sainte thérèse d'avila
J'ai lu "la femme et ses images" de pascal lainé, un essai sociologique sur le féminisme, datant de 1974, basé sur des entretiens réalisés deux ans plus tôt. Quand ma fille m'a vu lire ce livre, elle a écarquillé les yeux en me demandant : "mais pourquoi tu lis ça ?" Le "ça" voulait dire : pourquoi est-ce que t'intéresses à un vieux truc d'il y a 50 ans ?" On peut légitimement me poser la question, mais ma réponse sera tout aussi légitime : parce que c'est important de connaître les origines du féminisme, vu dans son contexte.
Quand j'ai manifesté en 2018 pour le mouvement Metoo, j'ai vu les féministes d'aujourd'hui. Et je n'ai pas du tout aimé leur contact. Agressives, vulgaires, elles m'ont dissuadé de manifester avec elles, alors que le souci de l'agression me concernait moi aussi.
Ce que j'ai beaucoup aimé dans cet essai, c'est avant tout sa clarté. L'auteur écrit avec du recul, sans prendre parti, même si on sent qu'il adhère à une révolution des mentalités. Il y a quelques années, je militais sur twitter pour Metoo. J'ai été sidéré de voir les commentaires haineux et complètements idiots de certains mecs attardés, comme "les féministes sont des sorcières, des putes". On se serait cru à l'inquisition, c'était lamentable.
Je pense que le féminisme est en berne, que les féministes actuelles sont très proches des mecs qu'elles dénonçaient jadis. Certaines sont même misogynes. Elles sont aussi violentes, crades, agressives que beaucoup de mecs tarés. Personnellement, j'ai du mal à prendre à sérieux le féminisme à cause du comportement hypermasculin des nanas d'aujourd'hui. Etre une femme au foyer est vu comme une honte, une tare. Or, je trouve personnellement que ce statut est empreint de dignité, justement. J'ai grandi avec une mère qui se foutait de son foyer, ne se préocccupait pas de ses enfants, parlait mal, ne faisait ni la cuisine ni le ménage, qui était violente, parlait divorce sans arrêt. Pour ma part, je trouve que c'est plus une attitude de connasse que de féministe. En tant qu'enfant, j'ai beaucoup souffert de ne pas avoir une mère aimante et bienveillante. Je pense qu'aujourd'hui, on est dans une ère de dérive du féminisme, en mode pouffiasse au crâne rasé.
J'ai voulu lire ce livre pour retourner aux sources du féminisme, savoir de quoi il est vraiment question à la base. Je suis heureux de l'avoir lu, parce que ça m'a ouvert les yeux sur des principes fondamentaux qu'on a tendance à zapper. Puis surtout, l'analyse du féminisme rejoint l'émergence de la société de consommation et sa manie de tout dénaturer. Les problèmes abordés dans ce livre restent finalement très actuels parce qu'aujourd'hui notre société trouve ses fondements dans la consommation naissante des années 70.
"On observe les mêmes obstacles à l'affirmation de son identité, qui doivent toujours se mesurer à l'échelle et selon les normes du dominateur : l'homme, le bourgeois, l'occidental...qui sont à cet égard l'unique mesure de toute chose et qui la seule culture dans notre société."
"L'accent est mis constamment sur l'automatisme des instruments ménagers modernes, sur l'efficacité des produits qui remplacent avantageusement le labeur féminin sur le thème du travail 'qui se fait tout seul'. Ainsi la ménagère se voit purement et simplement liquidée. Elle est pour ainsi dire de trop. Tout le rôle de la femme se borne à l'achat, un achat qui lui permet de se réaliser comme bonne épouse et bonne mère mais dans la mesure où l'achat lui enlève proprement ses fonctions. A la limite, on pourrait parler d'ethnocide en ce sens que toute une culture spécifiquement féminine est progressivement détruite, aujourd'hui, par la concurrence de la grande industrie. On cuisine de moins en moins. Plus aucune femme ne fait elle meme ses conserves."
" Que la maternité soit en principe l'une des aspirations naturelles de la femme, sans doute. Que la maternité ne soit dans les faits qu'une minable corvée quotidienne, c'est ce qu'on observe aussi. L'enfant n'est pas en cause, mais plus souvent le mari qui se dérobe à ses obligations. Mais toujours la société, et son idéologie, fait de l'éducation qu'elle impose et qui fait de la maternité une charge bien davantage qu'un accomplissement. Et du moment où la maternité n'est pas vraiment libre, non seulement consentie mais expréssément voulue, il est ridicule de gloser sur 'l instrinct maternel'."
"Toute l'idéologie de la consommation, qui règle pour l'essentiel dans notre société les rapports économiques et sociaux, et qui forme notre morale dominante, repose sur une mythologie de l'eros, de la jouissance immédiate et coûteuse, à quoi la femme n'a en principe d'autre rôle que de donner corps. Car l'image de la femme, c'est justement le désir rendu visible. Désir en soi, peu importe de quoi : l'image lui donnera toujours assez de sens. Et peu importe quelle image, et quelle femme sur cette image. Toutes se ressemblent instrinsèquement sur les magazines, dans les publicités, dans les vitrines."
