Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ma vie et moi 🙂

Publicité
Publicité
Ma vie et moi 🙂
Newsletter
Publicité
Archives
Publicité
27 juillet 2022

pub

DSC00115

J'ai flashé sur cette publicité. Moi qui d'ordinaire suis plutôt hermétique au matracage publicitaire, là j'ai un véritable coup de coeur parce que l'image me fait rêver.
Nous sommes dans une société surpeuplée d'images. Je ne supporte plus ces écrans géants qui font mal aux yeux et déversent leurs messages subliminaux. Pour moi, la pubicité a pour unique objectif de vendre des produits en en présentant les vertus, or depuis quelques années le marketing joue au psy. J'ai horreur de ça, j'ai l'impression qu'on fouine dans ma tête pour y plonger de force des pensées qui ne sont pas les miennes. Pour moi, une bonne pub doit justement rester extérieure aux gens, tout en réussissant à fidéliser une clientèle : c'est l'art du commerce. Quand j'étais au lycée, j'ai passé un bac STT, spécialisé dans le marketing. Je n'avais aucune envie de continuer en BTS mais j'avais beaucoup aimé la créativité propre au monde de la publicité. Ce que je reproche au monde publicitaire d'aujourd'hui, c'est son hyperréalisme. ça me fout mal à l'aise. Voilà pourquoi j'ai immortalisé la pub pour le vin que j'ai reçue ce matin, elle me fait rêver sans que mon intimité soit bafouée.

Publicité
26 juillet 2022

i am gaga

J'aime bien lady gaga. Surtout depuis que j'ai appris qu'elle a été violée à l'âge de 19 ans, alternant crises de boulimie et anorexie depuis. J'ai été anorexique par le passé. Souvent, les gens me disent, en me dévisageant de haut en bas comme un morceau de viande : "woah, ce que tu es mince, canon le mec !".On veut me regarder quand je fais du sport, parce que ça fait fantasmer un mec qui transpire en dansant.
La danse est un sport , mais dans la tête de beaucoup de gens hélas, c'est un fantasme sexuel, le danseur est forcément sexy, il doit forcément s'allonger sur le lit en vue des fantasmes les plus crus. Et si on dit non ? Lady gaga a préféré se faire vomir, comme moi, plutôt que de dénoncer son agresseur. Pourquoi a t on aussi peur ? Pourquoi préfére t-on se faire vomir, maigrir, se punir, au lieu de prendre son courage à deux mains pour dénoncer son violeur ? Pourquoi se conforte-t-ton dans le mensonge, l'illusion et la peine sordide ? Lady gaga a parlé de son vécu traumatique pendant metoo, bravo. Elle a osé raconter son choc. Mais qu'est ce qu'une victime de viol, aux yeux des gens ? Une proie consentante, provocatrice? Immorale ?

humeur : bourré

 

 

26 juillet 2022

Visage de l'agressé (suite)

 

J'ai eu l'enquêteur au téléphone, il m'a informé du processus de plainte pour viol. Déjà que j'étais très tiède, maintenant je suis carrément froid. Apprendre que l'on me fera une expertise psychiatrique me rebute complètement. C'est dingue, on se fait violer et c'est la victime à qui on fait une analyse psychiatrique pour "voir s'il y a des dégâts dans la tête". Euh...moi qui suis devenu phobique social, non binaire et bipolaire  à cause de ça, on va m'accuser de paranoia et ça va se retourner contre moi, non merci ! J'en suis derechef au point de départ, je vais tout garder pour moi comme un secret empoisonné. C'est triste de se sentir acculé contre un mur quand on est victime de viol, on ne vous écoute que pour vous juger. Oui, les policiers sont formés pour faire face à ce genre de situations, mais il n'empêche que je me sens d'emblée sur le qui-vive. Evidemment que ça a  des conséquences psychiatriques quand on se fait violer plusieurs fois dans sa vie, on vit dans la peur. C'est la victime qu'on expertise mentalement, et pas l'agresseur...Lui a droit à un avocat, il faut qu'il y ait des "preuves", et moi on me fouine la tête pour voir si je n'invente rien et n'accuse pas à tort. Je suis écoeuré.

Je vais trinquer à la police française, tiens ! Tchin tchin !

SOURIS GIFS ANIMES - Page 25 | Gif animé, Gifs, Souris

26 juillet 2022

spectacle de danse

273

Nous avons droit à quelques jours de repos pendant ce mois de juillet, étant donné que la pianiste avec qui je collabore fait des festivals. A l'origine, c'est une musicienne de jazz. Je suis content de ce duo, elle est sympathique et professionnelle. Il y a une bonne ambiance au sein de l'équipe, cela permet de ne pas angoisser. C'est la dernière ligne droite avant de faire la tournée cet automne. C'est un spectacle indépendant, la troupe est en harmonie au plan chorégraphique, je suis ravi des efforts fournis. Nous en sommes aux répétitions avec les costumes de scène. 

25 juillet 2022

moi, cultivateur ?

Quand j'étais enfant, j'adorais le livre "candide" de voltaire avec le message selon lequel "le bonheur se cultive dans la terre". De cette époque, j'ai gardé un grand attachement pour le travail de la terre. Puis surtout, je me souviens de mes grands-parents siciliens qui faisaient leur huile d'olive, leur vin et leur jus de citron avec les produits de leur jardin. 
J'arrive à bien m'occuper des plantes en faisant des engrais naturels avec de l'ortie fraîche ou de l'amidon de mais, toutefois je suis moins doué pour les légumes. Je plante des graines de radis, de salades et ça ne donne ... rien. ça ne pousse pas. Voilà pourquoi ce matin j'ai eu l'agréable surprise de voir que  ... j'ai des pommes de terre !! Pas beaucoup certes, certaines étaient même pourries, mais quand même je suis content du résultat !

DSC00114

Publicité
22 juillet 2022

seuls

dscforetA défaut de partir réellement en vacances, nous nous promenons souvent en forêt. J'ai toujours adoré la nature, elle m'est source d'apaisement et d'inspiration. Seulement, je me suis aperçu que je n'arrive plus en ce moment à ressentir ce bien-être sur un sentir forestier. Peut-être parce que les forêts que nous visitons sont déboisées comme des parcs, parfois il y a des cimétières d'arbres. S'il existait une pétition contre l'ONF qui assassine les fôrets au lieu d'en prendre soin, dans notre époque où l'écologie est la priorité absolue, je la signerais tout de suite !


