Etant donné que mon mari et ma fille sont partis trois semaines à montréal, j'en ai profité pour renouer des liens perdus de vue depuis longtemps. Tout d'abord, mon fils et sa mère, venus de florence pendant le grand week-end du 15 aout. Cela m'a fait un bien fou de les revoir, mon fils est un beau gosse maintenant, hehe, il ravit le coeur des filles à ce que je vois ! Quant à monica, je la trouve toujours aussi canon. Même si elle a grossi après ses deux grossesses, elle a un charme qui m'enveloppe toujours un peu plus chaque fois que je la vois. Elle a clairement ce je-ne-sais-quoi de dolce vita propre à certaines italiennes. C'est sa façon de rire, de me regarder, de bouger les cheveux, de se déhancher... Et, évidemment, à chaque fois que je la revois je tombe dans ses bras. Ou elle tombe dans les miens, je ne sais pas. Mon fils est habitué à cette situation, il a compris depuis longtemps que sa mère, malgré son mariage avec un homme d'affaires, est toujours amoureuse de moi et que je suis encore amoureux d'elle. D'ailleurs, on ne sait même pas si sa petite soeur anna donna est de moi ou de ce type qu'elle a épousé. Avec monica, j'ai toujours eu un lien d'amitié ambigue. On couche ensemble même si on n'est pas un couple.Mais c'est plus que passer un bon moment ensemble, elle m'a vraiment attrapé dans ses filets. Elle est la seule et unique femme que j'aurais, peut-être, aimé épouser.
Ensuite, toujours dans l'ordre de l'amitié ambigue, il y a eu manu. Manu, c'était mon meilleur ami quand j'étais jeune. Nous avions 8 ans quand nous nous sommes rencontrés à l'école de danse. J'en suis devenu fou amoureux dès mes 13 ans, mais ce n'était pas vraiment réciproque. Nous sommes sortis ensemble pendant 3 mois quand j'avais 15 ans, puis il a arrêté car il n'était pas prêt pour assumer son homosexualité. Nous sommes donc restés amis, et j'ai eu mon premier gros chagrin d'amour. Ensuite, nous avons pris de la drogue, c'est lui qui me refilait de la cocaine. Je n'ai jamais compris pourquoi il prenait de la drogue, il n'avait pas une famille pourrie comme moi qui le harcelait, il ne subissait pas de violences homophobes. Parfois, je ne le voyais pas pendant plusieurs semaines, il disparaissait. Puis je suis parti vivre au québec et je n'ai plus eu de nouvelles de lui.
C'est l'an passé, pendant la représentation de mon spectacle en province, que je l'ai revu. Il est venu me voir pour me féliciter du spectacle, sans savoir que c'était moi le directeur artistique-danseur puisque j'utilise un nom d'artiste, je me désaltérais quand il est venu me parler. ça été un choc de nous reconnaître. Il m'a donné son adresse, mon mari et moi sommes venus, ça s'est bien passé, puis on s'est téléphonés de temps à autre cette année. Mais j'ai réalisé qu'il m'avait terriblement manqué quand je vivais au canada, alors je suis allé seul chez lui, dans sa maison de banlieue parisienne. Il l'a achetée il y a plusieurs années, avant que son conjoint ne décède d'un accident de la route. C'est un havre de paix, clos de mur, le jardin est agréable, c'est calme, il n'y a aucun vis-à-vis avec les voisins. Pendant une semaine, je suis allé chez lui, comme nous le faisions avant. J'ai fait des allers-retours en moto, je partais en fin d'aprem après le boulot, je passais la nuit chez lui, le matin j'allais à l'entrainement du spectacle, puis rebelote. Nous avons beaucoup discuté, beaucoup fait l'amour, beaucoup ri. Avec moi, l'amitié avec un homme est toujours ambigue, ça se finit généralement au lit. Mais avec manu, c'est assez différent, parce que je ne veux plus d'amants qui me sont inconnus. J'ai passé ma vie à baiser des inconnus, je ne les supporte plus, ils ont fini par me dégoûter du sexe. Avec manu, c'est bien, c'est agréable. Il est normal, il est doux avec moi. Après, on s'endort tranquillement, dans les bras l'un de l'autre ( sauf quand il me réveille avec sa manie de me caresser les cheveux et ça me décoiffe !!).
Manu sait tout de moi, il a été là quand je me suis pété le genou à 13 ans et que je n'ai pas pu continuer à l'opéra de paris, il savait pourquoi parfois j'avais un oeil au beurre noir, il savait que j'étais le bouc émissaire à l'école, il savait ce qui se passait avec ma mère qui m'insultait sans cesse, il connaissait mon besoin vital d'oublier ma vie au travers la drogue, il savait que je n'aimais pas être mannequin tandis que tout le monde autour de moi faisait une fixation là-dessus en me faisant passer pour un éphèbe, il connaissait ma passion dévorante pour la lecture, il connaissait ma colère, ma honte. Par contre, je n'ai jamais réussi à lui parler des viols que j'ai endurés. Pendant la semaine où on s'est vus, je lui en ai parlé. Evidemment, des larmes ont coulé. Je n'arrive pas à en parler en détails à voix haute sans avoir envie de vomir, je me contente du minimum. Il m'a juste regardé avec un air triste, il a mis une main amicale sur mon bras et m'a fait un bisou sur les lèvres en me disant qu'il était désolé que cela me soit arrivé. C'est étrange mais... jamais personne (excepté mon mari) ne m'a dit ça. C'est pourtant une phrase toute simple, mais même mes propres parents n'ont jamais eu ce genre de gentillesse, de compassion à mon égard quand je leur ai parlés de ces agressions sexuelles.
ça m'a été un vrai soulagement de lui raconter certaines choses, de faire l'amour avec lui. De le retrouver enfin après toutes ces années d'absence. Surtout le dimanche, assis entre ses jambes sur le canapé devant scoobidoo, son bras autour de mon cou, ma tête sur son épaule, exactement comme quand nous avions 14 ans.