On me reproche souvent d'être une personne dure. Est-ce vrai ou faux ? Je ne pense pas être quelqu'un de dur dans le sens de malveillant,en revanche je peux être très dur en certaines circonstances, surtout quand je me mets en colère. Avec les années, je suis devenu moins colérique car je suis moins orgueilleux. A 20 ans, j'étais le summum de l'arrogance. Désormais je vois les choses avec plus de simplicité, plus de recul. Mais s'il y a une chose que je ne supporte pas du tout, c'est la méchanceté et la fourberie. J'ai moi meme tendance à mentir, je l'avoue, mais pas par cruauté. Je taquine, oui, je joue. Mais je ne me fous pas de la gueule des autres. Je suis très
direct, par contre, ce qui dérange très souvent les autres. Du coup, quand je dis ouvertement ce que je pense et ressens, on me trouve dur. Ce que les gens ne comprennent pas très bien, c'est que j'ai été obligé de m'endurcir pour survivre à mes traumatismes. Ne serait-ce que d'un point de vue professionnel, j'ai été obligé d'être moins naif. Gagner en maturité, c'est devenir dur. Mais c'est vrai que parfois, cette dureté me bouffe dans mes relations sociales. Je dis les choses abruptement, surtout quand il s'agit de réalités ordurières comme le viol ou la maltraitance. Parce que, quand on subit des évènements traumatisants, humiliants, violents, on ne peut voir la réalité de ces choses
qu'avec dureté, avec vérité, avec froideur. On se dénude de sa sensibilité pour en parler parce que sinon on implose, on meurt. Il y a des gens qui préfèrent se taire par rapport à leurs traumatismes, moi j'ai décidé d'en parler ouvertement, radicalement, comme une mise à nu , d'une brûlure qui ne cicatrise pas.
Voilà pourquoi j'écris des romans sur l'homosexualité : pour dire au grand jour ce qui est toujours resté enfoui dans mon coeur, emprisonné dans le carcan de la honte. Avant, quand j'avais environ 20 ans, j'extirpais les traumatismes du viol et de la maltraitance par une sexualité exarcerbée. Pour cela, parce qu'on ne comprenait pas la portée de mes gestes ni mes intentions, on me traitait de pute. Il existe des hommes gays qui aiment se faire traiter de salope, de pute. Pas moi. Mais j'avais une douleur si intense, si brûlante en moi que le seul moyen qui s'avérait être à la hauteur des traumatismes était...la violence sexuelle consentie. C'est TRES compliqué à expliquer,cela m'a valu des séances chez le psy, donc ici résumer semble un peu illusoire... Ce que je veux dire (en espérant que cela intéresse quelqu'un), c'est que la dureté agit comme une sorte de bouclier contre la haine que l'on se porte à soi. Après avoir été violé la 1e fois à 18 ans, j'ai commencé à me sentir pute. Sentiment qui hélas n'a fait que s'amplifier au cours des années. L'unique moyen de me débaresser de cette violence intérieure était la violence volontairement acceptée sur mon corps. En gros, j'étais SM. Le vrai sado-masochisme ne consiste pas à mettre des menottes au lit pour déconner, c'est bien bien plus trash : ce sont des coups de couteau sur le corps, des brûlures...C'est horrible. Cela ne me dérangeait pas parce qu'à l'époque je me scarifiais le bras. C'est une chose que j'ai faite inconsciemment. Ce n'est que bien après que j'ai réalisé que je me punissais d'avoir été violé. Je me disais que c'était de ma faute. C'est justement la dureté de la lame sur mon bras, cette douleur physique qui anesthésiait la douleur émotionnelle.
A partir de là, j'ai fait entrer la dureté dans ma vie comme mode de vie. Je me souviens d'enzo, un gars qui avait 4 ans de moins que moi. Il était italien, disait qu'il était mafioso. Je l'ai cru, parce que moi meme ayant une origine sicilienne j'étais fasciné par la mafia, par les armes. Le sexe, pour
moi, se faisait avec des ciseaux, des couteaux. Oui, bon, j'imagine votre regard affolé en lisant cela, je ne vous en voudrais pas du tout. Mais je parle de la réalité du traumatisme et ses conséquences, son impact odieux et sans limite sur la conscience et le corps. Ce enzo, je l'ai rencontré sur le tchat wanadoo. Quand il m'a dit faire partie de la mafia, je l'ai cru parce que je n'avais pas envie de voir en lui un menteur, je n'avais pas envie de lui cracher à la figure en disant "oh t'es un mytho !". Bah oui, parfois on invente certaines choses pour régler des tourments intérieurs, c'est comme ça. On n'a pas à juger. Son père était veuf, il prenait son fils unique pour une pute, le sodomisait au lieu de se prendre une amante. Enzo cherchait donc le respect ailleurs que chez lui. Il était dealer, et prenait de la cocaine. On a discuté pendant deux ans, on riait beaucoup. On est tombés amoureux. La dernière fois qu'on s'est vus, il partait le lendemain pour l'italie, afin de fuir un réglement de compte. Nous avons fait symboliquement un "mariage rouge", c'est un lien esotérique réalisé avec un bracelet sur lequel on récite une formule de magie rouge (d'amour). Il m'a dit, en citant saint ignace de loyola : "tu m'as vu avec les yeux de l'âme". Ce gars était dur, surtout quand il me disait : "je te protègerai à condition que tu te soumettes à moi". J'ai accepté. J'étais si désespéré, je me sentais si seul, si abandonné, que j'ai consenti à son agressivité sexuelle parce qu'en retour il me protégeait de la haine et de la violence des autres personnes. J'avais besoin de sa dureté, de son machisme à l'italienne.
Alors quand on me dit que je suis dur, j'ai clairement envie de répondre : "vous ne savez pas ce que sont les gens réellement durs".
Comme a dit asia argento au sujet de son film "scarlet diva" : "ce n'est pas moi qui suis trash, mais c'est le monde qui l'est".
Récemment, je me suis acheté 16 livres des années 70-80-2000, traitant à la fois de socio, de philo et d'histoire.