Mais il y a plus : comme aurore est majeure, elle ne veut plus venir aussi souvent qu'avant en balade avec nous. Elle s'émancipe. Du coup, mon homme et moi nous retrouvons seuls. Ce n'est pas une mauvaise solitude, celle ponctuée de silences gênants de ceux qui n'ont rien à se raconter. C'est plutôt que nous retrouvons cette intimité qui était celle du début de notre relation, quand nous n'étions pas parents. Mais en même temps, vingt ans ont passé. Vingt ans qui font que je n'arrive pas à recouvrer le plaisir de jeunesse que j'avais en allant me promener en fôret. Je n'arrive plus à rêvasser, à me laisser inspirer, guider.


Mon homme et moi en profitons pour discuter, marcher en nous prenant la main quand on il n'y a personne. A montréal, personne ne nous disait rien quand on était publiquement un couple, les québecquois sont passablement indifférents à l'homosexualité. Mais ici, dès qu'on sort de paris pour aller en banlieue, on est rapidement dévisagés, c'est vraiment pénible. Du coup, on se cache un peu pour s'embrasser, se tenir par la taille et la main. Non qu'on ait honte, simplement on veut être tranquille.


Nous avons le projet de partir un week-end dans le même hôtel où nous sommes partis en amoureux, il y a bien longtemps, pour notre premier séjour en couple. J'ai terriblement besoin de me rapprocher de mon mari, de le toucher, lui parler, sentir sa présence, voir qu'il me regarde. Dès le début, ça a été ainsi, le besoin de me fondre en lui est presque une obsession. J'ai besoin d'être seul avec lui, que nous soyons seulement tous les deux.

 

19 juillet 2022

ma famille

J'ai coupé les ponts avec mes parents. C'est probablement la meilleure décision que je pouvais prendre. La famille a toujours été un fardeau pour moi. A 14 ans, j'ai coupé les liens avec ma famille paternelle qui ne m'aimait pas. Mes parents ont pris la relève pour continuer ce mépris. Pendant longtemps, j'ai culpabilisé. Ce n'est qu'en partant vivre à montréal à 22 ans que j'ai pris de la distance et ai réalisé combien ils ne m'étaient pas chers du tout. Quand je suis parti, ils ont transformé ma chambre en bureau, en jetant par la même occasion mes livres. Le message était clair : "ne reviens pas, tu n'es pas le bienvenu". Ils ne sont même pas venus à mon mariage avec matthew. A défaut de pouvoir faire autrement, nous nous sommes revus quelques fois depuis que je suis de nouveau parisien, mais même s'il n'y a pas eu de grosses engueulades, il y a eu à chaque fois des prises de bec. On ne s'entend sur rien. Ils n'aiment rien chez moi, ni où j'habite, ni l'éducation que je donne à ma fille, ni ma façon de parler, ni mes fringues...


J'ai réalisé que le problème n'est pas seulement que je ne les supporte plus, mais qu'ils créent en moi une sorte de tremblement de terre intérieur. Ils ne savent pas faire autre chose que me rabaisser, m'humilier avec leurs sales réflexions, du coup quand je rentre chez moi je me sens complètement cassé, comme si le pilier sur lequel je m'appuyais vacillait. C'est tout mon être qui se sent brisé, mon courage, mes idées, mes projets. Mes parents n'ont jamais été des parents pour moi, mais des ados.

Beaucoup de gens m'ont jugé sur le fait que je me suis drogué, en me traitant d'irresponsable fini, mais la réalité était que je voulais oublier tout ce que les irresponsables me faisaient subir, qu'il s'agisse des violeurs ou de ces parents immatures et paresseux qui réagissent comme des gosses de 14 ans, toujours à insulter, mépriser, se croire mieux que tout le monde, ne s'intéresser à rien, ne parler que de leur nombril. J'ai perdu trop d'années à supporter leurs violences. C'est terminé. Je ne veux plus d'eux ni dans ma vie ni dans ma tête. Je veux être libre. Je suis contre le respect aveugle des parents, je pense qu'être parent est un titre qui se mérite. Avant, je ne voulais pas d'enfant car j'avais très peur de recommencer malgré moi ,avec eux, la chaîne violente et méprisante dont j'ai moi-même victime. Mes enfants, je les aime. Mon fils biologique, lorenzo, et ma fille adoptive, aurore. Ils sont très importants pour moi, mais pas non plus le point central de ma vie. Je pense qu'il ne faut pas s'attacher de trop à ses enfants, parce qu'ils prennent leur envol mentalement et physiquement. Mon seul pilier, c'est mon mari. Et je ne laisserai personne le démolir.

 

lorenzoMon fils m'a envoyé cette photo par webcam le mois dernier. Dix-huit ans déjà. Normalement, il va venir sur paris prochainement. J'ai hâte de le revoir,ça fait trois ans que je ne l'ai pas vu hors écran depuis le covid, je n'en peux plus d'attendre. On me dit souvent qu'il me ressemble beaucoup physiquement : même nez, même bouche, mêmes sourcils, mêmes oreilles, la même fossette au menton. Par contre, il a les yeux et les cheveux aussi foncés sur sa mère, ma bella monica. Et il n'est pas longiligne comme moi. Pour moi, ma famille se résume à mes enfants, mon mari, monica et mon frère. Plus d'une fois, on m'a accusé de n'avoir aucun esprit de famille : c'est faux. Quand je sais que je suis aimé et que j'aime aussi, je prends très facilement dans mes bras, je m'intéresse à la vie des miens, j'embrasse, je ris, je conseille, je discute longtemps, j'aime faire des activités avec eux (jardiner, promenades, cuisiner ...). La famille, c'est très important pour moi, depuis toujours. Je me sens béni d'avoir pu retrouver mes origines italiennes grâce à monica qui m'a donné mon très cher lorenzo. Dire que j'avais voulu qu'elle avorte, mon dieu, comme j'aurais eu tort de ne pas le connaître... Il ne semble pas attiré par la drogue. Il a une copine. Pareil pour aurore qui est en couple depuis plus d'un an, je suis heureux pour elle.La seule chose que je demande, c'est que mes enfants soient stables psychologiquement. Ils feront leurs erreurs, comprendront leurs leçons, je me mets en retrait mais je suis là s'ils ont besoin d'aide. Contrairement à mes propres parents, je ne laisserai jamais tomber mes enfants en ne me préoccupant que de ma gueule.

18 juillet 2022

ma fille, bientôt illustratrice ?

Ma fille a eu son baccalauréat. Nous sommes heureux qu'elle envisage de continuer des études universitaires. Comme elle est passionnée de dessin, elle a choisi de s'inscrire en première année de licence d'arts plastiques à paris I. ça a l'air intéressant : philo de l'art, création artistique...

