je faisais partie de "sept enfants magiques". J'y ai cru, puis je me suis ravisé en me forçant à penser qu'elle s'était foutue du moi.

Je refusais de croire que cette tsigane avait un pouvoir magique. Je refusais aussi de croire en mes propres origines tsiganes. J'ai toujours été complexé par cette ascendance, qui me paraissait étrange, suspecte, douteuse. Et pour cause, les tsiganes ont mauvaise réputation. Alors, pourquoi est-ce que je ressens l'ardent désir de me joindre à eux lorsque j'en croise sur les routes ? Pourquoi est-ce que je ressens cet attrait envers l'occulte ? Qu'est-ce que les gÚnes nous apportent : de la chance ou du poison ?


Charlotte, c'est une fille que j'ai voulu oublier et que j'ai pourtant imitée pendant des années, inconsciemment. J'ai toujours eu tendance à imiter les filles qui m'entouraient, comme si je voulais m'identifier à elles. Elle qui me semblait si inaccessible en vrai, me paraissait soudainement accessible, imitable, dÚs que je la revoyais en souvenir.
Charlotte a un enfant maintenant, elle qui buvait des biÚres tous les midis, fumait du cannabis et couchait avec n'importe quel amant aprÚs ses répétitions de danse. Elle me fascinait, elle et sa magie, elle et ses libertés.


Charlotte la tsigane, la magicienne, celle qui m'a fait prendre conscience de qui j'étais, malgré moi. Un tsigane, perdu entre monothéisme et magie, entre civilisation et nature, entre liberté excessive et honte de ce qu'il est.

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