Cette image me fait chaud au coeur, parce que depuis mon enfance j'ai toujours rêvé de recevoir autant de livres. Je me lasse profondément des bouquins d'aujourd'hui, qu'on trouve à la fnac, cultura... Ce n'est que de l'industrialisation. Or, ce que je cherche dorénavant, c'est de l'authentique. Je trouve que les livres modernes, surtout ceux publiés depuis 10 ans ,sont très mauvais : parfois les phrases sont incompréhensibles, les références une fois trop dans l'immédiateté, je n'aime pas les thèmes abordés (les réseaux sociaux, par exemple). Or, avec ceux d'occasion, je me sens plus à ma place en quelque sorte parce qu' on sent que les auteurs prennent de la distance à l'égard des évenènements pour en tirer la meilleure analyse. Aujourd'hui, on écrit parce qu'on veut vendre le plus possible. Si on ne vend pas dans les deux mois après la publication, tout le monde vous oublie, voilà pourquoi les écrivains publient n'importe quel roman juste pour attirer l'attention. Je trouve ça d'un puéril ...
Quand j'étais plus jeune, je voulais devenir libraire. Hélas, ce domaine a commencé à se casser la figure avec l'omniprésence d'internet, pile au moment où j'ai cessé mes études. J'ai toujours aimé le contact des livres, c'est presque charnel. Lire, c'est plus qu'une passion pour moi, c'est ce qui me définit. Je suis lecteur au sens traditionnel du terme : je lis pour apprendre, découvrir, réfléchir, pas pour me vider la tête après ma journée de boulot. Mary higgins clark et stephen king, j'en ai lus à un moment, mais j'ai fini par les jeter. Je ne ressentais rien pour eux. Or, avec les livres dont la date semble périmée, je suis libre de les aimer parce qu'ils ont des choses à raconter. Ils laissent des traces, ils font partie de moi. Voilà pourquoi je ne me fais absolument pas aux ebooks : lire sur écran, c'est quelque chose de mort. Pas d'odeur de pages, pas de toucher, pas d'émerveillement quant à l'époque où ils ont vu le jour. Rien. Et c'est justement ce rien que je ne supporte plus dans l'industrie du livre.J'écris parce que j'aime, je lis parce que j'aime, j'achète des livres qui font sens à mes yeux.
Ce livre est un formidable coup de pied au cul. Voire prophétique. C'est de la bioéthique avant l'heure. Il a été écrit en 1895 par la baronne anna létang, mais il aurait pu tout aussi bien avoir été écrit aujourd'hui tant le ton est sans langue de bois, sans concession. Cette femme devait être très courageuse et en colère pour oser publier un tel opuscule, il a dû malmener beaucoup de consciences !
Elle maintient l'idée que la mort n'est pas la fin, seulement une transformation. On retrouve cette idée dans les cultures amerindiennes, bouddhistes, hindouistes avec la réincarnation, la notion de cycles. Mais le plus intéressant, c'est qu'elle pointe du doigt la cruauté humaine. Elle dénonce tout d'abord l'inconscience, voire la sottise, de certains médecins qui ne vérifient pas l'état réellement mort de certaines personnes. A l'époque on ne connaissait pas le coma, et les individus sombrant en léthargie étaient enterrés vivants. Mais le moment que j'ai le plus aimé dans cet opuscule, c'est l'analyse sur la sensibilité des animaux et la cruauté inénarrable de la vivisection. Le peu qu'elle donne de détails m'a glacé le sang. En gros, elle dit que comme le corps mort revient à la terre sous forme de nourriture, on ingère les souffrances des êtres morts dans d'atroces douleurs. Cela m'a fait évidemment songer aux abattoirs où des animaux sont pire que maltraités : des veaux qui ne voient pas la lumière du jour mais qui ont les quatre pattes attachées pour garder "la chair tendre", des poules entassées par milliers dans des cages, des vaches faméliques dont on force les mamelles à donner du lait, les animaux sous traitement antibiotique permanent...
" L'homme a-t-il le droit de pousser l'égoisme jusqu'à la cruauté la plus abjecte ? Il ne le peut sans que cela ne retombe sur lui-même. Certes, la science doit être libre car sans la liberté de la science il n'y a pas de progrès possible, mais la science comme tout autre puissance humaine doit être forcée de s'arrêter à la limite du crime. Or, ces supplices affreux, imposés à des êtres doués d'une sensibilité égale à la nôtre constitue un crime inique et lâche ! Qu'on se figure la terreur folle qui doit s'emparer de ces malheureuses créatures douées de raisonnement et de mémoire, quand après quelques instants de repos elles voient s'approcher de nouveau leur impitoyable bourreau !"
"Qui n'a pas de compassion des souffrances d'un animal, ne saurait avoir compassion de celles d'un homme".
Hélas, on a vu combien cette cruauté pouvait atteindre son paroxysme avec le nazime, ces cinglés qui faisaient des expériences sur les juifs dans les camps... Mais désormais, on fait la même chose avec l'élevage industriel.Un jour, il y a longtemps, j'avais rêvé que j'étais à l'abattoir, j'étais suspendu à un crochet, la tête en bas. J'avais le corps écorché vif. J'entendais le bruit d'une cisaille qui allait me découper en morceaux...J'imagine que les animaux d'élévage ressentent la même chose...
Du coup, j'ai signé une petition contre la vivisection animale. Et vous ?
Etant donné que je me suis acheté plusieurs objets de culte bouddhiste tibétains, dont un bol chantant, il était logique que je lise un ouvrage du dalai lama. J'aime beaucoup le sous-titre "faire la révolution du coeur". Il est vrai qu'on a tendance à caricaturer le bouddhisme, à en faire une sorte d'image d'épinal baba cool, alors que le terme "bouddha"signifie simplement "éveil". Le but est de se libérer de nos souffrances en cultivant l'altruisme.