(Histoire des techniques / Histoire des arts et du design / Philosophie des arts et des techniques / Théories des images / Pratiques du projet / Communication visuelle / Pratiques graphiques / Infographie / Analyse des espaces / Espace et environnements / Anthropologie de l'espace / Initiation aux technologies multimédias et à l'open-source.)..

On dirait un mix entre les beaux-arts avant-gardistes et une formule traditionnelle.

Elle aimerait vraiment devenir illustratrice mais ça reste un boulot en freelance. Avec le diplôme qu'elle a choisi, on peut se tourner vers le graphisme, pour obtenir un boulot stable.

Quand nous étions en auvergne, elle a fait une illustration que j'aime beaucoup :

cimetiere

18 juillet 2022

le parc des covidés

Je viens de voir que dans une région de chine, les personnes atteintes du covid devront porter en public un bracelet à la cheville indiquant leur maladie. En france, dans un bar breton, on donne des bracelets aux clients contrôlés pour leur éviter de montrer le pass sanitaire. Je ne peux m'empêcher de faire la corrélation avec les lépreux. On stigmatise complètement les malades du covid, alors qu'il suffit tout simplement de prendre des précautions pour ne pas l'attraper. Il suffit de mettre le masque, de se laver, de mettre régulièrement du gel hydroalcoolque quand on est dehors, ne pas aller dans les endroits populeux. On ne peut pas vivre "normalement" depuis cette crise du covid qui ne finit pas, il faut s'adapter à la situation sanitaire.

A qui la faute ? A tous les irresponsables qui refusent de prendre des précautions d'hygiène. C'est une mentalité assassine.  Porter un bracelet pour identifier qui est malade ou non est une décision de dictateur. Il faudrait simplement que les gens cessent de sortir des idioties comme "on ne peut pas attraper le covid à l'extérieur" ou "on est vaccinés, on est complètement protégés". Le vaccin n'empêche pas du tout de tomber gravement malade du covid. De plus, si on est dehors , qu'on n'a pas de masque, que quelqu'un a nos côtés tousse ou éternue à cause du covid, eh bien on chope le covid.


Ce qui m'énerve, ce sont les statistiques douteuses, il y a une fois par semaine environ des soucis techniques avec 0 nouveaux cas pour faire baisser la moyenne générale.


Quoiqu'il en soit, mon mari et ma fille hésitent à partir un peu à montréal. Je sais qu'ils prendront leurs précautions, mais ça m'inquiète quand même de les voir partir alors qu'il y a autant de contaminations quotidiennes.

 

17 juillet 2022

Le visage de l'agressé

J'ai fait une pré-plainte en ligne pour signaler une agression sexuelle il y a trois ans. Je n'en ai jamais parlé à quiconque. C'était avec le producteur qui finançait mon spectacle.

Quand j'ai vu la possibilité de faire ce signalement sur internet, j'ai vraiment cru que ce serait une bonne idée, que je serai enfin libéré de ce fardeau. Qu'enfin, je pourrai porter plainte contre lui, et symboliquement contre tous les autres abus sexuels dont j'ai été la victime. Mais je crois que j'en suis incapable. Que j'en serai probablement toujours incapable. Je suis certainement d'une lâcheté crasse, mais absolument personne ne connaît mes pensées profondes en tant que personne agressée. Personne ne voit ces yeux où j'y ai lu de l'amusement quand j'ai dit que j'avais été abusé sexuellement, ces yeux qui me hantent et me hanteront toujours. Ce sont ces yeux-là qui m'empêchent de dormir.Ceux-là même qui m'ont encore réveillé à 2 heures de matin, après juste une heure de vague sommeil. Ces yeux où j'y lis de l'amusement parce qu'on imagine, avec un léger haussement de sourcils entendu, un gars en train de se faire sodomiser au lieu de se faire violer. Parce que ça fait sourire.


Personne ne sait combien mes sourires, mon énergie dissimulent en fait une grande détresse, des envies de disparaître pour de bon pour ne plus être harcelé par ces souvenirs.Combien je regrette à chaque fois que je m'en ouvre, que j'en parle. Combien je me sens sali à chaque fois que j'en parle. Comme un poison qui suppure. Parce que les autres ne comprennent pas ce que j'ai vécu, ce que j'ai enduré, pourquoi je suis si énervé parfois. Ils s'en foutent. Leurs mots sont si superficiels, en regard de la peur qui s'est insinuée en moi depuis tant d'années, de cette nausée qui me noue le ventre quand j'aborde le sujet.


Porter plainte n'est pas sans conséquences. Il ne suffit pas de se libérer d'un poids en allant au commissariat, il faut ensuite se replonger dans son histoire et aller au procès pour faire condamner aux Assises l'agresseur. Ce n'est pas l'envie qui m'en manque de le foutre en taule pour le mal qu'il m'a fait, pour que justice soit faite, mais je suis incapable de me dire que l'agresseur risque de me hair encore plus et s'en prendre ensuite à moi. Parce que persone ne me dit que j'ai été courageux d'encaisser tout ça, d'y survivre. Comment je fais, parfois, pour continuer à sourire, à rire, à me regarder dans une glace qui me renvoie ce visage d'agressé ? Grâce au déni. C'est lui, mon kit de survie qui me fait oublier ces yeux horribles qui s'amusent de ce qui m'est arrivé. Les yeux ne mentent pas, la bouche si. On peut prétendre me plaindre, dire que je suis une victime, les yeux s'amusent toujours à me représenter en train de me faire sodomier et pas violer. Parce que les deux se confondent dans la tête des hypocrites.


Le policier (ou la policière) que j'ai eu en ligne n'a pas eu un mot de déplacé. Il a été très correct. C'est lui qui m'a proposé de déposer une plainte, mais il pense en termes judiciaires alors que moi je pense en termes humains. Quand il a voulu me donner une liste d'associations d'aide aux victimes, j'ai refusé. Parce qu'une fois j'ai téléphoné à une de ces associations de prétendue aide, et on m'a traité sournoisement de menteur. On s'est permis de juger mon vécu et de le chiffonner comme un vulgaire mensonge.


A quoi bon aller à ce rendez-vous avec l'enquêteur ?


