Mon moral va mieux.
J'ai été dans un état lamentable, mais ce fut malgré tout l'occasion d'aller mieux. Bien mieux. Et cela, grâce à mon homme.Quand je lui ai avoué l'agression que j'avais subie ily a 4 ans, j'ai bien vu qu'il a été vexé, en colère, blessé de mon silence. Mais il a été ensuite aux petits soins envers moi. Puis surtout, surtout, notre relation a formidablement évolué depuis.
On a toujours eu une relation dominé/dominant, et ce depuis le début. Mais comme il est d'un caractère jaloux, il avait parfois la main un peu... leste, disons, quand il apprenait que j'avais des amants. Cela est arrivé deux-trois fois, maxi. J'ai toujours pensé que je l'avais mérité, j'avais tendance à faire n'importe quoi. Puis il a regretté ses gestes-là et n'a plus recommencé. Les années ont filé, nous sommes partis vivre au canada, nous nous sommes mariés, nous avons élevé notre fille, j'ai fait ma carrière de danseur, lui a changé de boulot (il était galeriste puis est devenu psy pour enfants).
Mon aveu récent a changé ce rapport dominé-dominant. Il a pris conscience de la force, de l'abnégation dont j'avais fait preuve durant
quatre années afin de paraitre heureux et normal. J'avais honte de ce qui s'est passé, je ne voulais pas lui imposer ce poids. Je ne voulais plus y songer, préférant continuer à vivre malgré des cauchemars. Il a pris conscience de ce que son autorité naturelle a tendance à me faire un peu peur, d'où ma manie de cacher mes soucis.
Matthew est la seule personne aux yeux de qui je suis quelqu'un de bien, un homme de valeur. Tout le monde voit en moi un gars perdu, fragile alors que lui voit mes forces.
Aujourd'hui, notre relation prend une tournure plus égalitaire. Cela me trouble un peu car je n'ai jamais eu droit à un lien égalitaire. Ma mère qui me frappait et m'insultait au moindre prétexte, les règles de la danse classique auxquelles je devais me soumettre sans rechigner sous peine d'etre viré de l'école, mes amants violents qui se croyaient tout permis. J'ai toujours eu, aux yeux des autres, un profil d'agressé, trop "féminin". Mais pour mon mari, je suis autre chose : je suis un être humain, avec sa valeur, ses valeurs.
Quand il m'a dit que j'étais le coeur de sa vie, j'ai pleuré... mais de joie intense,cette fois-ci. Cette nuit-là quand je l'ai senti se blottir contre mon torse, alors qu'on était allongés surle lit, j'ai senti mon coeur battre d'extrase. D'habitude, c'est moi qui me pelotonne entre ses bras, pour faire de lui un rempart entre le monde extérieur et moi. Là , matt perd un peu de sa superbe machiste, autoritaire, pour me montrer un visage plus doux. Déjà qu'il me plaisait énormément avant ce moment, mais alors là .. !
Mon moral se porte mieux, néanmoins je reste figé sur ma décision de ne plus fréquenter les hommes binaires, hétéros ou gays. Je ne peux plus du tout supporter leur arrongance, leur mépris, leur intolérance, la justification de leur vices, leur rigidité , leur méchanceté. Ils m'ont trop fait de mal. Il y a un moment où le corps crie "stop !". Quand on est à saturation, on ne peut plus faire semblant. Le seul homme que je tolère dans ma vie, c'est mon mari. Au moins, lui ne me réduit pas à un corps. Il a d'ailleurs été très touché du livre que j'ai publié (il a lu le manuscrit), il le trouve vrai, humain. Puis ça lui a rappelé des souvenirs.Ce roman (qui est désormais disponible à la vente) relate le contexte dans lequel a débuté notre histoire d'amour. Il est la flamme de ma vie. Je l'aime tant.
Sur ce, j'ai fini d'étudier en vidéo le texte "alé chour". Cela m'a fait du bien d'entendre des propos qui me conviennent, j'en ai assez de faire semblant de me sentir bien dans cette société matérialiste.