J'ai compris dernièrement que mon esprit est clairement empoisonné par la colère et la haine qui en découle. Suite à de nombreux traumatismes et amères déceptions, j'ai développé l'an passé une phobie sociale qui , honnêtement, n'est pas top pour ma santé mentale. Je cherche donc à briser les chaînes qui m'entravent. Et le bouddhisme, dans sa théorie, m'apaise, me pousse à améliorer mes traits de cractère. D'ailleurs, dit entre parenthèse, cela se rapproche beaucoup de la morale juive. J'en ai plus qu'assez d'entendre certains individus tenir des propos psychotiques comme "je ne veux pas être pestiféré par l'amour qui me laisse sans défense". La vie, c'est justement l'amour, la bienveillance. Une vie sans amour, sans compassion, sans altruisme, est une vie ratée. J'en ai marre qu'on me rende le mal pour le bien. J'essaye d'être sympa avec les autres et en retour on me crache à la figure par jalousie.
Il y a un paragraphe dans lequel je me suis beaucoup reconnu : "En général, lorsque nous aidons quelqu'un, nous avons tendance à espérer quelque chose en retour. Par rappprt à un proche, nous avons certaines attentes, et si au lieu de réagir de façon positive et de nous rendre l'amitié que nous lui portons, cette personne nous fait souffrir, nous nous sentons outrés. La déception est si forte, la blessure si profonde que nous estimons qu'il est de notre plein droit de réagir avec colère, en faisant valoir un sentiment d'injustice. Or, il est conseillé au vrai pratiquant de ne pas céder à ce genre de réaction habituelle mais de saisir une occasion de s'entraîner, en considérant la situation comme une leçon et un enseignement. Pour le pratiquant, cette personne est un véritable maître qui lui apprend la patience, car c'est dans ces moments-là que l'entraînement à la patience est des plus utiles. Au lieu de répondre par la colère ou l'agressivité, il faut estimer la personne comme étant d'une valeur rare. Cela ne veut pas dire qu'un vrai pratiquant doit accepter tout le mal ou l'injustice dont il est victime. En fait, selon les principes du bodhisattva, il faut réagir à l'injustice en prenant des mesures fermes, surtout si l'auteur de ces actes négatifs risque de les perpétrer ou s'ils afffectent d'autres êtres. Cela demande donc d'être receptif au contexte. "
Ce livre a été publié il y a 20 ans, mais je le trouve d'une grande pertinence et actualité. Cela m'a fait du bien d'entendre parler de compassion universelle.
Le dalai lama est présent sur twitter, dont je lis parfois les messages.
"In my experience, what we need is a calm mind and warm-heartedness provides a basis for that. That's how we make ourselves happy as individuals in families, local communities and nations. If we can train those who are young today in these qualities we’ll create a happier world."
"When affectionate relations exist between members of a family, each one is confident of being able to call on the others for support. In a similar way, we must constantly remind ourselves of the oneness of humanity."
"Vraiment, il est juste et bon de t’offrir notre action de grâce, Dieu éternel et tout-puissant, et de te rendre gloire poor tes anges et tes Archanges :
L’admiration, que leur fidélité nous inspire, rejaillit jusqu’à toi, et la splendeur de ces créatures spirituelles nous laisse entrevoir comme tu es grand et combien tu surpasses tous les êtres.
Avec ces multitudes d’esprits bienheureux qui t’adorent dans le ciel par le Christ, notre Seigneur, nous te chantons ici-bas en proclamant : Saint !"
C'est là l’essentiel de la vocation des anges : contempler Dieu et chanter sa louange. C’est aussi la raison d’être de la création et la mission primordiale de l’Eglise.
Dieu est le « créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible » dont le but est de rappeler que « Dieu a tout ensemble, dès le commencement des temps, créé de rien l’une et l‘autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde terrestre ; puis la créature humaine qui tient des deux, composée qu’elle est d’esprit et de corps ».
Dès l’Ancien Testament, les anges protègent et guident les patriarches. « Dieu donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins. De leurs mains ils te porteront, pour qu’à la pierre ton pied ne heurte » (Psaume 90). Cette mission continue : « Du début de l’existence au trépas, la vie humaine entourée de leur garde et de leur intercession. Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur pour le conduire à la vie.
En faisant mémoire des anges gardiens, les croyants demandent à Dieu de leur assurer « le bienfait de la protection des anges et la joie de vivre en leur compagnie pour toujours ». Mais cette mémoire les encourage aussi à inventer une « présence fraternelle » concrète auprès des autres, à prendre soin d’eux.
Saint Lorenzo Ruiz, également connu sous les noms de Laurentius Ruiz de Manila, est un saint protomartyr philippin de l'Église catholique. Sous le shogunat Tokugawa, au XVIIᵉ siècle, il est soumis et succombe au tsurushi, refusant d'abjurer sa foi.
Il est associé au martyre de seize autres chrétiens, membres de l'ordre des Prêcheurs. À Nagasaki, 16 martyrs, les uns brûlés vifs, d’autres décapités quelques années auparavant et plusieurs autres qui moururent témoins de la foi au Christ. Après avoir semé la foi chrétienne dans les îles Philippines, Formose et les îles du Japon, ils consommèrent leur martyre pour l’amour du Christ à Nagasaki, en vertu d’un décret du chef suprême Togugawa Yemitsu, à des jours différents, de 1633 à 1637, mais sont commémorés dans une même vénération.