Cet entretien en ligne a peut-être été pire que tout, dans la mesure où je me suis pris en pleine gueule une réalité que je ne voulais pas admettre. J'ai fait un signalement pour dénoncer une tentative de viol. Mais quand j'ai raconté ce qui s'est passé ce jour-là, le policier a été très clair sur un point : "monsieur, le comportement de cet homme n'était pas normal, il s'agit d'un viol, c'est un crime." Un viol. Pas une tentative de viol comme j'ai voulu y croire. Le déni a fait son oeuvre de camouflage. Par survie, je pense. Mais savoir que juridiquement c'est du lourd, c'est du procès aux Assises pour que le violeur réponde de ses actes, me fait très peur. Une plainte n'est pas anonyme, on m'a dit souvent que des tas de victimes de viol qui ont dénoncé leurs agresseurs se sont après fait agresser par vengeance.
En plus, il est trop tard pour que je porte plainte contre celui qui m'a violé quand j'avais 18 ans : il y a prescription au-delà de 20 ans, il faudrait que je contacte le procureur de la république pour qu'il fasse une enquête. Galère...


Je suis peut-être lâche, sûrement, mais je tiens à préserver ma vie. Je ne tiens pas à me replonger dans cette histoire, dans toutes ces histoires d'abus sexuels, qui m'ont miné le moral pendant tant d'années. Je ne sais pas comment j'ai fait pour y survivre. Cette société patriarcale nous fait croire que ,quand on subit un viol, c'est plutôt en réalité quelqu'un qui nous plaît, qu'on lui envoie inconsciemment des messages sexuels. Il y a sans cesse la peur d'avoir honte, d'être montré du doigt comme menteur. On n'est pas défendu en tant que victime. On nous pousse à ne pas admettre cette réalité du viol en se disant que ce n'était pas une agression. Mais le corps, lui, sait, quand un attouchement prolongé devient un viol.

 00

 

16 juillet 2022

Soldes de non binaire

Cela fait plusieurs mois que je n'ai pas abordé ma non binéarité. Qu'en dire, aujourd'hui ? Cette sitation n'évolue ni dans un sens ou un autre, disons que j'ai des phases, des périodes pendant lesquelles je me sens homme et d'autres femme. J'ai acquis la conviction que ça ne partira jamais de moi, faut que je fasse avec. J'essaye de ne plus me rendre malade avec ce ressenti bigenre si étrange. Je m'étais même acheté des instruments bouddhistes pour équilibrer l'aspect masculin et l'aspect féminin de mon moi. En tout cas, pendant plusieurs mois je me suis senti homme. Du moins, je refoulais mes phases femme. Le problème, c'est que quand je refoule cet état de schizophrénie, ça ressort d'un coup, sans crier gare. C'est ce qui s'est passé avec les soldes. Rien de grave, mais c'est à ce genre de détails qu'on voit que je suis bigenre.

Depuis la crise du covid, j'ai la manie de changer de déco chez nous. Je redécore... tout. Même les wc lol. J'ai trouvé un siège de wc en velours qui permet de ne pas avoir mal dans le bassin quand on s'y assied. Eh oui, on n'y pense pas toujours mais moi qui ai des douleurs fréquentes dans le bas du dos, je peux dire que mes fesses apprécient la douceur du velours ... Sans parler du tapis épais et doux spécial "contour wc" pour poser avec soulagement ses pieds nus...J'ai aussi trouvé des robes de chaises. D'habitude, je vois ou des coussins moches de chaises, ou des housses qui camouflent seulement le dos. Or là, j'ai trouvé des housses longues bordeaux qui donnent un renouveau aux chaises un peu abîmées en les couvrant entièrement . Je rajoute un coussin, et hop, que du moelleux !En plus ça donne un style baroque que j'adore.


Je me suis aussi trouvé des équipements sportifs, en bénéficiant d'énormes promotions, 70 et 80 pour cent. Ce sont des petites choses en apparence anodines, mais qui en fait renforcent la musculature. Avec l'entraînement de danse ressortent mes anciennes douleurs au genou, aux chevilles et au bassin. J'ai donc opté pour un renforcement musculaire à base de gym. J'ai acheté un ballon de pilates de 75 cm de diamètre, qui me permet de retrouver ma souplesse. Je m'assieds dessus, roule de façon à ce que mon dos colle complètement au ballon tout en gardant les pieds au sol, ce qui assouplit les chevilles. Je reste ainsi 3 ou 4 secondes, les bras étendus sur le côté et me relève en croisant les bras. Ensuite, je me mets debout, roule en avant de manière à ce que mon ventre colle complètement sur le ballon, mes pieds sont déroulés, je reste une seconde maxi et reprends ma position debout très vite en gardant les jambes droites. C'est un formidable exercice d'équilibre et de concentration. ça paraît facile, mais une fois j'ai entendu un bruit, j'ai été déconcentré une seconde et ça a suffi pour que je glisse du balllon et tombe sur les genoux.Je me suis aussi trouvé un step. Je fais des mouvements basiques, mais c'est excellent pour là encore assouplir les chevilles. D'ailleurs, les danseurs se servent du step pour apprendre certains pas de danse comme le twist, le charleston ou les pas de liaison en danse classique. A tout ça, j'ai ajouté une petite haie qui me permet de faire rapidement les pas de côté, en me déhanchant sans me faire mal.


Pendant les soldes, j'ai eu également un gros, très gros, coup de coeur pour des pantalons faits par une créatrice, dans son atelier en alsace. L'un est effet cachemire avec motif fleuri, l'autre en tissu punto di roma, vert, très confortable et original. Vraiment, je ne supporte plus du tout de m'habiller comme tout le monde.


Bref, bref, voilà, avec toute cette gym, cette déco et ce tissu, bah je me sens pas toujours homme, hein ! Remarque, c'est l'avantage quand on est homosexuel , on peut se permettre d'avoir des activités et coups de coeur féminins, on trouve ça normal, "pour un pédé" !

13 juillet 2022

gérard depardieu est un monstre

Résultat de recherche d'images pour "monstre depardieu"J'ai toujours aimé gérard depardieu, je trouve son jeu d'acteur exceptionnel, il incarne à fond ses personnages. J'ai commencé à apprécier l'homme il y a quelques années. Il y a environ 8 ou 10 ans, j'étais venu en france voir mon frère. Comme je me lève à l'heure américaine, c'est à dire vers 5 heures, je regardais la télé. Et j'ai découvert une émission de cuisine que j'ai adorée. C'était avec gérard depardieu. Il disait qu'il avait déjà mangé de la baleine. Je l'ai trouvé loin d'être con. Je me souviens encore de sa phrase : "le soir, je me couche fatigué, parce que j'ai fait plein de choses dans ma journée". C'est tout à fait l'état d'esprit de ce livre.


"Monstre" est un recueil de pensées, un livre de coups de gueule. J'ai énormément apprécié le franc-parler de gérard. Il ne cherche pas à plaire, mais seulement à rester lui-même. Puis surtout, il a une sagesse de vie incroyable. Tout tourne autour du désir, du fait d'être vivant. D'une certaine manière, cela m'a fait un peu penser à une conception bouddhiste de l'existence. Seul le présent compte.