Vincent de Paul meurt à Paris le 27 septembre 1660, à 80 ans, au terme d'une vie prodigieuse orientée vers la charité.
Ce prêtre est né dans une famille misérable du village de Pouy, dans les Landes.Lors d'un voyage en Méditerranée, il est capturé par les pirates barbaresques et emmené à Tunis. Il s'échappe en 1607 et gagne Rome.
Il entre ensuite à la cour du roi Henri IV et devient l'aumônier de la belle reine Margot puis des enfants du prince de Gondi, général des galères (l'aumônier distribue les aumônes de son employeur).
En 1617, au chevet d'un mourant, Vincent découvre les vertus de la confession et prend conscience de la grande misère du peuple et du recul de la foi chrétienne dans les campagnes autant qu'à la cour, sous l'effet de la pensée rationaliste et « libertine ».
Il se fait nommer curé de Châtillon-les-Dombes, une paroisse en voie de déchristianisation près de Lyon, et fonde sa première confrérie de la Charité pour soulager l'immense misère paysanne.
Deux ans plus tard, il est nommé aumônier général des galères sans renoncer à ses fonctions à la cour qui lui permettent de recueillir des fonds pour ses oeuvres (mais lui valent aussi de nombreux ennemis).
«Monsieur Vincent» (c'est ainsi qu'on le désigne eu égard à sa douceur et à sa bonhomie) crée la Société des Prêtres de la Mission (les lazaristes) en vue de réévangéliser les campagnes ainsi que les Filles de la Charité ou « Soeurs de Saint Vincent-de-Paul », au service des enfants trouvés et des malades.
Lui-même distribue de la soupe aux enfants des rues, collecte des fonds pour la Lorraine endeuillée par la guerre, réconforte les galériens... Il assiste aussi le roi Louis XIII sur son lit de mort. Sa dépouille repose dans la chapelle des lazaristes, au coeur de Paris.
Voici un sondage qui me semble important, car l'écologie est la priorité de demain. Je vous engage à y répondre.
Né en 1887 à Pietrelcina, près de Naples, il demanda à 15 ans à entrer au Couvent des Capucins.
Dès son enfance, il fait des expériences surnaturelles, et toute sa vie témoignera de cette transparence à la Vie Divine.
Ce qui lui vaudra beaucoup d'ennuis de la part de sa hiérarchie, qu'il supportera dans une parfaite obéissance.
En 1918, il reçoit les stigmates visibles de la Passion du Christ, ce qui lui provoque des douleurs permanentes et des difficultés à marcher.
La spiritualité du Padre Pio fait aussi des miracles.
Des foules viennent à son monastère de San Giovanni Rotondo pour se confesser et les pénitents constatent avec stupéfaction que le père lit dans leur cœur à livre ouvert.
Pendant la Célébration de la Messe, qui dure parfois trois heures, son visage exprime une émotion d'un autre monde.
Les bouleversements spirituels qu'il provoque journellement chez ses visiteurs s'accompagnent parfois de guérisons miraculeuses.
Parmi les phénomènes les plus étranges cités à propos du père Pio, les moindres ne sont pas les cas de Bilocation.
Ainsi un général sur le point de se suicider vit apparaître un moine qu'il n'avait jamais vu et arrêta son geste.
Plus tard, ayant appris l'existence du père Pio, il se rendit au Monastère et reconnut en lui ce Moine qui l'avait sorti du désespoir : le Père lui sourit et lui dit: "vous 1'avez échappé belle"!
La vie de Padre Pio fut extraordinaire à de nombreux points de vue car il avait une mission très spéciale à remplir: il devait apporter le pardon de Dieu à des milliers de pécheurs repentis. Il devait également, en portant pendant cinquante ans les stigmates de la Passion de Jésus, “achever dans sa chair, ce qui manquait aux souffrances du Christ, pour son Corps, l’Église.” On a dit de Padre Pio qu’il fut “comme une incarnation mystique du Crucifié du Golgotha”.
En 1940 il créa la Casa Sollievo della Sofferenza et plus tard les groupes de prières.
Padre Pio souhaite que la prière des groupes comprennent: la Messe, suivie de la récitation du chapelet aux intentions de l’Église et du Pape. Il exclut les causeries, les débats, les commentaires de l’Écriture, etc. Pour lui les groupes de prière doivent être uniquement centrés sur l’Eucharistie.
Voilà, j'ai modifié l'apparence de ce blog afin qu'il devienne MON blog. Je sais que la nuance semble un peu vaseuse, mais elle m'importe néanmoins. Je me remémore parfois le design de mon premier blog quand j'avais 19 ans (j'ai bonne mémoire !), et ce qui en ressort est le sentiment de sécurité, voire d'intimité lorsque je le regardais. J'écrivais des notes, les postais publiquement , je me sentais à la fois exister pour les autres et pour moi-même.
L'autre mise en page est jolie, mais elle ne me ressemble pas trop trop. Celle-ci est plus sobre, plus intimiste en quelque sorte. Je suis très sensible aux couleurs, aux formes, et cela me pousse à ne pas jouer de rôle, à ne pas me mentir. Ma colonne est moins chargée que l'autre, plus sommaire, elle va plus à mon essentiel. Pas de compteur de visites (dont je me fous, à dire vrai), je n'ai pas besoin que tout le monde voit les commentaires qui me sont laissés. On vient voir mon blog parce que les notes plaisent (j'espère !), pas pour voir si je suis au hit parade. Besoin de vrai, même ici. Je suis là pour écrire, raconter, pas pour jouer à la gloriole. Puis je suis content d'avoir fait cette bannière automnale : c'est ma saison favorite, celle qui me donne envie de lire, d'écrire, de me recentrer sur mon essentiel, celle qui m'apaise. Elle me semble éternelle. Elle représente mon chemin de vie.
Ce fut le premier prêtre catholique coréen, né en 1821 et mort en 1846.
Il est considéré comme un martyr moderne,puisqu'il est mort pour la foi, pendant les persécutions qui sévissaient dans son pays à l'encontre des catholiques, entre 1839 et 1867.
Son père et sa mère se sont convertis au christianisme. Kim est bapttisé à l'âge de 15 ans et prend dès lors le prénom andré.
Il étudie au séminaire de macao, en bordure de la chine et neuf plus tard il est ordonné prêtre. Dans son pays, beaucoup perdent la vie à cause des persécutions sous la dynastie joseon.
C'est en voulant faire parvenir des lettres en europe en bateau qu'il fut arrêté, interrogé par le mandarin et condamné à la prison.
A 25 ans, il fut torturé et décapité.

J'ai beaucoup aimé ce film documentaire indien. L'histoire se passe de nos jours, mais dans l'inde traditionnelle.
Vanaja est une jeune fille de 15 ans de caste inférieure qui est embauchée comme domestique chez une patronne. Puis un membre de la famille de celle-ci vient d'amérique, il est politicien. Il viole vanaja, qui tombe enceinte et accouche d'un fils. La patronne décide alors de le faire passer pour son petit fils pour cacher la honte que cet enfant illégitime provoque dans l'entourage.
Ce film est très fort, très réaliste. On voit bien la condition des femmes dans une société régie par le système de castes. Cela m'a fait penser à un article que j'ai lu récemment (qui date de 2017) :
"L'un des plus grands défis sociaux en Inde aujourd'hui concerne la perception générale envers les femmes, en particulier les femmes célibataires. La constitution stipule que tous les hommes et les femmes sont égaux par droit, mais en pratique ils ne sont pas et n'ont jamais été égaux.
Notre société a évolué avec la conviction que l'existence d'une femme était principalement pour donner naissance à des enfants, les élever et fournir de la nourriture pour toute la famille. Au-delà de cela, il y avait peu d'attente ou de tolérance pour toute autre activité.
En Inde aujourd'hui, les femmes commencent de plus en plus à affirmer leur droit à l'égalité et à la liberté de choisir leur propre carrière. Cette affirmation fait face à une forte résistance de la part des parents, des membres de la famille et de la société en général, selon la communauté à laquelle elle appartient et d'où elle vient.
Les filles qui choisissent de ne pas se marier et de rester célibataires font face à des défis encore plus grands et elles restent rattrapées entre l'ambition, la perception et la réalité.Dans les zones rurales et semi-urbaines, les filles qui ont l'ambition d'étudier et de construire une carrière pour elles-mêmes sont découragées et même méprisées. Dès le plus jeune âge, ils doivent faire face à des barbes et des menaces que personne ne les épousera s'ils continuent à étudier ou à travailler.
C'est effectivement tout à fait vrai. Dans les villages et les petites villes, la plupart des jeunes hommes sont complètement analphabètes ou partiellement lettrés. Trouver des jeunes gens en âge de marier qui sont diplômés est un défi et donc, ils évitent une fille instruits, car elle est censée être indépendant et une menace à ses beaux-parents et l'autorité du mari. C'est pourquoi les parents des filles ont tendance à les éloigner de trop d'éducation.
Dans les zones urbaines et les métros, le simple coût de la vie force les hommes à encourager leurs femmes et leurs filles à travailler et à compléter le revenu familial. Mais les raisons sont l'illumination économique et non sociale sur l'égalité des sexes.
Dans cette toile de fond, pour une jeune fille de se lever et de dire qu'elle souhaite étudier, vivre et travailler dans la ville tout seul, est toujours un grand non-non. Si elle vient d'une région rurale, elle est considérée comme un marginalisé social qu'aucun homme du village ne voudrait se marier.
Si sa famille vit dans une zone urbaine alors il ya une plus grande chance d'acceptation par la famille, mais cette acceptation est soumis au montant qu'elle gagne. Une fille réussie et simple, travaillant est très bienvenue mais une fille simple, travaillant avec un revenu faible ou modéré a à faire face aux barbes de la famille.
La famille remet constamment en question sa décision «anormale» de rester célibataire et se sent embarrassée face à la famille et à la communauté pour son compte. Ils continuent à plaider et à la contraindre à se marier. L'ambition de poursuivre une carrière et de rester célibataires sont des choix où les femmes se retrouvent isolées.
Les filles et les femmes doivent avoir la liberté totale de choisir leur parcours de vie et de carrière. Mais ceux qui ont choisi de rester unique font face à toutes sortes d'obstacles dans la conduite d'une vie libre.
Une seule femme vivant seule dans une ville est vue avec une suspicion pure et simple. Derrière les discussions de retour discuter les raisons de son seul restant et centre autour de savoir si elle est disponible, immorale ou une lesbienne. Peu sont disposés à accepter qu'elle peut être aucun de ceux et est juste quelqu'un qui souhaite mener sa vie seul et de la manière qu'elle choisit. Mais c'est une pilule difficile à avaler pour beaucoup.
Comme elle se déplace dans sa localité ou même son lieu de travail, elle se trouve être le centre de l'attention de tous. Les hommes font les ricanements habituels tandis que les épouses restent suspectes de ses intentions.