Il y parle de ces monstres magnifiques, de ces poètes qu'on ne trouve plus aujourd'hui. Il y dénonce la fausseté des relations humaines actuelles. Tout y passe, des hommes politiques à l'art en passant par internet, le vide des jeunes, le cinéma italien et son amour de la vie. Vraiment, je suis heureux d'avoir lu ce livre. C'est typiquement le genre d'ouvrage qui me fait évoluer, je ne ressors pas indemne de cette lecture. Il y a eu un écho entre ses pensées et les miennes. Comme lui, je suis un assoiffé d'humanité, dans toutes ses démesures.


Gérard depardieu, c'est avant tout un coeur de poète, une vision libre d'artiste, un monstre sacré (non pas du cinéma mais de la Vie). Un râleur qui a le sens critique aiguisé et surtout un coeur immense. J'ai adoré. Je recommande d'ailleurs ce livre à ceux qui désirent prendre du recul par rapport à notre société et changer de point de vue, prendre de la hauteur, grandir, réapprendre à aimer. Un ouvrage magnifiquement écrit.

9 juillet 2022

le déni

Je voulais lire un ouvrage de michel onfray, par curiosité. Je me souviens qu'à l'époque où j'étais étudiant en philosophie, nous ne le considérions pas comme un vrai philosophe. Plus tard, je me suis dit que, peut-être, mon jugement avait été hâtif et surtout formaté par la mentalité sorbonnarde. Mais après avoir lu ce livre, franchement, Image d'une page de livre. Cliquez pour afficher l'aperçu.j'ai du mal à le voir comme un philosophe.


Ce livre est une sorte de touche-à-tout, bourré de digressions pas très enrichissantes...
Le thème du livre, par contre, est intéressant. C'est le personnage de don quichotte. Je me rappelle d'un débat que j'avais eu avec des étudiants. On se demandait s'il valait mieux lire d'abord un ouvrage et ensuite son commentaire, ou l'inverse. L'évidence, pour moi, était de lire d'abord de livre et ensuite le commentaire. Mais voilà qu'à 39 ans je lis le commentaire de don quichotte alors que je n'ai jamais lu ce roman de cervantès...


Don quichotte est le déni personnifié. Il croit à l'illusion, bien plus qu'au réel. Des moulins qui sont des géants, une paysanne qui pue l'ail devient une princesse ravissante... Don quichotte est un féru de romans de chevalerie et ses vertus chrétiennes. Cervantès, dont la vie elle-même reste énigmatique, s'amuse à inverser les valeurs du vrai et du faux, du réel et de l'illusion pour écrire un roman du genre Merveilleux, mais surtout une satire de l'Eglise à une époque où la religion chrétienne n'était pas du tout tolérante... Les accusations contre l'Eglise sont portées par un personnage volontairement fou. Sa drôlerie permet aux accusations d'être plus digestes par les lecteurs du 17e siècle. Cela permet aussi à cervantès de ne pas être inquiété par l'inquisition.


J'ai trouvé que michel onfray jouait au philosophe en parlant un peu de n'importe quoi : un coup de psychanalyse, un coup de nietzche, un coup de platon, un coup de logique, des allusions à kant... Je me souviens de mes cours de logique : je ne comprenais RIEN. C'est conceptuellement mathématique.


"Le principe de don quichotte qui nomme la déraison pure suppose la pulvérisation de la logique,du bon sens et du sens commun. Tout est vrai, donc le faux aussi. Le faux devient une modalité du vrai. "


"Voilà la logique de la folie : impossibilité de consentir à la vérité du vrai, affirmation de la relativité du vrai, allégation de la fausseté du vrai, conclusion de la vérité du faux et apotille avec l'assertion que seule est vraie l'affirmation que le vrai n'existe pas".


La logique a son humour de philosophe, n'est-ce pas ! De mes années de DEUG, je me souviens d'un prof qui nous avait assenés une vérité imparable et simple à retenir :
- on ne peut pas dire une chose et son contraire dans une même phrase
- la vérité, c'est dire quelque chose de compréhensible ; si on ne vous comprend pas, c'est que votre raisonnement ne va pas.
Exactement ce que ne fait pas don quichotte.


Ce livre est une analyse à contre-courant de l'habituelle analyse littéraire pleine de condescendance. Michel onfray , ce libertaire et athée assumé, a un ton clairement irrévencieux. Il n'hésite pas à relever les hontes, péchés de don quichotte et de sancho pança. J'ai trouvé drôle le passage graveleux où il est question du moment où sancho veut déféquer sans bruit... hélas c'est un échec malgré ses précautions, ce qui provoque des odeurs nauséabondes en ligne droite et perturbe don quichotte...Je crois que c'est le passage que j'ai le mieux retenu lol !


D'un point de vue plus personnel, ce thème m'a tout de même intéressé car avant on me traitait souvent de don quichotte. Autrement dit, on m'a accusé de déni du réel entre mes 12 ans et mes 21 ans. J'ai fui la réalité violente en lisant, en écrivant, par le sexe puis la drogue. Le déni, c'est une façon de survivre aux traumastismes du réel. Quand la vérité est trop douloureuse à surmonter, on ne la surmonte pas, on l'évite. C'est justement la conclusion de ce livre de michel onfray. Il n'a pas tort, c'est réel.

4 juillet 2022

danza de la hacha, luis de briceno

J'aime beaucoup cette musique, elle me fait penser à l'italie (même si le compositeur fut espagnol et a habité paris, sous le règne de Louis XIII au 17e siècle. Il n'a vécu que 20 ans, mais est l'un des premiers à avoir établi une tablure pour guitare). Elle a été plusieurs fois remasterisée, modernisée.

 

4 juillet 2022

vin de pierre richard

Le Château Bel Évêque Millésime 2016 Dédicacé - photo 2Il y a quelque temps, mon amoureux m'a offert une bouteille de vin créee par pierre richard. Il sait que j'aime beaucoup cet artiste. Le vin s'appelle "le démon de l'évêque", sa tentation ...On attend une occasion pour l'ouvrir. Je n'ai pas voulu me jeter dessus, j'ai cessé de "picoler" comme je le faisais pendant ma dépression. Le vin n'a de vrai goût que s'il est consommé ponctuellement, au cours d'un repas. Bref, revenons à pierre richard. C'est L ACTEUR de mon enfance. Pour ceux qui ne le connaissent pas, cet acteur fait partie de ce qu'on nomme dans l'histoire du cinéma "la nouvelle vague"des années 60. Il s'est surtout fait connaître dans les années 70 par des comédies un peu auto-satiriques comme "le grand blond". Il incarnait le gentil idiot, le maladroit, le bênet attachant, le doux rêveur qui ne voit pas où il marche. Ses personnages étaient des sortes de charlots modernes qui me faisaient rire. Mais personnellement, j'ai  préféré les performances artistiques de pierre richard dans ses drames. Je me souviens surtout du film "le jouet" où il interprétait un homme qui devenait le jouet d'un petit garçon très riche. Ce film dénonce les enfants-rois capricieux et tyranniques qu'on a vu naître avec la société de consommation. Un film formidable que je recommande vivement. Et puis il y a aussi "sans famille", inspiré du roman. Je n'ai vu ce film qu'une seul fois, mais je me souviens de l'interprétation superbement dramatique de pierre richard. Du grand art, vraiment. J'ai été content de savoir qu'il s'était reconverti dans l'art du vin, il y a tant et tant d'acteurs qui partent à la dérive dès qu'ils retournent dans l'anonymat...

 

Vins de Pierre Richard

Vins de Pierre Richard ❯ Découvrez toute la gamme de produits en vente dans notre épicerie Jours Heureux. Livraison rapide ✓ Paiement sécurisé ✓ Retour gratuit ✓

https://www.joursheureux.fr

 

3 juillet 2022

la colle du jour

DSC00108 (2)

Est-ce que quelqu'un sait ce que c'est ?? Parce que nous, nous l'ignorons. Nous avons reçu ce machin en cadeau dans un colis, mais nous ne voyons pas du tout à quoi ça sert, il n'y a aucune indication dessus, aucun nom, aucun mode d'emploi. J'étais censé recevoir un presse-agrumes... hum, je ne trouve pas que ça en ait l'air. Ce matin, en l'examinant...il m'a pincé le doigt ! Sans rire, ça m'a attaqué ! J'étais en train de le regarder sous toutes les coutures quand les deux surfaces se sont soudain collées l'une à l'autre par aimant. Oh putain, j'ai eu l'ongle rouge pendant plusieurs minutes ! Franchement, je préfère l'autre cadeau, un corail à piques pour apéritifs en forme d'hippocampes, c'est moins dangereux...Ah le made in china, je vous jure...

2 juillet 2022

sorcières mayfair

La saga des sorcières, Tome 1 : Le lien maléfique - Livre d'occasion de Anne RiceLa saga des sorcières, Tome 2 : L'heure des sorcières - Livre d'occasion de Anne RiceImage du produit : La saga des sorcières - tome 3 Taltos

J'ai découvert anne rice pendant ma jeunesse.Quand j'avais 12 ou 13 ans, j'étais un grand fan du film "entretien avec un vampire". C'est à 17 ans que j'ai dévoré les trois premiers tomes de la chronique des vampires. Des années plus tard, je dévore tout autant la trilogie des sorcières mayfair. Avec toutefois une déception pour le dernier tome.


J'ai vraiment adoré le premier livre (qui fait plus de 900 pages, quand même). Il est superbe, gothique comme j'aime, sombre. C'est à la fois un roman fantastique et historique. Mais le rythme est très lent. Il n'a rien à voir avec les livres de fantasy actuels bourrés d'intrigues à chaque page. Là, on est davantage dans la psychologie des personnages, leur intériorité, on découvre leurs vécus, leurs raisons d'agir de telle ou telle manière.


Anne rice plonge le lecteur dans l'histoire de la nouvelle-orléans, ville dans laquelle elle a toujours habité. Le premier tome fut pour moi un vrai délice, parce que cela fait très, mais alors très longtemps que je n'avais pas ressenti d'amour pour un roman. Car, quand j'aime vraiment lire un roman, c'est tout mon être qui se passionne. Je rêve des personnages quand je dors, quand je me réveille je pense aux personnages comme s'ils étaient réels. Je me demande ce qu'ils vont faire, ce qu'ils vont devenir dans l'histoire. Je réagis comme s'ils étaient vivants. Je suis complètement happé par l'histoire, j'ai le coeur qui bat d'amour. Ah ça oui ! je tombe amoureux momentanément des personnages. J'ai aimé julien, le libertin bisexuel, grand sorcier. Et lasher, cet esprit qui hante la famille mayfair depuis trois siècles et dont on se rend compte, pendant qu'il relate son vécu, qu'il veut juste revenir à la vie. Je ne le trouve pas si méchant que les personnages le prétendent, son désespoir m'a beaucoup touché. Il veut juste être aimé.


Par contre, l'histoire est assez prévisible. J'ai deviné facilement la fin. Mais qu'importe, j'ai voulu lire cette trilogie surtout parce qu'elle a été publié dans les années 90. J'aime qu'on parle de papiers, j'aime les réflexions humaines,  la liberté érotique. Je n'en peux décidément plus de ces romans actuels qui font sans cesse allusion aux iphones, à internet. J'avais besoin de me replonger dans un récit où je me retrouvais dans les réflexions de l'auteure, où je ne m'y sentais pas étranger.


Par contre le troisième tome m'a clairement déçu. Autant les personnages des deux premiers étaient très fins, sublimes, autant j'ai trouvé ceux du 3e vulgaires, grotesques, imbéciles, sans élégance, sans consistance véritable. ça a un peu gâché mon plaisir, finalement. Mais bon, je ne regrette pas d'avoir lu les deux premiers car ils m'ont un peu réconcilié avec le style romanesque. Puis surtout, il y a toute une réfléxion sur la différence. Cette trilogie est un hymne à la tolérance.


C'est l'histoire d'une famille de sorcières à laquelle s'est attaché un fantôme depuis trois cents ans. Il a le pouvoir de matérialiser certains gestes et devient l'amant de certaines des plus puissantes de la famille. Rowan est son élue. Lors de sa grossesse, lasher se matérialise dans le foetus pour devenir humain. C'est là qu'on découvre l'existence d'une race ancienne, les taltos, presque entièrement exterminée par les humains. Mais tout finit bien dans cette trilogie. Pourtant, le fait de mêler style fantastique et historique a titillé ma curiosité. Le cercle de pierres de donnelaith, point central du récit, existe vraiment ! Je trouve qu'anne rice a bien réussi à ficeler l'histoire d'un bout à l'autre.


1e tome : 950 pages
2e tome : 800 pages
3e tome : 600 pages
ça fait de la lecture !