Au-delà de la société et de la perception, c'est l'autre réalité avec laquelle les femmes célibataires doivent composer. Des choses simples comme les propriétaires de maison refusant de laisser sortir à des femmes célibataires peut être un véritable défi. Une autre réalité est l'absence de sécurité sociale. Les femmes qui décident de rester célibataires et indépendantes doivent prendre en compte les soins médicaux.
Contrairement aux États providence comme le Canada, qui se rendent seuls à l'hôpital ou en post-hospitalisation en Inde, les femmes seules peuvent faire face à de véritables défis. Si la maladie est prolongée, les femmes auront de la difficulté à survivre par elles-mêmes. Puis il ya la vieillesse à penser.
Dans le cas où une femme souhaite élever un enfant par elle-même, alors cela présente son propre ensemble de défis. Les femmes célibataires découvriront pendant les admissions scolaires que de nombreuses écoles semblent fuir les parents célibataires bien que personne ne l'admettra ouvertement. C'est juste un des nombreux facteurs que les femmes devront considérer comme ils décident de passer leur vie par eux-mêmes.
La solitude, surtout dans les âges plus âgés, est la pire situation pour se retrouver. Les femmes célibataires découvriront que tous leurs vieux amis et connaissances auront moins de temps à rencontrer car ils eux-mêmes traitent des problèmes de vieillesse et de problèmes familiaux."
Cette jeune vajana est jugée impertinente, et sa réputation de salope lui colle à la peau. J'ai beaucoup apprécié ce film-documentaire parce qu'on est très loin du style bollywood. Non seulement, il traite les sujets difficiles de la condition féminine et de la misère en inde, mais il montre aussi la danse kuchipudi que je trouve superbe et empreinte de mythologie / spiritualité hindouiste. Une merveille qui permet de découvrir les rites et la vie quotidienne en inde, loin des clichés.
S'il y a bien une chose que je suis heureux d'avoir retrouvé sur paris, c'est la possibilité de retourner voir les bouquinistes. J'y découvre à chaque fois des petites perles, comme cet essai d'histoire de raymond weill intitulé " la phénicie et l'asie occidentale", publié en 1939. Bien que depuis cette époque l'archéologie ait livré beaucoup d'autres connaissances, j'avoue avoir un coup de coeur pour cet ouvrage parce qu'il est très clair, l'auteur sait amener les faits historiques comme un roman. En tant que lecteur, je ne me suis pas du tout ennuyé. On y découvre l'histoire de l'égypte ancienne mais aussi celle de l'histoire hébraique. D'une certaine manière, je trouve que cet essai fait l'effet d'une bombe dans ce qu'il révèle de "l'archéologie" biblique. Quand je lis la bible, je suis toujours perplexe quant à la géographie. La plupart des lieux me sont totalement inconnus (comme canaan). Or, grâce à ce livre, j'ai appris que les hébreux se sont inspirés de légendes phéniciennes. En hébreu, dieu se dit "adonai", eh bien on apprend que ce mot est issu de la légende paienne d'adonis et astarté, que l'on retrouve en egypte ancienne sous la légende d'osiris et isis. C'est passionnant de voir la corrélation qui existe entre ces peuples. J'ai trouvé ce livre formidable.
"Les jacob et joseph historiques du canaan préisraélite sont à la source des Patriarches de la légende biblique. Les isréalites, arrivés en palestine et ayant fini de s'y installer vers le XIe siècle, lorsque la légende des origines nationales commence de s'organiser, il se produit qu'on incorpore à cette légende des récits visant au double résultat d'accaparer , pour le dieu national, les vieux sanctuaires indigènes, et de légitimer, juridiquement, la possession du pays conquis par la force. Les Patriarches sont conçus dans ce double but. Ce sont des ancêtres du peuple, censés avoir vécu plusieurs siècles avant la conquête et avoir déjà résidé en palestine. Les conquérants réels ont trouvé là, dans les villes, des sanctuaires immémoriaux : bethel, hébron, sichem, beer seba... Il sera entendu, en thèse nationale, que ce sont les patriarches abraham, isaac, yaacov et yossef qui ont révélé et conquis les dieux de ces places et fondé les sanctuaires qui seront foncièrement israélites et dont les dieux locaux deviendront identiques au dieu national israélite. En même temps, dans leur légende, on fera mérite à ces ancêtres du peuple d'avoir passé des traités de possession et de résidence avec les cananéens."
A l'occasion de l'anniversaire de ma mère, j'ai revu ma famille. Je me suis efforcé à ne pas ressasser le passé houleux, ma mère a apprécié
que je lui fasse un bisou en lui donnant ses cadeaux. Elle a eu un roman historique, un pull de mi-saison, un pantalon rayé, deux manteaux chauds, un dvd ("J edgar" avec dicaprio) et un sac. Elle a été ravie. Mon frère a amené un grand cru, nous nous sommes régalés.
C'est surtout ma fille qui a été contente de revoir son oncle, sa tante et ses grands-parents. Comme elle a grandi à montréal, elle connait nettement moins bien sa famille française. Désormais, elle rattrape le temps perdu. Ma soeur (quelle arriviste, celle-là, mais passons !) est bonne cuisinière et lui a donnée des astuces pour aimer le poisson. On y a goûté, c'était excellent : de la truite fumée arrosée de jus de citron sur un lit de crème
fraîche, déposée sur une gaufre surcrée. Délicieux ! Ma fille, qui d'ordinaire n'aime pas trop le poisson, en a raffolé (la gaufre y est pour quelque chose, j'en suis certain ). Du coup, en rentrant le soir à la maison, je lui ai préparée d'autres en-cas pour aujourd'hui quand elle rentrera le midi (hors de question de la mettre à la cantine même si le covid baisse).