Les cercles de pierres en Ecosse - Partie II - Loanhead of Daviot, Midmar et Mulloch. - Les Chroniques de l'Histoire
cromlech de donnelatih, en écosse

25 juin 2022

chorégraphe

L'autre jour, avec la pianiste avec qui je collabore sur le spectacle, nous avons parlé de l'interprétation artistique. Rares sont les artistes qui osent véritablement interpréter des oeuvres. Il y a un pianiste qu'on aime beaucoup, c'est arcadi volodos. Il a interprété magnifiquement "La marche turque" de Mozart en lui donnant un air jazzy. C'est un génie.


J'aime beaucoup être chorégraphe, parce que je suis dans la création permanente. Etre danseur, c'est être un exécutant. C'est certes un métier passionnant, mais on exécute les pas, point final. Rares sont les danseurs qui osent interpréter de manière personnelle des ballets qui sont des valeurs sûres comme le Lac des cygnes, Cendrillon, Giselle... J'ai l'impression que les artistes osent peut-être davantage en danse moderne. Quoi qu'il en soit, la chorégraphie m'a permis de redonner un souffle à ma créativité. Et le fait d'avoir proposé à la troupe une démarche participative à la création du spectacle a généré non seulement une bonne entente entre nous, un esprit d'équipe mais également une inventivité qu'on n'aurait probablement pas eue si j'avais d'emblée imposé les pas.


J'aime oser. En tant qu'artiste, je suis provocateur dans la mesure où j'aime aller au-delà des barrières, au-délà du "déjà fait, déjà vu". J'ai d'ailleurs en tête de créer un autre spectacle basé sur mes poésies. Ce qui est passionnant avec la chorégraphie, c'est que plus on s'entraîne, plus on a envie d'inventer de nouvelles perspectives de danse.

 

 

16 juin 2022

mon recueil de poésies gothiques

ana

Voilà un livre dont je suis particulièrement fier. Je suis heureux d'avoir enfin publié ma poésie. J'écris de la poésie depuis mon adolescence, j'ai toujours secrètement espéré publier un recueil. C'est à la fois intime et impersonnel. Quand on ne me connaît pas, les poèmes peuvent sembler absurdes, mais quand on me connaît , alors on comprend le sens des mots couverts que j'emploie.


Je suis fier d'avoir publié cet ouvrage, parce qu'il aurait pu ne jamais voir le jour. J'en avais écrit la plus grande partie il y a un an et demi. Je l'ai envoyé, il a été refusé. Ensuite, mon ordinateur a planté, le manuscrit était perdu. Puis, j'ai eu l'idée de demander à la maison d'édition si elle pouvait me renvoyer le manuscrit. Et là, on me dit : "vous avez de la chance, d'habitude on détruit les manuscrits refusés, mais celui-là n' a pas été détruit à temps." Bingo, j'ai donc pu retrouver le manuscrit, que j'ai été obligé de remanier à cause des fautes typographiques dûes au format envoyé. J'ai passé des jours à retaper correctement les phrases, à changer les "J 0IHJJ56ai" en "j'ai". Les apostrophes et accents étaient remplacés par des chiffres bizarres. Bref, ça m'a pris du temps de tout remettre dans l'ordre, puis j'ai ajouté d'autres poèmes au fil des mois, selon mon inspiration.


Ce sont des poésies gothiques. J'ai d'ailleurs fait en sorte que la couverture reflète cet état d'esprit. L'image sort entièrement de ma tête, c'est une projection mentale de mon moi poète, très inspiré par le 19e siècle, en particulier le symbolisme. En fait, le mouvement gothique romantique d'aujourd'hui est le descendant direct du mouvement symboliste avec ses obsessions de la mort, de la folie, des ténèbres, de la solitude, de sa quête désespérée de rédemption. Ces thèmes m'ont toujours fasciné. Parfois je me dis que je ne suis pas né dans le bon siècle, car MON siècle c'est le 19e. Le romantisme noir fait partie intégrante de ma personnalité. C'est un mélange de nuit et de lumière. Sur la couverture, j'ai mis des éléments caractéristiques du gothique : le crâne, le corbeau, la nuit, l'hiver. C'est toute une atmosphère. Le crâne est là, non pas pour faire morbide, mais pour rappeller la mortalité de l'homme. La nuit, porteuse de drames, de larmes, d'espoirs, de silences, d'apaisements, elle camoufle les plaies et revèle la magie. L'hiver dans toute sa beauté nue, sobre, sa mélancolie tragique et sublime. Quant au corbeau, même si les cultures populaires en ont fait un oiseau de malheur, il est à mes yeux le symbole de ce que je suis. Voilà pourquoi j'ai un corbeau tatoué dans le dos, ses ailes sur mes omoplates, comme si nous ne faisions qu'un pour voler. L'homme, avec sa plume dans la main et son gilet de dandy, est un peu celui que j'aurais aimé être. Je me suis beaucoup inspiré du dandysme pour écrire mes poésies. Cette indifférence apparente qui reflète en réalité une hypersensibilité.


Je me souviens encore du commentaire du comité de lecture : "nous avons beaucoup aimé le fond, même si nous n'avons pas trop compris que certains poèmes soient écrits au masculin et d'autres au féminin : est-ce volontaire ?" Pour dire la vérité, quand j'ai écrit mon recueil, je ne me suis pas rendu compte que je passais du masculin au féminin, c'est mon côté bigenre qui s'est exprimé inconsciemment...Voilà pourquoi sur la couverture j'ai ajouté une pleine lune au visage de femme. C'est un dialogue entre mon moi homme et mon moi femme.


J'ai appelé l'ouvrage "l'anachorète", c'est un clin d'oeil à la rédemption du gothique qui est en moi. Il y a à la fois de l'humour noir et une sorte d'obsession chrétienne, une recherche entre l'enfer et le paradis. D'ailleurs, pour renforcer ce trait de caractère, j'ai écrit une préface sur l'historique du mouvement gothique, en citant baudelaire. En effet, charles baudelaire était un gothique avant l'heure, avec son apparente incohérence. Pour moi, écrire de la poésie gothique revient à rechercher le Beau dans l'étrange.
Pour écrire ce livre, j'ai été beaucoup inspiré par arthur rimbaud. Mes poèsies sont un peu comme des chansons, d'une certaine manière.


"C'est avant tout une autonomie de l'art qui place l'individu au-delà du réel pour ne pas l'assujettir au sordide. Il y a là le désir farouche, sauvage, d'écarter la conscience de l'empreinte réaliste. La gothique permet de rêver, d'imaginer, dans un monde qui ne s'émerveille plus de rien. C'est à la fois grotesque, dramatique, irrationnel et cynique. Dans ces poèmes se mêlent une inspiration paienne, source de sorcellerie, et une inspiration chrétienne quant à la quête de rédemption, de salut. Le résultat qui en découle relève de l'étrangeté, du fantastique. La noirceur des mots utilisés et des scènes décrites sont là pour susciter chez le lecteur un effroi, voire une terreur intime dans le but de briser les barrières qui enchaînent l'esprit formaté. "


"Ces poésies sont à lire comme des scènes de théâtre. Plus exactement, à écouter. Car elles possèdent une musicalité propre au mouvement symboliste qui en défait les règles académiques, scolaires. La liberté de ton et de rimes en fait une provocation de dandy. D'ailleurs, les personnages incarnés sont libres d'être imaginés par le lecteur, ils ne sont pas imposés. Notons seulement un dialogue entre le féminin et le masculin qui rend certains passages parfois obscurs : c'est volontaire. En effet, l'androgynie fait partie intégrante de cette folie incarnée et désincarnée du mouvement gothique, à la fois érotique et venimeuse, amoureux transi et écoeuré."


Les parchemins ont murmuré leurs secrets

Que nous n'avons pas voulu écouter.
De la sagesse que nous avons piétinée,

Des lettres que nous avons condamnées

Au silence emmuré

De ceux à qui l'on refuse toute vanité.
Des écrits d'un autre temps,
Presque nonchalant,

Sont ceux d'un intrépide amant,
Ténébreux intervenant.

Les épines avec lesquelles tu portes ces mots

Sur tes lèvres

Est une amphore de maux
Ensevelis sous la poussière
Des rêves d'autrefois.

Des sanglots, des misères ; j'ai si froid,

En me contemplant dans le lac des rancunes.
Malade, je suis fiévreux d'amertumes.

Des vers trépassés,

Sur des visages sans beauté.


Cruelle fut la désillusion du désamour.
Solitude inachevée,

Trempée dans le feu brûlant d'une folie façonnée
Comme un esthète qui clame toujours

En songeant amèrement, à jamais.
Les mots ne sont plus simples désormais,
J'ai le coeur qui cogne contre la porte des aberrations.

Des scandales dans les yeux, poisons

Dont je me déleste afin de sucer les sens
Qui en mon âme font incohérence

Avec ce qui, jadis, faisait la naiveté de mes errances.
ô muse de mes instables décadences,

Je jure que je trahirai encore une fois les mensonges

Ehontés sur lesquels tu as fait le serment

De me voler les songes.
ô vilénie est la vérité dont je mens

Chaque psaume qui me semble dégoût.
Chaque verset me paraît révolte,
Ingratitude et pensée sans le sou.

C'est une boîte qui déraille de la manière la plus sotte.

 

Pour l'acheter, c'est ici : https://www.echo-editions.fr/librairie/livre?id=192&t=lrsquoanachoregravete

4 juin 2022

vacances sans phone

IMG_20220603_141240Alors... que je raconte un petit peu mes vacances.
Nous sommes donc partis quelques jours en auvergne dans la maison de campagne prêtée gentiment par un ami de mon mari. Franchement, ce fut merveilleux. Merveilleux, parce qu'on a vécu quatre journées sans ouvrir notre téléphone. On en avait pris qu'un seul, celui de mon homme, en cas d'urgence. Cela nous a fait un bien fou de nous retrouver dans une existence sans écran, sans internet. Il y avait des jeux de société dans la maison, on passait nos soirées à jouer aux échecs, aux dames, aux cartes ou simplement à discuter après un bon repas fait avec des produits frais du marché local (jambonneau, gâteau de riz, saucisson à l'ail délicieux, radis piquants, tome, piémontaise, croissants, rôti de porc...).


Petit détail "amusant", notre fille a fait une allergie au soleil. Elle s'est retrouvée avec les paupières enflées à cause d'un gros coup de soleil sur le visage. La pharmacienne lui a fait peur en lui disant qu'elle allait faire une fièvre, qu'elle allait en baver de douleur et qu'elle allait être brûlée au 3e degré. Ses paupières ont désenflé quand nous sommes rentrés sur paris. Il faut dire qu'il faisait chaud dehors en province. On a fait beaucoup de randonnées, là-bas il y a pas mal de sentiers. On faisait une vingtaine de kilomètres par jour, on a eu des ampoules aux pieds. On s'était mis sur la peau de l'huile essentielle de citronnelle contre les moustiques, c'est efficace, surtout quand on a traversé un marais entouré de graminés qui soufflaient littéralement leur pollen dès qu'on écartait les tiges. ça a fait une de ces nuées ! On partait vers 8-9 h et on rentrait vers 20h30.


IMG_20220603_141249On a pris goût aux randonnées lorsque nous vivions au canada. Ici les paysages sont certes moins sauvages, mais charmants. J'ai photographié toutes sortes de curiosités sur les chemins que nous traversions. Faire de la randonnée me fait souvent penser au film "wild", l'histoire vraie (tirée du livre, que j'avais lu à montréal) d'une jeune femme qui, suite au décès de sa mère, devient accro au sexe et à la drogue ; pour s'en sortir, elle fait une randonnée de plusieurs mois où elle trouve le courage de repartir à zéro pour une vie meilleure. Pour nous, la randonnée ne consiste pas à mettre des habits de sport de marque et à faire de la marche rapide avec l'iphone à la main comme beaucoup de vieux, c'est au contraire l'occasion de prendre notre temps pour observer la nature, les oiseaux, flâner, sentir les odeurs des arbres, nous allonger dans les champs, nous déconnecter de ce monde hyperconnecté, l'occasion de faire le point et de retrouver nos priorités.

J'ai même réussi à faire des grasses matinées, alors que j'étais insomniaque depuis des lustres. Je me sens plus en forme, plus apaisé. Nous avons trouvé un super brocanteur avec lequel nous avons sympathisé, du coup il m'a fait une grosse réduction sur plusieurs livres anciens que j'ai achetés. Des guides philosophiques et spirituels du 19e siècle, j'adore. La conversation s'est naturellement portée sur l'amour des livres, lui aussi déplorait que la lecture ne soit plus la priorité des gens aujourd'hui. On a aussi trouvé un masque traditionnel et artisanal de thailande, un masque de protection esotérique, une sorte de gargouille qui éloigne les mauvais esprits. Il a été ravi de nous avoir comme clients.


Voici quelques curiosités vues sur les sentiers de rando :

IMG_20220530_111302

IMG_20220603_141641

 

IMG_20220530_111649 (1)

 

IMG_20220530_113757 (2)

IMG_20220530_121840 (1)

IMG_20220530_113333

IMG_20220530_111323 (1)

IMG_20220603_141155 (2)

IMG_20220530_111140

Publicité