Mon homme semblait content de mon attitude. Il trouve que ma mère et moi avons fait la paix. Hum, pas certain à 100 pour 100, mais au moins j'ai fait comme si. Revoir mes parents me fait à chaque fois mal au coeur parce que je trouve qu'ils ne vieillissent pas bien. Ils ne s'intéressent pas à grand-chose hormis la télé et les promenades du chien. Et comme je suis l'aîné, forcément ça va me retomber dessus. Mon frère habite en province, il n'est pas là pour voir leur dégradation et ma soeur ne s'occupe pas de grand-chose en dehors de l'argent.J'ai beau savoir que le caractère change à la vieillesse, mes parents flippent pour un oui pour un non ((surtout ma mère qui est paranoiaque ) , du coup je ne peux leur parler de rien. Et ça m'inquiète de les entendre soliloquer et les voir amaigris.
J'ai terminé une parure pour ma fille adorée, elle qui est fan des créations ethniques : un collier et un bracelet avec des pierres en verre artisanales, venues d'inde. Ce qui est formidable, c'est qu'elles sont uniques. Elles sont peintes à la main. Je ne me lasse pas de les regarder tant elles sont magnifiques, elles me font rêver. Même en double, elles ne sont pas identiques ! Je les ai payées entre 30 et 50 centimes chacune, de plus le vendeur en a ajouté une dizaine gratuitement !
J'ai toujours adoré créer des bijoux. Si je n'avais pas été danseur, j'aurais aimé être artisan, fabriquer des poteries, des colliers et les vendre sur des marchés comme les amerindiens...Quand on était à montréal, mon homme et moi faisions des sacs en cuir et quelques bijoux artisanaux. On a réussi à en vendre quelques-uns, même si le but premier était de nous faire plaisir !

Fêter yom kippour me fait toujours du bien, physiquement et mentalement. Cela me remet les idées en place. C'est une journée où je renouvelle mes décisions intérieures.
Cette année, ce fut pourtant spécial. La veille, j'ai reçu tout un tas d'objets indiens et bouddhistes tibétains, dont un varja et un ganha (cloche) qui sont des objets rituels anciens. Le but est de vaincre l'ignorance, l'obstacle à l'Eveil intérieur, mais aussi de réunifier le principe féminin et le principe masculin. J'ai acheté ces deux objets pour leur puissance ésotérique. Je crois profondément aux énergies mystiques des objets artisanaux, ou anciens. C'est pour moi l'occasion d'éliminer la colère. Qu'il s'agisse de kippour ou du bouddhisme, il y a le même désir de vaincre les "poisons" de l'âme comme l'orgueil, la colère, la médisance, la jalousie... Durant toute une journée, on ne boit pas, on ne mange pas, on ne se lave pas, on prie constamment. Je réalise que si je cherche la colère, la colère viendra à moi. Si je cherche la névrose, la névrose viendra à moi. Si je recherche les mauvaises choses, alors les mauvaises choses viendront à moi. Il est vrai que je ne supporte plus les dérives de la société moderne, les réactions humaines me font l'impression d'être plastifiées, étouffantes, toxiques. J'ai besoin d'authentique, de vrai, de réel.
Les objets indiens m'ont été envoyés dans un carton tout simple, sans code barre ni "application". Juste l'adresse de la boutique écrite à la main. Les objets n'étaient pas pas emballés, mais juste posés les uns sur les autres. Il en manque d'ailleurs quelques-uns. Mais cela ne me dérange pas plus que ça, parce que je sens une présence humaine derrière cette commande.
La nuit de kippour, je me suis réveillé à 3 heures. Je me suis recouché à 4 heures. Dès mon second réveil, à 8 heures, j'ai prié sans arrêt jusqu'à 11 heures. Puis je me suis rendormi jusqu'à 14h30. J'ai fait un drôle de rêve : je me trouvais dans la ville où j'allais jadis avec mes parents en vacances, en bord de mer. C'était l'été. Puis, d'un coup, l'hiver arrivait, il se mettait à neiger. Je m'apercevais alors que j'étais seul sur le plage, avec mon manteau de laine, je marchais jusqu'au rebord et je voyais tous les autres gens au loin, en t-shirts. Puis je voyais un poème que j'avais écrit, le mot qui ressortait était "malaimé". Ma mère surgissait,et me prenait dans ses bras. Je me suis réveillé en pleurant. Cela fait des années et des années que ma mère ne m'a pas pris dans les bras. Le covid l'arrange bien pour ne plus me faire la bise. Je me sens orphelin. Je crois fermement à la puissance et la réalité des rêves que je fais les jours religieux. A yom kippour, on dit qu'il faut demander pardon à ceux que l'on a blessé. Est-ce moi qui demandais pardon à ma mère, ou ma mère qui me demandait pardon ? On a tellement eu de paroles méchantes et blessantes l'un envers l'autre...
Les fêtes de tichri sont dures, en ce qu'elles chamboulent celui qui prie sincèrement. J'en fais partie. Personne ne m'a obligé à respecter le dogme de la religion juive, je l'ai choisie et je l'aime. Je trouve cela profondément injuste et erronné de dire que les religions sont dangereuses et malveillantes. C'est faux. Il ne faut pas confondre les religions et l'instrumentalisation des religions par des tyrans qui veulent satisfaire leur folie des grandeurs. Les religions sont là pour nous apporter une conscience, nous aider à retrouver notre dignité. Après yom kippour, je me sens en paix avec moi-même, débarassé de mes scories. Je ne veux plus de la colère dans ma vie, je ne plus de cette violence intérieure qui m'empoisonne. Je ne veux plus de toc.
chana tova oumetouka.